IL.—AILES (des métamorphoses), Coléaptères, Orthoptères
Noriptères.
vroptères.
Ptérodicères. {à méopières Lépidopt res.
Diptères, Suceurs (genre Puce).
C’est de cette classification, de beaucoup supérieure à toutes celles qui l'ont précédée, que date, à proprement Parler, la méthode naturelle en entomologie.
C'est alors qu'il fit pour les invertébrés Ce qu'il avait tenté de faire pour
les plantes, se Hvrant aussi, et cela jusqu’à la fin de ses jours, à des travaux
suivis de descriptions et de classification de ces animaux, que Linné avait des
prise par Darwin et développée plus amplement, a 6t6 affublée, bien injuste. ment sans doute, du nom de darwinisme,
Enfin, la science de l'entomologie étant assise sur une base rationelle, les erreurs séculaires sur la génération spontanée étant totalement écartées, la classification offrant maintenant une voie sûre, l’on vit une foule de personnes s'intéresser aux insectes et leur consacrer leurs loisirs; les collections se multi. plièrent, les musées s’enrichirent. De plus, grâce à la facilité toujours plus grande des communications, les recherches se portèrent au loin, et il y eut un grand zèle de la part des collectionneurs pour décrire des espèces nouvelles. Ce zèle, toutefois, amena de la confusion dans les descriptions, et un très grand nombre d’espèces furent décrites par des auteurs différents. Qu’importe, cet ensemble de circonstances amena la publica. tion d’un nombre extraordinaire d'ouvrages, de mémoires, de monographies, etc. Un peu partout se furmèrent des sociétés exclusivement consacrées à l’entomologie. Bien plus, éclairés sur les ravages que peuvent causer certaines espèces nuisibles, les gouvernements chargèrent des savants de faire des recherches sur les moyens les plus propres à la destruction de ces espèces, ou du moins, les moyens d’enrayer ces ravages: ce qui donna naissance à l’entomologie agricole et horticole. En un mot, l’entomologie est devenue une science tellement complexe, qu’il est impossible, de nos jours, de l'embrasser dans son ensemble et d’y descendre dans tous les détails. Il ne peut donc plus y avoir d’entomologistes dans l’acception de ce mot: il n’y a que des spécialistes qui, sous le nom de coléoptéristes, de diptéristes, etc., restreignent leurs études à un ordre ou deux. Et, là encore, il est impossible de tout embrasser : soit que le spécialiste, abordant l’étude d’un ordre, se restreigne à la faune de son pays, soit qu’il ne se restreigne qu’à une seule famille, s’il étend son étude aux insectes du monce entier. Ce qui fait que les plus sérieux embrassent le moins possible,
Mais chacun, dans ses études limitées, tâche de sonder toute
par M, P. Woytsman, de Bruxelles, le splendide Genera insectorum. Puissions-nous voir aussi
» Pour chaque famille et dans chaque ordre, des travaux aussi consciencieux et aussi complets que le sont la Monographie de Lameere, sur les Prionides, et
celle de mon illustre maître et ami Ch. Kerremans, sur les Bu. Prestides,
Quatrième Etude 2 üne Porte av
Le En
Métamorphoses des insectes, — Quelques notions d'anatomie.
U sortir de l'oeuf, l'oiseau a la figure d’un oiseau, figure qui n’est plus susceptible que d’accroissement, et que l'oiseau gardera jusqu’à sa mort. Il n’en est pas ainsi chez l’insecte: avant d’atteindre à la forme qui distingue son espèce de celle des autres espèces, il doit passer par une série de phases que l’on appelle les métamorphoses de l’insecte; ces phases sont : 1° celle de l'oeuf, 2° celle de la larve, 3° celle de la nymphe ou chrysalide et 4° celle de l’insecte parfait. La métamorphose est dite complète ou partielle, selon que l’insecte, avant d’arriver à l’état parfait, passe par toutes ces phases où ne passe que par quelques-unes.
Tous les insectes sont ovipares; il n’y a pas d’exceptions à cette règle. Ce qui a fait croire longtemps à cette erreur que certaines espèces sont vivipares, c’est que, chez ces espèces, les pucerons, certaines punaises, etc., l’éclosion des oeufs s2 fait avant qu’ils soient pondus.
Les oeufs n'ont pas de forme régulière; ils varient presque pour chaque espèce ; il en est de même des plats, des carrés, des
Cconiques, d:s linéaires. Quelques-uns, non encore formés com- Plètement, prennent de l’accroissement après la ponte, Les oeufs sont toujours déposés—et ç -d’admirer l'instinct dont la Pr dans un endroit où la jeune larve, au moment de |’
éclosion, qui lui convient.
puisse trouver aussitôt la nourriture
Fig. 1 La chrysomèle et ses transformations: a. les oeufs: b. les larves: c, la nymphe; d. l'insecte aduite, ;
Le nombre des selon les es. Ce nombre est générale s'élève même jusqu
grande multiplication de ces petits êtics.
Lorsque l'enveloppe de l’oe me de ver ou de chenille, un nomme larve, (fig. 1,b) nom
uf s’est brisée, il en éclot, sous for.
iñsecte plutôt
disgracieux que l’on qui signifie masque, et qui a pour
auteur le grand Linné, fort surpris de constater que, de la cheaille lourde, paresseuse et repoussante d’aspect, provient le papillon léger, aux ailes multicolores.
L'état de larve est donc le second dans l'existence de l’insecte, et c’est en cet état que les espèces nuisibles le sont généralement le plus: c’est surtout la larve de la chrysomèle qui dévaste les champs de pommes { terre; c’est surtout la larve du lachnosterne — hanneton — qui dévore les racines des plantes; c’est la larve de la saperde qui perfore le tronc des pommiers; ce sont surtout les larves des némates qui rongent les feuilles des groseilliers.
Les larves prennent un développement d’une rapidité extraordinaire, et la quantité de nourriiure qu’une seule d’entre elles peut consommer est phénoménale. Trowvelot a découvert, par des expériences patiemment répétées, «ne, à son éclosion, le jeune ver à soie pèse la vingtième partie d’un grain. Agé de dix jours, il a atteint dix fois son poids originel ; Agé de trente jours, il pèse plus de six cent fois ce qu’il pesait à sa naissance. Agé de cinquante-six jours, il a atteint quatre mille cent quarante fois son poids originel. La nourriture que ce ver à soie a consommée dans l’espace de cinquante-six jours, est égale à quatrevingt-six mille fois sa pesanteur à la naissance.
Quand l'espèce est à métamorphose -omplète, il existe ‘toujours une grande dissemblance entre a 1rve et l’insecte parfait. Que l’on examine la larve de la piéride, cette chenille glauque qui se traîne paresseusement sur la large feuille de chou qu’elle ronge sans arrêt et sans repos, et que l’on examine le joli petit papillon aux ailes blanches tachetées de noir qui, dans son vol capricieux, égaye la monotone solitude des grandes routes; que l’on compare cette grosse chenille verte parsemée de points rouges, et cet énorme papillon velouté qui vient parfois voltiger lourdement autour des lampes, l’on aura peine à croire que ce soient là de mêmes individus à différentes phases de leur existence.
Si, au contraire, la métamorphose est partielle, la larve, au moment même de l’éclosion, a—moins cependant les ailes et la grosseur,—la même forme que l’insecte parfait, et elle passe à
prendre de la nourriture et sans être assujettie à l’état de nymphe.
urvus d'ailes, ils la même forme qu’ils
dant des mois, des années entières, Ainsi, les é bien avant les naturalistes, les poètes ont nom de la brièveté de leur vie aérienne, que deux fois vingt-quatre heures au plus, aient rampé, une année, deux années même, rais et des étangs. D’autres espèces, au contraire, et les fourmis sont du nombre, passeront. en quelques semaines à l’état adulte pour y vivre et travailler pendant deux années. Comme on le voit, la durée de la vie, l’état de larve, n’est aucunement vie à l’état parfait. Pou i
bien que, larves, ils dans la vase des ma-
trop grand!
Pendant la période à l’état de larve, l’ céux À Métamorphose complète, ne s’ forme qu’il aura à l’état parfait.
chenille ou ver, sans subir d'a
croissance souvent fort rapide. C’est à état de nymphe ou chrysalide (fig. 1, c) que cette métamorphose extraordina re va se faire,
Lorsque, grosse, à terme, la larve est arrivée à cette époa'ie de transformation, elle se choisit un endroit isolé et, là, se file,
insecte, surtout chez est approché en rien de la Chenille ou ver, il est resté utre Changement que celui d’une
Parfois, un cocon dont elle s’enveloppe entièrement. (C” l’ombre et du silence qu’il lui faut, et, noyée d’
ombre et de si-
lenc:, elle s'est plongée dans une immobilité complète. Que se passe-t-il alors? Quel travail s’accomplit-il donc pour que, dans quelques jours, elle ressorte de son enveloppe, toute glorieuse et toute régénérée? C’est encore ici un mystère devant lequel il faut courber nos fronts. La nature a opéré dans l'ombre son travail mystérieux: nul n’a vu ce qui s’est passé, L’insecte était immobile, informe et comin: mort, et voilà que, tout à coup, de cette mort apparente, il ressuscite parfaït, beau, brillant, joyeux et fort, et :‘en va bourdonner dans l'air son hymne à la vie.
La nymphe la plus curieuse à étudier est sans contredit celle du papillon. Vous rencontrez, un jour, par hasard, une magnifique chenille vert-pâle (fig. 2), à la démarche engourdie, qui
Fig. 2 Chenille de Telea Polyphemus, (grandeur naturelle).
se traîne lourdement sur l2 sol où le vent l’aura rejetée de la feuille qu’elle rongeait en silence. Vous la ramassez et la mettez sous verre. Allez vaquer à vos occupations, et revenez une heure après voir votre captive. Vous la trouvez grandement affairée : déjà elle a tapissé de fils le fond du verre; déjà elle disparaît presque complètement sous le riche manteau de soie dans lequel elle s'enroule; bientôt vous ne verrez plus qu’une petite boule ovoïde (fig. 3), faite d’un tissu admirable, que le silence de la mort semble avoir envahie.
Revenez demain, Même silence, même mort apparente, En. levez alors ce cocon léger, prenez des ciseaux et Coupez-en le tissu. Qu’y trouvez-vous? La chenille? point, De la chenille verte, forme, couleurs, mouvements, tout est disparu: c’est maintenant la chrysalide (fig. 4) et, dans quelques semaines ce sera le papillon dans tout son éclat (fig. 5). |
Fig. 3 Le plus souvent la larve passe à
Cocon de soie, renfermant la l'état de nymph2 sans se revêtir
pt À get ae d'un cocon. Mais très souvent
aussi elle se construit une de-
meure, une enveloppe protectrice, soit avec de la terre, soit
avec des matières végétales, soit même avec des matières mi. nétales.
Dans l’un et l’autre Cas, la peau de la larve se durcit, prend une teinte brunâtre plus ou moins foncée, et, lorsque le travail de la ré.
génération est tout. à faït accompli, l’insect: brise cette enveloppe crustacée, sa livrée de naguère,
Nous avons vu que les orthoptères, ES Es les hémiptères et une partie des né- Fig. 4 vroptères ne passent pas par une mé- Chrysalide de Telea Poly. ‘tamorphose complète, La larve, qui, sal + au sortir de l’oeuf a une certaine res-
Enfin, celui-ci n’a plus de Changements à subir. 1] est arrivé à la dernière période de son existence, période généralement très courte «t qui ne dure Pour lui que le temps de travailler à la reproduction de l'espèce. Car, dans la plupart des espèces,
le mâle meurt peu de temps après l’accouplement, et la femelle ne survit guère à la ponte de ses oeufs, auxquels même souvent son corps sert d’abri contre les mtempéries de la saison. L’unique fin de l’insecte à l’état parfait (fig. 1 d) semble donc être la reproduction de l'espèce : le rôle qu’il a à jouer dans l’ordre de la création, c'est généralement À l’état de larve qu’il le joue. 11 y a, bien entendu, un grand nombre d’exceptions à cette règle: c’est l'abeille adulte qui construit le gâteau de miel; c’est la fourmi adulte qui élève ses admirables constructions, ete. Mais ce qui rend évidente cette fin de l’insecte à
Fig. 5 Telea polyphemus, réduit aux deux tiers de sa grandeur.
l’état parfait, c’est que, parfois, il est dépourvu de bouche et incapable, par conséquent, de prendre aucune nourriture.
Passons maintenant à l’anatomie de l’insecte.
Quelques notions seront de toute utilité, puisque, pour la distinction des familles, des genres et des espèces, on s2 base toujours sur quelque différence anatomique.
À l’âge adulte, l’insecte est revêtu d2 téguments incrustés d’une matière dure et cornée, connue sous le nom de chitine. C’est le squelette extérieur auquel, en dedans comme au dehors, sont suspendus tous les organes,
gratin cree its finie
Figure 6.
Un coléoptère &rOssi—Harpalus Caliginosus—avec in parties: a. une antenne; b. les Yeux; c. les mandibules: 4. les palpes labiaux: e. les palpes maxillaires; f, le lobe ex ; ÿ.
hanche; h. la cuisse ou fémur: $, la jambe ou tibias; j. le trochanter;
k. les tarses,
La tête (fig. 7, n° 1)est faited’une seule pièce, boîte percée de six ouvertures. Elle est munie d'antennes (fig. 6 &) — filets articulés et mobiles situés près des yeux — dont la forme varie beaucoup. Très sensibles, ces antennes servent au sens du toucher et, probablement, sont 1: organes de l’odorat.
Les yeux, (fig. 6, b) généralement au nombre de deux, et incapables de mouvements, sont formés par la réunion d’un grand nombre de petites facettes appelées cornéules. L'oeil de ls mouche, dit-on, n’en contient pas moins de 4,000; celui de la libellule, 12,000, et celui du papillon, 17,000.
Mais de tous les organes de la tête, c’est la bouche qui présente le plus grand intérêt. Conformée de différentes manières selon le mode de nourriture de l’insecte, elle Jui permet soit de broyer, soit de sucer ses aliments.
Nous n'étudierons pas, dans tous leurs détails, les parties qui composent la bouche des broyeur ou des suceurs ; qu’il nous suffise de mentionner les mandibules (fig. 6, c) pièces très dures, sortes de tenailles placées en avant des deux mâchoîres, et, quelquefois, immédiatement en dessus. Elles sont destinées à saisir les proies ou à triturer les aliments, Les mâchoires (fig. 6, d), qui viennent soit au-dessous, soit en arrière des mandibules, se meuvent horizontalement et servent à compléter la trituration commencée par l’action des mandibules. Aux mâchoires et à la lèvre sont adaptées deux paires de petits appendices, en forme d'antennes, que l'on nomme palpes marillaires (fig. 6,e) et palpes labiaux( fig. 7 n° 10) ; ceux-ci sont probablement les organes du goût. Ils ont aussi pour fonction de présenter les aliments au jeu des mâchoires pendant la mastication : c’est ce qui explique qu’ils ne peuvent se mouvoir que dans le sens des mandibules, quoique articulés à la manière des antennes.
Tout cet outillage, indispensable aux broyeurs, se retrouve néanmoins, pièce à pièce, chez les suceurs, mais avec des modifications déterminées par le mode d'alimentation. Chez ceuxci, les mâchoires se sont soudées l’une à l’autre pour former une trompe ou suçoir; les mandibules et le labre, rendus parfaitement inutiles, ne sont plus représentés que par une petite écaille.