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duit aux manies, aux obsessions, aux aberrations sexuelles et à l'inversion elle-m*me, relative ou absolue.
Il existe, dans la littérature médicale de Taliénation morale (les Boches disent Psychopathie sexuelle), des cas, parfaitement authentiques, de dévirilisation d*un individu masculin ou de virilisa lion d'un individu féminin, sous l'influence répétée du vice solitaire. Ces cas s'expliquent aisément, si l'on considère qu'une personimage héréditaire féminine, évoquée maintes fois, stabilisée, devenue envahissante par le mécanisme de l'excitation et de la jouissance sexuelles, finit par pénétrer jusqu'au physique de son descendant et le transformer corporellement. En d'autres termes, il n'y aurait, selon moi, qu'une différence de degré entre l'inversion congénitale spontanée (si même celle-ci existe) et l'inversion acquise. Dans le premier cas, l'imprégnation sexuelle de nom contraire (masculine chez la femme, féminine chez l'homme) se produirait pendant la gestation ; dans le second, après la naissance et sous l'influence du vice solitaire.
Il est d'ailleurs à remarquer qu'il n'est pas une observation d'inverti qui ne s'accompagne de l'aveu de praliques solitaires dans Tenfance. J'en dirai autant des diverses formes d'aberration sexuelle, fétichisme, obsession, masochisme, etc.. pour lesquelles il n'est qu'une seule explication possible : arrêt et fixation d'une image flottant dans l'esprit
(c'eat-à-dire d'une partie, d'une parcelle de p^ sonimage) par Térectiou et U jouissance ^Utaû§< C'est ainsi que la caricature individualiste de l'amovir peut faire ensuite grimacer toute la vie gçi^uell^ et aboutir a cette catastrophe ; raliénatiou morale.
Le terme d' a aliénation d indique que Ton ne s'appartient plus. Mais, alors que, dans; l'aliénation mentale caractérisée, le délire est mauifeate, diffus, et porte sur toutes les circonstances, grandes et petites, de l'existence, rendant. caducs tons les coritrats. dans l'aliénation morale le délirai a»t caché, circonscrit, souvent invisible, sauf aux yeux exercés, et porte sur les perspectives, aensu^Ues, aefisitiyes, émotionnelles de la conscience. Le retentissement intellectuel de ce trouble profond existe to\\}ours, mais dissimulé, quelquefois spus les espèces de l'originalité outrancière et du talent quasi génial. Encore que je n'admette le terme de génie qu'appliqué au grand et souverain équilibre : un Aristote, un Platon, un Léonard de Yinci, un Goethe, un Mistral.
L'aura sexuelle, cette puissante et redoutable cause de dérèglement des personimages (dont les conséquences organiques peuvent être incalculables, car elle détermine, au sein des tissus, de brusques variations électriques et thermiques), l'aura sexuelle est ressentie par tous. Cependant il n'en existe pas de bonne description, ni absolument sincère. Les uns dis8im^lent, les autres amplifient. Presque tougi mentent, en moins ou en plus. Il faut tenir compte.
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an effet, du cabotinage et de la mythomanie des invertis» et même des amoureux normaux. Le TOgayd, Toreille, le toucher, l'odeur surtout, jouent wn rèle important dans cet ardent vertige, où apparaiiisent et flottent, comme au moment de la mort, des aspects, d^s lambeaux de verbe, de sentiment, Qu de paysage, d'apparence hétéroclite. Le désir, poussé à son paroxysme, est une immense déformation, une aorte de cataclysme intérieur, qui sacrifie et immole tout à Tobjet désiré. Chez les anormaux, ce cataclysme est encore plus violent et complet que chea les norn^aux; ce qui tient sans doute à l'obstacle moral et social, à l'eiTort fait pour le franchir. C'est de ce point de vue que sont précieuses les oonGdences et angoisses des invertis. Comme les intoxiqués chroniques, ils éprouvent une sorte de plaisir à se considérer et à se dépeindre ainsi que des damnés, victimes d'une irrémédiable fatalité. Il ffiut les plaindre en effet, et beaucoup, car l'isolement provoqué par l'aliénation morale est quelque chose d'infiniment douloureux. Mais il faut surtou\ le» engager à se guérir, par une technique volontaire appropriée. Seule l'image peut guérir de l'image. Seule la porsonimage saine, évoquée à teipps^dans une méditation intensive, dont je compte un jour formuler la règle, peut guérir de la personimage malsaine. Nous voici au tournant décisif, où la thérapeutique, par les substances chimiques et les aerums, doit céder quelque place à une thérapeutique fondée sur la volonté humaine et le choix
(les évocations, mentales et morales, susceptibles de servir de support à cette volonté. L'esprit règle le corps. L'esprit est un système d'images et de figures congénitales, qui a ses lois. En apprenant à les connaître, à les diriger, à les modifier, on dirigera et on modifiera, en même temps, leurs prolongements organiques et pathologiques c'est-à-dire la plupart des penchants et des grandes diathèses.
Revenons au vice solitaire, à ses ravages mentaux et moraux. Certains enfants, certains jeunes gens, certains adultes mêmes, prennent l'habitude d'évoquer, sous la même influence génésique, quelquefois à certaines heures déterminées, certaines images licencieuses, dépendant elles-mêmes, biea entendu, d'une personimage ancestrale. Car c'est une règle de l'esprit humain que rien ne saurait être perçu arlui directement, si ce n'est le soi animateur, que tout lui parvienne à travers un halo, une forme Héréditaires, et qu'ainsi sa liberté soit conditionnée par l'intensité de son vouloir. Le déterminisme, c'est la ptison héréditaire. La liberté, c'est le plein usage, le plein fonclionnement du soi. Le déterminisme est un legs. La liberté, c'est l'émanation directe du tonus du vouloir, équilibré par la sagesse. Le vice solitaire renforce en nous le déterminisme, la sujétion et cet esclavagisme intérieur, quant à nos fantômes intimes, dont le dernier terme est la confusion mentcile et la déchéance.
Il est effrayant de songer que, d'une représentalion malsaine ou obscène, happée et fixée, dans la
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zone d'une personimage intérieure, par le feu du désir et de la jouissance solitaire, peuvent dépendre le malheur de toute une vie, et le demi-mal^ur d'une autre vie, sortie de cette vie. C'est ma conviction que, si Ton remontait à l'origine des actes criminels ou fautifs de la plupart des humains, on trouverait une mauvaise image, venue de l'ascendance, profondément imprimée à la puberté; et qui donne ensuite du trouble, du vice et du malheur, comme un gaufrier donne des gaufres. Educateurs, parents, pensez à cela I Ecartez de l'imagination tendre et frêle, pâte délicate où tout se grave, les sensations de toute sorte, qui font lever les larves dangereuses. Mais nourrissez l'imagination 1 Ne tombez pas dans l'erreur de l'exercice sportif à jet continu, considéré comme frein de l'esprit tumultueux. Vous pourriez avoir des mécomptes. Favorisez, par des lectures et des conversations appropriées, par des promenades, par de la gaieté surtout et de nobles spectacles, favorisez la bonne hérédité, féconde en hérédismes sages, et combattez et chassez la mauvaise! L'enfant est avide de plaisirs sains, comme l'homme est avide de bonheur. Il est plus aisé de lui dispenser ce plaisir qu'il ne l'est de garantir le bonheur à l'homme fait. J'ai confiance dans la lecture bien guidée, dans l'amusement et dans le jeu. J'ai confiance aussi dans l'atmosphère raisonnable, qui émane de parents clairvoyants, et je bannis, de la table où sont les enfants, le paradoxe, toute confusion, surtout attrayante, au bénéfice du
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mal OU du fai^x. Car ila existdut, le8 denx chemins d'Hercule, et il faut les moatrer sans cesse aux tout petits, en guidant leur choix, en ridiouUaant le mauvais, on faisant peur de aea ocmséquancea.
L'illustration littéraire des lignes qu'on vient de lire est le cas de Jean-Jaoques Rousseau. Ses Confessions sont un monument unique d'harmonieux oyniàmc. Mais les Jean-Jacques sont légion; d'où le succès durable de ce livre. On s'est demandé, palhologiquement et psychologiquement parlant, dans quelle catégorie situer Rousseau. C'est un hérédo h prédominance sexuelle, tout proche, par conséquent, de l'aliénation morale. Son style, c'està-dire sa personnalité seconde, est un mélange de discernement et d'aveuglement. Discernement quant au choix des mots et à leur cadence; aveuglement quant aux directives de la raison. I^e délire terminal de Rouleau est en germe dans certaines pages, bien connues, des Confessions, Ses rêveries solitaires ont commencé trop tôt.
Sans doute l'hérédité nerveuse crée-t-elle un penchant au vice solitaire, qui aboutit à corrompre et désorbiter Tesprit. Mais l'éducation peut et doit combattre l'hérédité nerveuse, une fois reconnue. Il faut alimenter l'imagination des enfants à l'aide de contes, d'histoiresi, de spectacles moraux. Ce qui n'implique nullement la fadeur, ni la fadaise. Il faut taire ce qui serait susceptible d'alarmer ou d^aiguillonner certaines parties, que jjappellerai réservées, de cette imagination. Il faut éluder la curiosité
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sexuelle, plus ou moins éveillée, selon les cas. L'axiome est éternellement vrai : maxima debttar patt*o revetentia. On n'exagérera jamais, en telle matière, les bienfaits de l'ignorance heureuse. Fous, triples fous, les éducateurs qui s'imaginent que la réalité toute nue, précocement apprise éï exposée, est une garantie contre le vice! Par l'aura qui d'attaché aux questions sexuelles, et qui ne lient pas !ieulement à leut secret, cette rèalité agira, au contraire, comme stimulant. La mise en garde techhiq\ie, les sernlons documentés contre k débauche sont un âîgullloti de la débauche. Pour l'enfant^ comme pour le tout jeune hotnme, la chasteté, c'est la îsanté. L'igUorance du vice et de la débauche ôst Une solide garantie de la chasteté.
Que chacun de mes lecteurs consulte ses souvenirs et il recônhattra la justesse de cette observation.
Qui doue connaît mieux que le médecin ou le phîjrmacieu les périls de la morphinomanie ? Ot* c'est parmi lés médecins et les pharmaciens qu'on rencontre, propoftîonîiellement, le plus grand nombre de morphinomanes. Il est faux que le statuaire, le doucheur, le gynécologue soient garantis contre la sensualité par la fréquentation de la nudité féminine. Au contraire, la proximité, la connaissance profonde d'un piège, d'un penchant, dune manie favorisent la chute, loin d'en préserver. Le spécialiste en sirènes est plus exposé à succomber au charme fatal que le nautonnier qui, par hasiard, passe dans le chàthp sonore des sirènes.
Le dérèglement des images comporte un grand nombre de modalités, dont Texposé complet présumerait une classification complète des personimages. Mais celle-ci serait-elle même une revue infinie des ressources plastiques de l'esprit humain.
Ce dérèglement peut être quantitatif, selon que révocation des personimages apparaît comme accélérée ou comme ralentie. Il peut être qualitatif, et porter sur telle partie, sentimentale, ou sénsitive émotionnelle, ou logique, ou intuitive logique, ou sensuelle, ou verbale de l'ensemble constituant la personimage. Il peut être temporaire ou permanent. Ces divers points doivent être examinés ici.
Il y a un rythme normal (nous l'avons déjà établi) des personimages dans l'être humain et ce rythme, que règle le soi, constitue l'équilibre mental et moral. Analogue à la gravitation, il ramène, au bout d'un temps donné (qui constitue les saisons et les jours psychiques), certains états intellectuels, moraux et corporels. Les créateurs, principalement les créateurs littéraires, connaissent bien ces retours périodiques d'une idée ou d'un groupe d'idées, qui se présentent à l'intelligence sous un aspect différent, mais analogue. Les amoureux et les sensibles connaissent aussi ces reviviscences d'états joyeux ou douloureux, inquiets et confiants, déjà vécus, accompagnés de curiosité charnelle non émoussée, de prédilection étrange pour telle ou telle partie de l'objet aimé. Il n'est pas un rêveur, qui ne retrouve, à quelques années de distance, les mômes rêves et
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qui ne s'étonne on ne s'attendrisse de les retrouver à peine modifiés. C'est, je crois, de cette constatation presque banale qu'est sortie, dans l'imagination tourmentée et déréglée de Frédéric Nietzsche, la thèse outrée du Retour éternel (Widerkunft des gleichen)^ d^oùcethérédo a tiré tant de conséquences chimériques. Car, en vérité, le rythme normal des personimages ne saurait être calculé, ni chiffré exactement, pas plus que les hauts et les bas de la flamme dans le. foyer incandescent. Je pense qu'à ce rythme normal correspond l'équilibre sain des organes et des tissus, comme cela se vit dans un Goethe, dans un Chevreul, dans un Fabre (de Serignan), dans un Mistral par exemple. La vaste et complexe machinerie spirituelle marche, en ce cas, d'accord avec la corporelle, sans trouble, ni obscurcissement. Le verbe aussi, image d'images, témoin de l'harmonie ou de la discordance des grandes profondeurs de Tesprit-corps, demeure nitide, éloquent, ou sobrement juste.
Littérairement, artistiquement, ce rythme continu des personimages assure la continuité des images et cette unité somptueuse que nous remarquons dans un Shakespeare, un Racine, un Rembrandt, un Léonard, un Beethoven, sous la diversié des thèmes, des couleurs, des sentiments et des sons. Les conceptions géniales de ces maîtres dessinent, par leur contour, des figures précisément calquées sur leur ascendance et l'évocation périodique de celle-ci. Il y a du Hamlet dans beaucoup de héros shakespea-
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riens, de l'Andromaque dans beaifcoup d'héroïnes de Racine, une même issue de l*or parmi l'ombre chaude, dans plusieurs toiles de Rembrandt, un même accent de déchirante mélancolie dans beaucoup de compositions et sonates de Beethoven. Lé retour de la même hantise intérieure amène des procédés presque identitpies de création littéraire^ picturale, musicale. Le poète le plus sublithe et le plus abondant n'est pas foit dé plus d'une douzaine de cycles intellectuels et sensibles, qUe ramèileht ses personnages in trapsy chiques.
Supposer que le rouleau s'accélère. C'est âUSisUôt la confusion mentale et morale, accompagnée de troubles organiques. Supposez qu'il se ralentisse à l'excès, c'est l'obsession, avec ses stigmates physiques.
Frédéric Nietzsche est un exemple d'accélération tératologique des person images, vraisemblablement sous l'action du tréponème, héréditaire OU jtcquis. Les changements brusques de direction et de tension de ses visions littéraires et philosophiques sont une cause de fatigue et de dégoût pour le lecteur. Même avant qu'il n'ait sombré dans le gouffre, sa frénésie de pensée touche au délire, et cette pensée est divergente, telle que projetée sur le papier par Un accident, dépourvue d'ordre et de méthode. Elle sourd, de ses préoccupations du jour, ainsi qu'utte série de geysers hétérothermiques. On a l'impression que le renvoi d'une bonne, ou un orage soudain, eussent pu niodîHor sa visicjii de rniiivers brusquement.
LE DÉllKGLEMFNT DES P R « SOM M A (3 ES. 8l
11 est une œuvre de fou littéraire où surnagent de beaux morceaux d'éloquence, et qui fournit nii cas remarquable d'accélération des images. Je veux parler des Chants dé Maldoror^ par un certain Lautréamont, qui mourut tragiquement, il y a de cela une quarantaine d'années. Cet auteur accumule, en une seule page, une vingtaine de sensations diflerentes et violentes, témoignant. d'une sorte de délire deini-lucide. Outre une tendance au sadisme très nette, il offre cette particularité unique de voir les microbes et les insectes grossis, un pou de la taille d'une maison, etc. et \\ émane, de ces descriptions forcenées, une sorte de terreur psychologique. Bien doué quant à la contraction du langage (allant parfois jusqu'à la crispation et à la crampe) mais logé presque à la même enseigne, nous apparaît Arthur Rimbaud. Ce qui sépare Rimbaud du génie, en dépit de ses nombreux admirateurs, c'est l'excessive rapidité dans la succession des person images, qui l'animent successivement, de sorte que souvent une image profonde et juste apparaît comme voilée et décoordonnée par une autre de moindre qualité. C'est ce que j'appellerai le vertige dos images subintrantes.
Ce vertige, traversé à certains moments d'une sérénité singulière, fut celui de Stéphane Mallarmé. Je l'ai connu et admiré. C'était un petit homme, de voix douce, de manières charmantes, aux grands yeux profonds; donnant l'impression de la non fébrilité et du calme. Il avait une éloquence sobre,
IF. MOMiF IIKS lUAfiFS ('»
Si LE MONDE DR8 IMAQB8.
pArticulière, partant d'une remarque juitle, pour se porJiv bientôt dans la fumée verbale, et qu'il chérissait justement à partir du point où elle devenait incompréhensible. Je me disais alorn : « Il pense trop vite ». Je dis aujourd'hui : u II avait perdu tout gouverneniont sur les figures héréditaires, qui se succédaient trop rapidement en luf. » Il arrivait un tournant où ses métaphores s'enchevêtraient, ainsi que dans VAprh-Mrdi d'un Faune :
Mon (louto, «mas de nuit ancienne, s'achève
En maint rameau touffu^ qui.
Demeuré les vrais boii» mêmes.
Prouve, hélas, que, bien seul, je m'oiTrais
Pour triomphe la faute idéale des roses.
Le sens y est encore, mais prêt h disparaître dans un amphigouri, tenant h la confusion mentale, signalée plus haut.
Nous reportant à rHérédo, nous concluons que c'est l'affaiblissement du soi (impulsion créatrice, tonus du vouloir, équilibre par la sagesse) qui affole ainsi et précipite le rythme psycho-organique des personimages. Beaucoup d'êtres humains sans moyens d'expression, qui ne sont ni littérateur!^, ni . artistes, souffrent d'une pareille accélération : tous les abouliques notamment, qui n'agissent plus, soit que trop d'images d'actions contradictoires se présentent simultanément à leur esprit, soit qu'au contraire ces déroulements d'images intérieures, d'hérédoïmages, soient trop rares ou trop lents. Les abouliques par surcroît psychique sont aussi nombreux
LE DÉRÈOLEMBWT PES PEB 80NIMAGRS. ^'^
que les abouliques par stagnation psychique, fn medio Veritas.,, alqueactio.
La personinnage étant à la fois, et par définition, psychique et physique, exisle-t-il, sur le plan organique, des accélérés et des ralentis de la vie intérieure? Certainement. Les auteurs contemporains décrivent, sous le nom d'anorexie mentale, une maladie caractérisée par ce fait que l'accélération du rouleau vital (c'est-à-dire des personimages héréditaires) fait, en trois mois, dune jeune fille ou d'un jeune homme, un vieillard ridé et flétri. Les « demeures » comme on dit en Touraine, sont au contraire des êtres restés puérils, mentalement et organiquement, malgré le cours des années, et tels à quarante ans que des enfants de dix et douze ans. Autant de cas de rupture de l'équilibre intérieur et de dérèglement des figures héréditaires. Le clinicien doit savoir ceci que tout cas d'acrOmégaiisme (maladie de Marie, caractérisée par une croissance exagérée des extrémités) ou de puérilisme (génital ou des extrémités) s'accompagne immanquablement de stigmates mentaux ou moraux correspondants. Si l'on interrogeait savamment ces malades, qui souvent s'ignorent (notamment les puérilisés) on découvrirait assez vite, chez eux, le trouble de fonctionnement, ou mieux de gravitation, des hérédoimages, qui est à l'origine de leurs maux. Le malheur est que trop de médecins, abêtis par le matérialisme de Faculté, qui sévit depuis soixante ans, ne connaissent pas un mot de psychologie, et
sourient au seul mot d'introspection active. Ils pensent que l'esprit est une dépendance du corps, le cerveau, le siège exclusif delà pensée, et l'animal humain (comme ils disent stupidement) une machine d'où la liberté est exclue. Une telle conceplion est au niveau de celle des sauvages de la Terre de Feu. Elle était cependant celle d'un Broca et, plus récemment, d'un Joffroy, d'un Féré, même d'un Brissaud.
Premier degré de Tobsession, la préoccupation est la greffe d'une circonstance ennuyeuse ou inquié> tante sur une personimage ralentie. Prenons le cas fréquent du monsieur qui doit une certaine somme d'argent, et à qui sa dette pèse. C'est un sentiment assez confus, qui ne se traduit pas en mots, accompagné du chiffre de la dette, immédiatement présent au réveil, et qui accompagne les actes subséquents, ou les réflexions de la journée, comme l'ombre accompagne le promeneur. Il se complique, ce sentiment, de diverses images à demi obscures, que le préoccupé discerne néanmoins avec un peu d'attention, et qui font partie d'une figure intérieure, composée de regrets, de remords, d'attendrissements, de dessèchements, et aussi d'espérances et d'efforts vers l'évasion mentale. Il s'embrouille, puis se débrouille, ce sentiment, à la façon d'un animal qui court sous un taillis et dont la silhouette apparaît, puis disparaît. On s'en croit délivré; mais il revient, plus lancinant, ou sous une forme baroque, associé à des suppositions optimistes ou pessimistes.
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Bref, il est entré dans un cycle intérieur, dans une hérédofigure, qui le îpodèle et le transforme à sa ressemblance, et aussi selon les attractions ou répulsions du soi, A un certain degré de consistance, cette préoccupation, devenant verbale (le verbe est rimage de l'image) aboutit au monologue. Qui n'a pas rencontré, dans la rue, de ces passants absorbés et ronchonnants ? Qui ne s'est pas surpris soi-même, dans l'état de trouble ou d'inquiétude, à exprimer à haute voix son mécontentement, ou au contraire à mentir pour sbi, comme afin de se donner le change! L'hypocrisie monologuée existe ; elle est un témoignage unique de cette sensation de dédoublement banale, qui tient à la présence de la personimage devant le soi et soumise au soi.
L'étude du dérèglement quantitatif des images nous amène ainsi à celle du dérèglement qualitatif.