COMIQUE D E LA VOLONTÉ — COMIQUE MORAL SI
gaieté. Il n’est pas un vice, pas un délit contre la morale, qui ne donnent naissance à un genre de comique. Et l'on considère avec plaisir ces difformités de la nature humaine!
La morale cependant, examinée, .jugée sans puritanisme, est d’une importance capitale. L’ensemble des lois qui la constituent peut être défini: la science des meilleurs rapports à établir entre les îommes, dans leur intérêt, commun. C’est une icience positive, réelle, ayant son utilité pour sancion, et il est superflu, dangereux même d’en chercher une autre : les légendes l’affaiblissent et la lénaturent. Bien avant les analyses philosophiques, :hez les peuples barbares, chez les enfants, chez es jeunes adultes, elle a pour interprète la concience, qui en est la théorie instinctive et innée: homme l’apporte avec lui en naissant. Destiné à la fie sociale, il devait posséder l’instrument de la , ociahilité, un code primitif des relations humaines : fallait que les principes en fussent gravés dans an intelligence par la nature, que la règle de ses étions fût inséparable de son activité.
Elles sont nombreuses les prescriptions de celle >i essentielle. Probité, courage, palience, sincérité, ienveillance, désintéressement, économie, sobriété, udeur, respect de soi-même, constance dans les ' aimons et les affections, elle nous impose tant de artus et de mérites, qu’on désespère de réaliser un ; parfait modèle. Et pourtant dès qu’on s’en
S2 U F. MON Dlî Dll COMIQUE ET DU RIDE
éloigne, le mépris, la colère, l’indignation et la haine punissent les fautes graves: l’âcre aiguillon du ridicule châtie les erreurs subalternes. Et audessus de la morale positive se dresse, comme une haute tour, la doctrine de l’honneur, qui résume tous les principes du devoir et ajoute encore à tant d'obligations une délicatesse volontaire, supérieure aux injonctions légales, des maximes généreuses et un sentiment de dignité chevaleresque.
Parmi les vertus prescrites à l’humanité, le respect du bien d’autrui, l’abstention du vol et de la fraude, est une des plus importantes : l’Églisf l’ordonne dans un de ses commandements. Toul l’édifice social a pour base le droit de propriété une foule de lois le sanctionnent. Pourtant les: manœuvres ingénieuses des larrons, des aigrefin! nous amusent, quand elles n'ont pas des consé; quences trop pernicieuses. On est ravi que Li Flèche, par exemple, dérobe la cassette d’Harpagon que Scapin enlève deux cents pistoles au poltroi Argante et cinq cents au ladre Géronte ; les fourbe ries continuelles de Falstaff et de sa bande ne son i pas pour nous une faible récréation. Les mœurs les aventures des filous ont inspiré de nos jour; plusieurs pièces facétieuses, tout un cycle bur lesque, où deux fripons dérident le public par leur manèges , leurs fraudes et leur impudence. Le tours subtils qu’inventent les pick-pockets, on parfois leur côté plaisant, et, si notre gaieli