LES PERSONIMAGES ET LA CONCEPTION CREATRICE DANS TOUS LES DOMAINES
Au point de vue où nous sbmmes parvenus, il nous est possible de nous faire une conception d'ensemble de la vie, à la fois si particulière et si générale, de Tesprit-corps humain, et de sa continuation. L'embryologie des idées, ou psychembryologie, est manifeslement parallèle à Tembryologîe somatique, telle que nous la connaissons, dans ses diverses phases, par les magnifiques travaux de Mathias Duval, qui fut mon maître, et auquel je dois d'avoir eu Tesprit éveillé de bonne heure sur cet important sujet.
Le principe de la conception réside physiquement dans la rencontre du principe mâle, ou spermatozoïde, et du principe femelle, ou ovule. Nous avons vu que, spirituellement, le phénomène de la conception créatrice (verbale, littéraire, artistique, scientifique, etc.) réside dans la rencontre de la
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mémoire personnelle, et de la mémoire héréditaire, le délai pouvant en être aussi court que dans Timpression, perception, ou sensation dite immédiate. Cette rencontre est une greffe de personimages.
Physiquement, chacun des deux principes créateurs est ainsi une délégation double de la mémoire héréditaire et de la mémoire personnelle immédiate. Mais, alors que la femme est plus reliée à la nature que Thomme, l'ovule est une délégation où la mémoire héréditaire l'emporte sur la mémoire personnelle; au heu que le spermatozoïde est une délégation on la mémoire personnelle immédiate l'emporte sur la mémoire héréditaire. Il en résulte que le rôle de la mère, dans la conception, est bien plus important que celui du père et analogue à celui de la substance — pour parler comme les philosophes — tandis que celui du père est comparable à celui de l'a cident. En fait, et du point de vue de la clinique et de la pathologie (où Ton commence à peine à se douter de l'importance de l'hérédité), il arrive très fréquemment que la mère rectifie le père, et que des enfants conçus en pleine paralysie générale ou en pleine ataxie paternelles soient, au demeurant, de beaux et de normaux enfants. Combien de fois m'est-il arrivé de rassurer sur ce point des générateurs qu'avaient inquiétés les hochements de tête, ou les réticences, d'un médecin ignorant ou frivole.
Ma conviction est que, de même que les diathèses morbides peuvent s'atténuer par le mariage, quand
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elles existent chez les deux conjoints, de même les personîmages défectueuses ou troubles peuvent s'interférer dans les mêmes conditions. Une puissante tendance h l'équilibre domine les avatars intérieurs de l'homme comme les événements extérieurs et l'ensemble de l'univers. Même rompu dans les pires conditions, cet équilibre tend à se reconstituer. C'est, à mon sens, une supposition enfantine que de croire qu'un enfant conçu dans une nuit d'ivresse accidentelle soit voué à l'alcoolisme, au delirium tremens, ou à la tuberculose. A ce compte, bien peu de petits campagnards, dans certaines régions de France, seraient robustes et sains, comme nous les y voyons.
On m'a raconté qu'une dame excentrique avait longtemps poursuivi de ses assiduités un illustre écrivain contemporain, afin de l'amener à procréer, en sa compagnie, un enfant préjugé exceptionnel. Il y avait cent à parier, contre un, pour que l'enfant d'une mère si naïve fut, intellectuellemeat, des plus ordinaires et préférât la vente du calicot aux délices de la poésie et de la philosophie. Il y a même^ là un sujet de comédie, que je livre à nos vaudevillistes.
La période des règles est généralement liée, chez la femme, à une série de troubles psychiques, légers ou graves, qui témoignent d'une activité particulière des personimages à ce moment : rêves bizarres, idées saugrenues, moindre résistance de la pudeur, hyperesthésie sentimentale et tactile, modifications
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soudaines de l'humeur, tout indique un bouleversement intime et profond dans les rapports du moi et du soi» L'écoulement sanguin une fois assuré, tout rentre peu à peu dans l'ordre. Mais que la grossesse vienne empêcher cette élimination vasculaire, d'origine encore mystérieuse et qui participe au rythme universel, la perturbation augmente en intensité, allant parfois jusqu'à la manie et aux vomissements incoercibles. Il est vraisemblable que les règles emportent avec elles, dans les éléments figurés du sang, de nombreux déchets de figurés intérieurs, qui viennent périodiquement troubler la personnalité féminine.
Les embryologistes appellent philogénie la succession des phases par lesquelles passe le fœtus humain, et ontogénie la succession des phases par lesquelles passent les espèces vivantes, dans la doctrine de l'évolution. L'un d'eux a laissé une formule hardie, a priori séduisante, en raison même de >6a simplicité : la philogénie est la reproduction de l'ontogénie. En dautres termes, le fœtus humain passerait par un stade poisson, un stade oiseau, \m stade quadrupède etc.. Je n'ai pas besoin d'insister sur ce fait qu'il s'agit là d'une simple illusion, issue sans doute d'émanations vagues de la mémoire héréditaire, et reposant sur de grossières analogies mal interprétées. J'admets fort bien (et ce sera la conclusion du présent travail) que l'homme sôit un résumé de l'univers, mais involutifet non évolutif, et donnant beaucoup plus l'impression d'une création
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séparée, distincte, exception ûel le, d'une refonte du tout, que de l'aboutissement d'une série de retouches et de perfectionnements. Il y a une hiérarchie dans les hypothèses. Celle de l'évolution est enfantine et rudimentaire. Il ne faut pas s'étonner qu'elle ait mené ses adeptes à une sorte d'hébétement psychologique, ainsi qu'il ressort des nombreuses études consacrées, depuis 1860, à la volonté, à la personnalité humaine, à l'intelligence et au prétendu Inconscient.
L'art est une création, la science en est une autre, la littérature en est une troisième. Ce que nous avons dit de la formation du mot, de la phrase et du style dans l'esprit, montre que nous rattachons la conception littéraire à la conception tout court, et le développement du langage à celui de l'être, corps et idées, celles-ci précédant et dominant leurs prolongements somatiques et organiques. C'est pourquoi je confère à l'étude approfondie des grands écrivains une importance encore beaucoup plus grande que ne l'ont fait la plupart des critiques, voyant en eux la clé des principaux problèmes du monde intérieur. C'est pourquoi il y aurait un ouvrage spécial à consacrer aux grands écrivains mystiques, chez qui la foi apparaît ainsi qu'une perception nette du divin à travers la mémoire héréditaire, devenue merveilleusement translucide. Qu'est-ce que la Somme de saint Thomas d'Aquin, sinon une immense projection de cette mémoire héréditaire, à tous ses échelons,
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jusqucs et \ compris le Suprême P La suite incomparable de ses ascendants, harmonieusement revi viscents et perçus comme tels, a permis à TAnge de TKcole de remonter jusqu'à la genèse.
De ce point de vue, les passions humaines, dont notre ascendance est naturellement chargée, et mAme accablée, ne sont qu'une série d'écrans, de rideaux troubles, de vapeurs, interposés entre nous et toutes vérités supérieures, y compris celle qui les domine. Dans ces passions, sur lesquelles notre personnalité consciente (je veux parler de notre soi) a plus ou moins de prise, les personimages tiennent une place dominante, elles et leurs prolongements intellectuels et organiques. Il y a ainsi identification presque complète entre nos péchés capitaux et ces redoutables lésions organiques qui, sautant une génération ou deux, apparaissent dans la descendance, quelquefois moralement pure, des pécheurs endurcis. Car l'explication bacillaire est juste dans beaucoup de cas, et Pasteur est un grand génie. Mais, au-dessus de l'explication par le bacille, il y a l'explication par l'hérédité, à laquelle la science, mieux éclairée, fait et fera une part de plus en plus grande et qui mènera avant peu à des procédés de guérison infiniment supérieurs aux vaccins et aux sérums.
Il n'y a pas à se le dissimuler, hélas : les vaccins et les sérums entrent eux-mêmes dans le tourbillon héréditaire, au bout de deux générations. Ils sont eux-mêmes soumis à ses lois et à ses exceptions
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/ étonnantes. De sorte qu'il est à présumer que, dans un ou deux siècles, beaucoup de vaccins ou de sérums, employés à la date où j'écris, auront cessé
. d'agir sur les maladies qu'ils combattent, ou exerceront une action différente, qu'on peut quelquefois présumer nocive. On objecte que le plus ancien ^ vaccin, comme celui de la petite vérole, n'a pas perdu de son efficacité. Cela demanderait une sérieuse enquête, ainsi que sur la question de savoir si les maladies épidémiques ne décroissent point spontanément et par elles-mêmes, au cours des âges, concurremment à l'action du vaccin. Mais il est d'autres vaccinations moins répandues que celle de Jenner, non moins célèbres, dont on dit déjà qu'elles n'agissent plus, ou qu'elles agissent moins. La rencontre de l'ovule par le spermatozoïde n'est pas, dans la nature, le seul procédé de fécondation connu. La parthénogenèse, l'accouplement d'hermaphrodites, la scissiparité, nous montrent une variété (dont l'ampleur nous échappe peut-être encore) dans les moyens de la continuité des êtres vivants à travers le temps. Quant à l'être humain lui-même, il est impossible de savoir si, à un moment donné, son moyen de se reproduire n'était pas autre qu'il n'est aujourd'hui. Tel qu'il est, ce mécanisme physiologique, il présume un état de réplétion vasculaire (corps caverneux) qui dépend directement d'une image, elle-même éveillée par un désir ; il correspond ainsi à une genèse verbale, où la semence est remplacée par les mots.
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Celte concordance explique la grande influence exercée par les œuvres de Tesprit (combinaisons de fantômes reviviscenls) sur ces œuvres de Tespritcorps que sont les hommes.
La conception d'un être humain comporte, sou» un infiaiment petit volume d'éléments figurés (mais très importants) qui se compénètrent, une grande variété de personimages, de penchants physiques, moraux, intellectuels, qu'agenceront, modifieront, et transformeront, dans une certaine mesure, les circonstances de la vie. Parmi ces circonstances, les unes sont permanentes et universelles, comme le retour des saisons, les marées, la succession du jour et de la nuit, les jeux de Teau et du feu, la pesanteur terrestre, etc., d'autres sont transitoires et limitées, et tiennent au milieu et à l'entourage.
La conception d'une œuvre de l'esprit, notamment d'une œuvre littéraire ou philosophique, comporte, dans un fort petit volume d'hérédofigures, qui se compénètrent (la mémoire personnelle attaquant l'héréditaire, comme le spermatozoïde attaque l'ovule) une infinie variété de personimages, de penchants, qu'agenceront, modifieront et transformeront aussi, selon un certain rythme, les circonstances permanentes ou transitoires.
De même que le futur être humain est projeté tout entier, dès la conception, sur le plan de la vie, à la façon d'une carte muette, de même l'œuvre future (je parle d 'œuvres fondamentales : V Iliade,
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l'Enéide, la Divine Comédie, Hamlet, Don Quichotte, Bobinson Crusoé, les Essais, etc..) e>t entière, dès sa première étincelle, aperçue, comme l'horizon, dans l'éclair, avec ses perspectives, ses .plans, quelques détails. D'où l'impression de cohésion des chefs-d'œuvre; d'où ce sentiment que leur successif n'est que le rabattement du simultané sur les feuilles manuscrites qui les composent. Un grand mot, un seul mot, qui s'ouvrira et se répandra ensuite en une foule de phrases, de propositions étincelanles et d'autres mots,... ainsi apparaît l'œuvre littéraire, digne de ce nom, qui s'impose d'emblée à son créateur. Désormais il vivra en elle et par elle, insensible à tout ce qui ne sera pas elle; comme la nouvelle accouchée est insensible à tout ce qui n'est pas le petit paquet de chair rose, dans le berceau blanc. .
Il est possible de s'en rendre compte quand, ayant lu souvent et médité une pièce comme Hamlet, on cherche son point culminant, l'image ardente, rapide et centrale, qui a bien pu lui donner naissance. J'ai toujours pensé que c'était la vision d'un fossoyeur dans un cimetière, tenant un crâne vide entre ses mains, qui avait mis en mouvement et fécondé la mémoire héréditaire de Shakespeare. Il m'est même arrivé de consacrer, vers Tâge de vingt-neuf ans, tout un volume, Le Voyage de Shakespeare, à cette recherche des éléments de vie qui avaient pu. servir do points de départ aux drames immortels de ce grand génie. Vous me direz (|u'il y a là-dedans beau-
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coup de conjecture. Eh! sans doute; mais la coojeclure, si paradoxal que cela semble, est un élément de la ccriitude; cl il n'y aurait point, par exemple, de loi scientifique, sans cette conjecture implicite que la même cause produit toujours, dans les mêmes circonstances, le même eflTet. A y regarder de près, la conjecture est elle-même un ébranlement en nous de la mémoire héréditaire, qui nous assure que le soleil brillera demain, que l'homme se tiendra cncon* debout sur deux jambes terminées par deux pieds, et que les mots de notre langue signifieront à peu près ce qu'ils signifient. La conjecture est une confiance dans féquilibre rationnel, universel de l'avenir, confiance issue des nonabreuses expériences identiques de nos ancêtres. Dans certaines folies affectant la mémoire héréditaire, cette confiance disparaît. Ni l'art ni la science n'existent plus alors pour l'esprit dérangé, qui suppose que demain, tout à l'heure, l'homme pourra marcher la tête , eu bas, la pierre lancée en l'air pourra ne pas retomber, etc..
Je considère la Sapho de ^on père comme une œuvre très importante, ainsi que je l'ai dit. Je lui demandai : <( Quelle fut la genèse de ce roman dans ton esprit? » Il me répondit: <( Un écriteau (le location, qui se balançait à la grille d'une villa, par un jour pluvieux d'automne, aux environs de Paris. Cette impression de sensibilité morcelée, de vide, d'abandon, a réveillé en moi toutes les illubions et les tourments de ma jeunesse. » Alphonse
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Daudet ajoutait que, dès cet instant, en un coup d'oeil, il avait aperçu tout son livre, y compris la scène saisissante des vieilles grues de Ville-d*Avray, et la montée de Tescalier parle jeune amoureux, portant sa maîtresse pâmée dans ses bras. Voilà un témoignage direct I
Je n*ai malheureusement pas reçu les conlidences de Cervantes, mais je sais ceci : quand vous fermez Don Quichotte, que voyez-vous ? Le grand maigre et le petit gras, assis au revers d'un fossé. Rossinante et l'ânon pas très loin, devisant, au milieu de la lande espagnole, au jour tombant, sous un ciel doré. — Pourquoi au jour tombant.^ C'est arbitraire. — Parce que le jour tombant, dans les pays méridionaux, est une heure très favorable à la conception littéraire, qu'il ne faut pas confondre avec la composition littéraire. La composition, c'est l'art, c'est le talent. Le génie est dans la conception initiale, comme l'enivrant parfum de la rose, la volupté de sa chair glissante, le foisonnement léger de ses pétales courbes sont dans son bouton. Il y a un vertige particulier dans le jour tombant (que sentent vivement les héméralopes), un vertige vraisemblablement lié à une évocation intense des personimages, tellement intense qu'il en devient contagieux.
On sait que Balzac, qui voyait gros, et souvent juste, comparait la création littéraire à l'autre, notamment pour la dépense physique, l'espèce d'abattement consécutif. Il parlait surtout du labeur
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quotidien, qui consisle à adapter des mots, c'est-à- ' dire des images d^images, aux personnages affleurant sur récran de Tesprit. Son style est souvent lourd et embourbé, chargé des considérations historiques, économiques, philosophiques, qui donnent tant de prix à ses histoires, mais ont l'air de lourds paquets, posés entre les jolis petits pieds de ses charmantes héroïnes. Son instinct génésique est formidable et suscite^ dans sa mémoire héréditaire, de vrais tourbillons à la Descartes, tels qu'on les voit, giratoires et précis, dans les éditions rares du , vieux philosophe.
De ce qui précède, il résulte que la conception créatrice est la même, qu'il s'agisse d'un être humain, ou d'un chef-d'œuvre littéraire. Dans l'un comme dans l'autre cas, nous voyons une for4;e combinaison héréditaire — circonstancielle, (où l'hérédité l'emporte de beaucoup sur la circonstance), le principe femelle, mise en mouvement par une étincelle mâle, où la circonstance ' l'emporte sur l'hérédité. Dans l'un et l'autre cas, qu'elle soit vivante ou verbale, l'origine de la vie apparaît comme explosive, comme le développement instantané d'une longue involution. Cet instantané, dans le cas de la durée de l'individu humain, correspond à neuf mois, plus quatre-vingt à quatre-vingt-dix ans environ. Cette longue involution, qui est celle des pcrson Images héréditaires à travers le temps, échappe à nos calculs. Pour rendre la chose plus sensible, je suppose qu'un opérateur de cinéma
arrive à tourner toute une existonce humaine, depuis la rencontre de Tovule par le spermatozoïde, jusqu'à la mort âgée. Puis, qu'un mécanisme spécial permette de dérouler ce film en quelques secondes. Alors son caractère explosif apparaîtra. Cette existence, la plus simple comme la plus mouvementée, devient semblable à une gerbe de penchants et' d'événements, qui monterait, puis retomberait, mais non sans avoir communiqué son mouvement à une autre combinaison explosive, issue d'elle, et ainsi de suite. Les générations sont comparables aune succession de déflagrations. Les chefs d'œuvre littéraires aussi, et il faut ranger, parmi les chefs-d'œuvre littéraires, les grandes déterminations historiques traduites en mots.
Cette analogie, allant jusqu'à ridentificalion entre les deux genèses, la vitale, la littéraire, va plus loin qu'on ne penst». Elle nous permettra, par I examen analytique de certaines modiûcations littéraires, de conjecturer des modifications vitales correspondantes; à peu près de la même façon que l'observation mathématique des astres permet de conjecturer celle des atomes. Il n'y a rien, dans le produit supérieur et complet de l'esprit humain, qui ne se retrouve dans le produit de la conjonction de l'homme et de la femme. Pour découvrir cette correspondance, souvent cachée, pour traduire la vie littéraire, ou conçue, en vie vécue, il suffit de se rappeler que le verbe est une image d'iuïages, la fécondation d'un élément de la mémoire hérédi-