UPTURE DE L’ÉUUILIRRE ENTRE LES FACULTÉS HUMAINES
fl semblerait que nous devons avoir énuméré lûtes les conditions de l’idéal, toutes les exigences i la nature. N’avons-nous pas compté, analysé tous b genres de mérite, toutes les vertus que peut l’Sséder notre espèce, qui sont isolément assez 1res et qu’on voit encore moins souvent réunis? (i’oserait-on demander de plus à de si faibles créal res? Faut-il qu’elles s’élèvent jusqu’au rang des ceux? Il faut au moins qu’elles atteignent une per- Idion absolue qui les en rapproche beaucoup. Jsqu’ici, effectivement, notre étude n’a désigné c e le quart de leurs obligations : celles qui nous ratent à signaler ne sont pas moins formelles, pas reins rigides que les autres. «On n’imagine pas, dit (amfort, combien il faut d’esprit pour n’être pas r icule. » Le désir de plaire, qui est aussi un des
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agents de la sociabilité humaine, en fait heureuse ment éviter un grand nombre d’occasions.
Premièrement, il ne suffit, pas que notre organi salion soit régulière, que chacune de nos faculté procède comme le veulent la raison et la nature il est encore indispensable que nous maintenion entre elles un juste équilibre. Les instincts phys ques, l’entendement, les passions et le sentimer, moral doivent demeurer dans leurs domaines res : pectifs, et ne pas empiéter sur les domaines voisins L’homme est une espèce de gouvernement consi, tulionnel, qui exige la pondération des pouvoirs Dès qu’elle n'a plus lieu, le comique se man feste.
Les instincts matériels l’emportent-ils sur le facultés île l’esprit, sur les affections et les sent ments, sur les avis de la conscience, ils produisen i immédiatement des scènes bouffonnes.
Le gourmand que sa passion domine, qu’on voi toujours en quête de bons plats et de bons vins qui porte sur sa figure tous les rubis de l’intempi rance; dont l’œil rayonne à la vue d’une poularde d’un pâté, d’une truite, d’un jambon d’York o d'une volaille truffée; qui dilate ses narines quan il passe devant le soupirail embaumé d’un marchan de comestibles; qui poursuit comme un chasseu une invitation à dîner; qui va toujours développai! et arrondissant le cloaque de son ventre, cet homm avide, ce glouton insatiable est un personnag i
comique. L'Athelstane d’Ivanhoe blesse constamment le patriotisme du vieux Cédric le Saxon, ébranle son secret espoir de revanche contre les envahisseurs, par une préoccupation exclusive des joies de la table •et par sa voracité. Comment relever le trône d’Édouard le Confesseur avec un pareil candidat el un pareil chef ? Indifférent pour tout ce qui ne concerne pas la cuisine, il amuse le lecteur de son indolence et de sa faim conlinuelle. Alexandre Dumas, le père, a tracé dans le moine Gorenflot une mage divertissante du goinfre. Sancho Pança nous dire réunis tous les penchants vulgaires et nous les nontre en action. Nulle idée, nul sentiment, nul principe moral ne le gène dans l’accomplissemenl le ses désirs et de ses fonctions naturelles; il se aisse même aller sous lui, en se cramponnant à ;on maître, pendant que celui-ci rêve de glorieuses iventures au milieu des montagnes Noires ; les extravagantes illusions du chevalier, le parfum des irises nocturnes et des plantes sauvages ne l’empê- • lient point de sentir les effets que la peur produit ur son fidèle écuyer.
Louis XIV aimait à voir manger les femmes. 11 emplissait donc de jolies personnes son grand arrosse, quand il allait à Fontainebleau, et leur 'lirait pendant la route des friandises de toute orte, qu’elles devaient accepter et consommer, lais, par un autre caprice bizarre, il ne leur pernettait pas la plus courte absence ; les dames
absorbaient pendant huit ou neuf heures et ne ren daient rien. Cette gêne leur causait parfois di cruelles souffrances. Saint-Simon raconte les tor tures d’une de ces favorites, qu’un besoin atroci pressa pendant les trois quarts du voyage. Elle n'o sait implorer la clémence du roi, que sa prière eû scandalisée. Elle se contenait donc avec des effort; héroïques, avec une persévérance digne d’une plu, noble cause. Enfin on arrive à la nuit, on descem dans la cour du palais ; la dame s’esquive, aperçoi une porte, 1a, pousse, se baisse, donne un libre cour; à la nature, sans même savoir où elle se trouve quand son angoisse est terminée, qu’elle recouvre si présence d’esprit, elle regarde l’endroit secourabt qui vient de lui rendre un si grand service : c’étai la chapelle ! La patiente pouvait être une femm gracieuse, délicate, spirituelle, charmante, avoi tous les mérites et toutes les vertus : elle n’en étai pas moins comique, au moment où son aventure s dénouait dans le temple du Seigneur.
L’amour sensuel, quand il soumet l’homme à 1 tyrannie de la nature et fait oublier toutes les con venances, ou trahit un désir excessif de jouissance matérielles, éveille toujours des idées bouffonnes e se traduit par des scènes grotesques. Messalin allume l’indignation de Juvénal et la méritait coup sûr par ses infâmes débauches ; mais, si on 1 considère au point de vue esthétique, et non au poir de vue moral, c’était une gourgandine effrénée qi
levait beaucoup divertir les témoins de ses transjorts lubriques.
Et, resupina jacens, multorum absorbuit ictus,
lit Juvénal, qui scande cet autre vers :
Et lassata viris, nondum satiata, recessit.
Quel tempérament, ô dieux de l’abîme ! Quelle paillarde et quelle fille sans pareille! Quelles grinaces, quels roulements d’yeux elle devait faire, juelles attitudes elle devait prendre ! Lorsqu’elle se irostitua dans le cirque, toute nue, devant cent nille spectateurs, il faut convenir que c’était un pectacle réjouissant. Claude la fit. étrangler, et (il lien: mais le souvenir de ses prodigieuses équipées musa sans doute pendant longtemps la société omaine.
Les conteurs et satiriques de toutes les époques, ont j’ai déjà invoqué l’exemple, pour me mettre à abri derrière leur renommée, ont mille fois décrit exigence prétendue ou réelle des femmes dans les ccointances voluptueuses. Je renvoie le lecteur à mrs édifiantes narrations, qui exagèrent beaucoup :s choses. Je connais une anecdote inédite plus aïve, plus vraisemblable que les leurs, mais je ’ose la rapporter, bien que mon sujet m’y autorise, aul-il essayer, avec toute sorte de ménagements de précautions oratoires ? Je fais une étude de iœurs,de complexions et de littérature: Brantôme, abelais, Montaigne même, en ont imprimé bien
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d'autres. Mais la pruderie moderne ne manquerai pas de m’excommunier : je la supprime donc, et m la publierai que si on me le demande. Quoiqu’il ei soit, un goût excessif pour les plaisirs de l’amour une paillardise infatigable, qui cherche constam ment une proie, qui n’a ni délicatesse ni vergogne sont des objets de risée, exposent à devenir la fabf et le jouet de l’opinion publique. Le livre de M. Pon sur les exploits nocturnes de Sainte-Beuve, le doi Juan des carrefours, est une excellente comédie Balzac avait un talent triste, et il a formé des élève qui ne sont pas plus gais que lui : autrement, i aurait pu dessiner le baron Mulot en personnag grotesque.
La prédominance des facultés intellectuelles prc voque également le rire et le sarcasme. La vigueu de l’entendement, la force des convictions, l’ardeu avec laquelle on s’occupe d’une idée, sont des chc ses bonnes en elles-mêmes : elles deviennent poui tant mauvaises, si elles rompent l’équilibre de 1 nature humaine, font oublier ou méconnaître le objets extérieurs, les règles du bon sens et les loi de la civilité. Sganarelle veut savoir s’il fera bien d prendre femme et s’avise de consulter deux philc sophes, l’un docteur péripatéticien, l’autre adeptl du pyrrhonisme. A toutes ses demandes il ne pei obtenir aucune réponse : celui-là se livre sar mesure à des objurgations et déclamations furieuse contre un ignorant, quia dit la forme d’un chapeai ;
it non la figure d’un chapeau, ou à d’interminables 1 istinctions logiques; l’autre enveloppe et empêtre ;on interlocuteur dans les précautions oratoires du scepticisme, pour ne pas violer son propre système; it, au milieu de ces extravagances scolastiques, 'interrogation du questionneur se trouve noyée, ant et si bien qu’il finit par jeter des pierres au lisciple d’Aristote et par donner des coups de bâton iu sectateur du doute philosophique. Cette prédominance absolue d’une idée, d’une conception absraite, sur toutes les lois des convenances et du ugement, produit le même efi'et comique dans 'exaltation du fanatisme, quand il n’atteint pas le legré de violence où il cesse d’être ridicule, pour levenir dangereux.
Don Quichotte symbolise la tendance h oublier, à néconnaître les faits de la vie réelle, sous l'influence l’une grande préoccupation intellectuelle. Dans se# ■êves de gloire chevaleresque, d’entreprises héroilues, de luttes à outrance, il prend des moulins à /ont, dont la hrise fait tourner les ailes, pour des ■éants qui remuent leurs hras, un troupeau de mouons pour une armée de Sarrasins, des marionnettes iour autant de personnages véritables et une grosse ampagnarde, aux rustiques habitudes, pour une dégante châtelaine : il la proclame partout la reine le la beauté! Aucune mésaventure, aucune sou france ne détruisent son illusion. Il marche dans on rêve comme dans un épais brouillard, où se
110 UE monde du comique et du rire dessinent dos ligures chimériques. Et son exaltatior est si puissante, qu’elle lui fait négliger même ses besoins matériels. De là vient que tout son rôle écrit, d’ailleurs, avec une intention manifeste di raillerie et de persiflage, amuse comme une longui mascarade.
Les Plaideurs de Racine nous montrent le goût de* procès à l’état de manie insensée.
Les hommes, qui sont habituellement distraits doivent l’être par un effet du même genre : s’ils ni pensent pas à ce qui les entoure, à ce qu’on fait près d’eux et à leur propre conduite , c’est que leui attention et leurs réflexions se portent ailleurs. I en résulte toute sorte de méprises et d’accidents « Si Ménalquemarchedans lesplaces, dit La Bruyère il se sent tout d’un coup rudement frappé à l’estomac ou au visage : il ne soupçonne point ce qui ce peut être, jusqu’à ce que, ouvrant les yeux et se révoltant, il se trouve ou devant un limon de charrette, ou derrière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l’a vu une fois heurter du front contre celui d’un aveugle, s’em barrasser dans ses jambes et tomber avec lui, chacun de son côté, à la renverse. » Tels peuvent être les effets de l’inattention dans les actes de la vif ordinaire.
L’étourderie ou la distraction peut produire d’au 1res mésaventures, d’autres scènes comiques, dam le domaine du senliment et de la morale. « Ménalqut
ïe marie le matin, l’oublie le soir et découche la mit de ses noces : quelques années après, il perd ;a femme; elle meurt entre ses bras, il assiste à es obsèques et, le lendemain, quand on vient lui lire qu’on a servi, il demande si sa femme est prête t si elle est avertie. »
Voilà pour le sentiment: voici pour les conveances morales. « Il se trouve par hasard avec une 3une veuve, il lui parle de son défunt mari, lui emande comment il est mort. Cette femme, à qui e discours renouvelle ses douleurs, pleure, sanlote, et ne laisse pas de reprendre tous les détails e la maladie de son époux, qu’elle conduit depuis i veille de sa fièvre qu’il se portait bien, jusqu’à agonie. » — « Madame, » lui demande Ménalque, jui l'avait apparemment écoutée avec attention, n’aviez-vous que celui-là?»
Ces erreurs, ces quiproquos burlesques pourlient être occasionnés par un manque presque asolu de mémoire: il n’en seraient pas moins comiaes et n’en prouveraient pas moins l'exactitude de a théorie. Dans le premier cas, ils démontrent que îomme est tenu d’agir et de parler avec une att enan clairvoyante et soutenue; dans le second, qu’il ; lui est pas permis d’avoir une mémoire faible et certaine. La faculté du souvenir doit fonctionner t nous exactement et rapidement. Une mauvaise émoire, qui oublie les faits, les lieux, les dates, les ;rsonnes, au fur et à mesure, ou les confond les
uns avec les autres, qui embrouille l’intelligence e les discours, obscurcit et bouleverse les narrations change l’ordre des circonstances, cet agenda vicieu? amuse, déride l’auditeur, quand il ne l’impatienti pas. L’entendement humain, chose curieuse, n’a pa* le droit de se tromper en prenant des notes 1 !
L’amour, même délicat, l’ambition, la haine la colère, l’esprit de parti, la vanité, le goût di jeu peuvent aussi évoquer les lutins du rire e du sarcasme. Un galant que son exaltation empêclu de boire et de manger, de vaquer à ses affaires qu’elle rend gauche et distrait; l’homme furieu: qui déraisonne, qui ne se possède plus et se répam en invectives ; l’ambitieux toujours préoccupé d. son influence, de son pouvoir, des jugements pu blics ; l’énergumène perdant toute clairvoyance e n’appréciant les choses que du haut de ses opinion exclusives ; l’avide intrigant, dont les opinion changent, au contraire, suivant ses intérêts, déso pilent la rate de ceux qui ne partagent point leur: préventions et illusions, ou n’approuvent pas leur; calculs. Un sentiment bon ou mauvais les tien asservis et rompt chez eux l'équilibre des faculté: humaines.
Une joueuse dominée par un penchant qu’elle ni pouvait vaincre et possédant un petit revenu, pas
I. J’ai déjà traité en partie celte question, à propos de la loi singu lière qui veut que les passions intellectuelles de l’homme ne soient r trop violentes, ni trop faibles. Voyez Chapitre IV.
sait toute l’année dans une ville d'Allemagne, où la roulette et le trcnte-et-quarante prononçaient leurs oracles. Elle perdait régulièrement, dans les premiers jours de chaque mois, la plus grande partie de sa rente, et supportait la famine jusqu’au début du mois suivant. Comme elle jouait très mal, il était rare qu’elle obtint quelques avantages. Elle comprenait d’ailleurs sa folie.se blâmait, s’injuriait d’une manière comique : lorsqu’elle avait sacrifié la dernière pièce d’argent dont elle pût disposer, sans se priver du strict nécessaire, elle se plaçait devant un miroir, s'accablait d’invectives, se faisait des grimaces, se crachait même à la figure, c’est-à-dire crachait sur l’image de sa figure que lui offrait la glace. On ne pouvait sans rire l’entendre se traiter de folle, de sotte, d’infâme, de misérable; et pourtant rien ne dissipait son rêve insensé de faire fortune par un caprice du destin !
•Nous allons étudier maintenant la forme la plus haute du comique, parce qu’elle a pour source les plus nobles sentiments, les lois les plus austères de la morale et de l’honneur. L’amour de la justice et de la vérité, chose étrange, invraisemblable même, peut projeter sur l'homme l’ombre déplaisante du ridicule. Si, dans les circonstances graves, en face du péril et quand il s’agit de soutenir une noble cause, il est glorieux de ne demander avis qu’à sa conscience, de se laisser emporter par son courage, si c’est là une des manifestations du sublime, dans
des cas moins importants et des situations moins dramatiques, on s’expose à la raillerie en étant, trop ferme sur ses principes, en repoussant toute concession, en ne voulant jamais ni taire, ni amoindrir, ni voiler la vérité. C’est là le travers d’Alceste. Il s’emporte contre toutes les actions qui blessent tant soit peu la morale, qui ne témoignent point d’une parfaite droiture, et voudrait, pour vivre avec les hommes, qu’ils fussent des modèles de vertu. Cet excès de rigueur lui échauffe constamment la bile, lui fait perdre la modération et l’entraîne à de comiques fureurs. Dès la première scène, on l’entend s’écrier :
Je ne trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie ;
Je n’y puis plus tenir, j’enrage; et mon dessein Est ds rompre en visière à tout le genre humain.
Ce qui provoque la sage réponse de Philinte :
Mon Dieu ! des mœurs du temps mettons-nous moins en peine,
Et faisons un peu grâce à la nature humaine;
Ne l’examinons point dans la grande rigueur,
Et voyons ses défauts avec quelque douceur.
U faut, parmi le monde, une vertu traitable :
A force de sagesse on peut être blâmable;
La parfaite raison fuit toute extrémité Etveutque l’on soit sage avec sobriété.
Cette grande raideur des vertus des vieux âges Heurte trop notre siècle et les communs usages ;
Elle veut au mortel trop de perfection ;
Il faut fléchir au temps sans obstination:
Et c’est une folie, à nulle autre seconde.
De vouloir se mêler de corriger le monde.
Mais Philinte a beau dire: Alceste continue à l’exaspérer contre le genre humain. On lui a in- ,enté un procès odieux, absurde et ridicule ; pour e gagner, il lui suffirait de quelques démarches, de [uelques visites ; il refuse de les faire. Il veuf que e bon droit triomphe tout seul, comme si le bon droit ivait une existence objective, une personnalité puissante, à la manière des dieux ; comme si la justice, onsidérée au point de vue pratique, ne dépendait >oint des magistrats qui la rendent. Alceste déclare [u’il ne bougera pas, qu’il veut voir si on aura l’aulace de violer tous les principes de la raison et de équité. Il pousse d’ailleurs si loin la droiture, qu’il e veut pas masquer, atténuer même son opinion ans les circonstances les moins importantes, et. u’il s’at tire une affaire désagréable pour un sonnet , .e ridicule est manifeste. Et cet homme si rigide ime opiniâtrement une coquette vaniteuse, froide, îalveillante et rusée, de sorte que, là encore, il se eurte aux vices de notre race, si bien qu’il finit ir chercher
un endroit écarté,
Où d’ètre homme d’honneur on ait la liberté,
adroit qui n’existe point, sauf dans une solit ude î'solue; car, aussitôt qu’on fréquente les bipèdes de ntre espèce, on se trouve en présence de bonnes « de mauvaises passions, et il faut parlementer, 1er d’indulgence avec les mauvaises. Molière a i ne mis en scène d’une manière très méthodique
les conséquences déplaisantes que peut avoir ur amour excessif du bien et du vrai, dans les pe t i tes choses comme dans les grandes. In médit i stat virtus.
C’est donc l’opinion de Philinte qui l’emporte mais Philinte lui-même n’échappe point à la cen sure moqueuse du rire. Sa bienveillance, déjà nom mée, la patience, l’indulgence, la clémence, son précieuses dans la vie sociale, où elle faciliten les relations, préparent l’amitié, entretiennent, le; sentiments affectueux, émoussent les torts et préviennent les rancunes : elles ont une grâce et ur charme, quelles répandent autour d’elles. Mais i ne faut point qu'elles dégénèrent en manie, que 1; crainte d’offenser et le désir de plaire tombent dam l’hyperbole, deviennent une sorte d’affectation e d’imposture. Philinte justement n’évite pas ce excès, et le misanthrope lui-même le tance vigou reusement, trace de lui un portrait comique:
Je vous vois accabler un homme de caresses.
Et témoigner pour lui les dernières tendresses;
De protestations, d’offres et de serments,
Vous chargez la fureur de vos embrassements :
Et quand je vous demande après quel est cet homme,
A peine pouvez-vous dire comme il se nomme!
Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,
Et vous me le traitez, à moi, d’indifférent.
Morbleu I c’est une chose indigne, lâche, infâme,
De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme ;
Et si, par un malheur, j’en avais fait autant.
Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant.
Philinte tombe de nouveau dans le ridicule, lorsqu’il loue effrontément le sonnet d’Oronte.