‹ Le Monde du Comique et du RireChapitre 8 sur 55 · COMIQUE PE UA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

COMIQUE PE UA VOLONTÉ

des éperons. La monture alors, au lieu d’obéir, prend le parti de rétrograder : elle descend à reculons la pente de la colline. Fureur du campagnard, qui .frappe plus fort; obstination de l'animal, qui descend plus vite. L’homme enfariné s’indigne, s’exaspère, multiplie les corrections : le métis de baudet lui tient tête, recule toujours.

Enfin, ils atteignent le bord de l’eau : le quadrupède y plonge ses pieds de derrière. Le paysan, plus furieux que jamais, veut avoir raison de son opiliâtreté, fait pleuvoir les coups sur la bête, lui ord la bouche .avec le mors. Peine inutile, espoir superflu. Le mulet avance dans la rivière, finit par ivoir de l’eau jusqu’à la sangle. L’homme alors est /aincu : il cesse tout effort, laisse pendre la bride, >emonte docilement la pente du coteau : arrivé aux leux chemins, l’animal victorieux enfile la route [u'il avait prémédité de suivre. Le meunier compait sans doute employer la ruse, atteindre son but ■n faisant un détour; mais il avait, pour le moment, 'attitude et l’expression piteuse d’un homme mâlé >ar une bête.

Telles sont les exigences de l’idéal humain en fait le volonté, quand cette volonté se trouve seule en eu. Nous sommes humiliés, nous devenons ridiules, si elle ne triomphe point sans partage, même ans une lutte avec un animal. Et pourtant, celte iculté ombrageuse, qui déteste les obstacles et eut triompher de loules les oppositions, subit une

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contrainte violente, inflexible, dont elle ne peu s’affranchir.

En effet, si c’est une obligation pour l’homm d’être beau, intelligent, de bien placer ses affection et de ne s’émouvoir ni mal à propos, ni outre mesure c’est pour lui une obligation plus rigoureuse encor de ne pas blesser les principes de la morale, d gouverner sagement sa conduite. Un code sévèr régente ses actions : toutes les fois que, dans de circonstances graves, il offense les lois de la justice; de la vertu et de l’honneur, il se rend odieux, mé prisable ; toutes les fois que, dans des circonstan ces peu graves, il commet des fautes analogues, i devient ridicule. Les péchés véniels sont une abon dante source de comique. Le mensonge, le vol, 1) fourberie, l’impudence, les traits de cupidité d’avarice, de présomption, d’envie et d’égoïsme en abaissant l’homme, font de lui un personnage plus ou moins grotesque. Les valets fripons d> Molière, qui cumulent tous les vices, provoquen sans cesse Je rire. Scapin, Mascarille, Robert Ma caire, Bertrand, Mercadet, Lazarille de Tormes son des types très amusants. Les indélicatesses de Gi Blas, les ruses, les fraudes, la corruption tranquilli des personnages groupés autour de lui, nous met tent en belle humeur. La vanité du Bourgeois gentil homme, la ladrerie d’Harpagon, la suffisance de li comtesse d’Escarbagnas, l’égoïsme ingénu des en fants et des rustres, éveillent infailliblement b 1

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