‹ Le monde et la guerre Russo-JaponaiseChapitre 44 sur 103 · LA PUISE DE S A K H A L I N E · texte numérisé non relu

LA PUISE DE S A K H A L I N E

(Juillet 1905).

L'occupation de Sakhalinc par les Japonais est le dernier des grands faits de la guerre. Il est réalise à la veille même de l'ouverture des négociations de paix. Les Nippons marquent ainsi nettement leur volonté de se saisir d'un gage de terre russe avant de consentir à causer avec les plénipotentiaires du tsar.

A la fin de juillet, une escadre japonaise arrive devant Sakhaline; elle bombarde divers points delà côte, puis effectue un débarquement de troupes amenées sur des

transports. Le 7 juillet au matin, les Japonais occupent le poste de Korsakoff sans rencontrer grande résistance. Les Russes incendient la ville et se retirent dans une position située près de Soloirka (à environ 7 milles au nord de Korsakoff); là, ils essayent de nouveau de lutter, mais ils sont délogés par les forces japonaises qui les poursuivaient; ils se retirent alors dans la direction de Wladmirowka, localité située à environ 22 milles au nord de Korsakoff. Le 12 juillet, le succès des Nippons à Mouka assure leurpénétration vers le nord. Le 17 juillet, les Japonais débarquent à Korsakoff 200 kilomètres de voie ferrée légère et trois mille coolies. Leur armée se compose de quatorze mille hommes de toutes armes.

Bientôt les Russes se replient sur tous les points. A Alexandrovsk, le drapeau japonais est hissé sur le palais du gouverneur.

Après de violents combats, les 28, 20 et 30 juillet, dans lesquels ils sont grandement éprouvés, les Russes envoient, le 31, un parlementaire porteur dune lettre du général Liapounof, gouverneur de File, déclarant que, manquant de médicaments, il lui est impossible de porter secours aux blessés; il se voit donc contraint de mettre fin aux hostilités. Dans sa réponse, le commandant japonais demande que toutes les munitions soient remises, ainsi que les cartes et documents ayant trait à l'administra tion civile et militaire. Le colonel Tollitch a une entrevue avec le colonel Koïtumi, chef d'état-major japonais, et accepte les conditions imposées. Le gouverneur, soixante-dix officiers et trois mille deux cents hommes font ensuite leur reddition. Dès lors, le succès des Nippons est définitif et complet.

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