PREMIÈRE PARTIE
et-Loir et par celle de Seine-et-Oise pour avoir, de complicité avec la fille Decauchy, sa maîtresse, assassiné à coups de serpe, dans le but de dévalise sa maison, une vieille fille de Faverolles, presque octogénaire, M lle Moulin, dont ils avaient été les locataires.
Dans la prison de Gaen, se trouvent quatre condamnés à mort : Houlon, Petit, la femme Piel et Prosper Catherine.
Les trois premiers ont été condamnés pour avoir assassiné, le 45 août dernier, deux vieillards septuagénaires, les époux Durand.
Prosper Catherine a tué sa petite fille âgée de deux ans. Après l'avoir mordue avec une cruauté de fauve altéré de sang, le misérable assomma la fillette d'un coup de poing et lui brisa le crâne comme avec une massue.
Voilà, ce semble, neuf misérables que l'échafaud réclame; aucun peut-être ne sera exécuté.
Les dix-huit autres ne sont guère plus intéressants et leur vie n'est qu'une suite non interrompue de délits, de vols, entremêlés de crimes, et que termine un assassinat plus éclatant que les autres, qui les a fait prendre. Tous, néanmoins, comptent sur la clémence du chef de l'Etat.
Un seul sur ces vingt-sept, un seul peut-être, sera exécuté, Austruy qui, le 31 août dernier, a tué, d'un coup de casse-tête, le gardien Esselin dans la prison de Clairvaux.
Austruy est une espèce de brute, à peine âgé de vingt ans, qui faisait à Clairvaux dix années de réclusion pour vol et tentative d'assassinat.
Esselin entrait, le 31 août dernier, à sept heures du matin, dans la cellule d'Austruy, lorsqu'il fut saisi au collet par ce détenu qui lui broya le crâne d'un formidable coup de casse-tête.
Esselin tomba foudroyé.
Après son crime, Austruy, loin d'exprimer le moindre repentir, s'inquiétait seulement de savoir si Esselin était bien mort.
« — Je n'ai pas pu, disait-il avec une rage cynique, lui donner un second coup; j'aurais été plus sûr de le refroidir ! *
En entendant sa condamnation, Austruy était resté absolument impassible.
Dans sa prison, il ne paraît nullement se soucier de son sort; il mange, dort et boit sans songer # au terrible réveil qu'il peut avoir un de ces matins.
Il sera peut-être le seul, sur ces vingt-sept condamnés à mort, qui sera exécuté; et encore je n'ose l'affirmer.
C'est donc un calcul de probabilités, une chance à courir.
Les coquins n'ignorent pas qu'après une exécution il y a toujours un temps d'arrêt, que pendant un an ou deux ils ont la bride sur le cou.
Si l'on veut que la peine de mort fasse trembler les voleurs de profession, il ne faut pas qu'ils puissent compter sur une grâce possible. Tu as tué, on te tue. Tu es dangereux pour la société, on te supprime.
11 faut de plusque cette peine soit appliquée comme il convient.
Un prêtre belge ayant assisté 167 condamnés à mort