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LES ETATS TAMPONS ENTRE LA RUSSIE ET LES INDE

70 verstes de ce dernier. Traversant la rivière de Caboul, la ligne frontière se retourne progressivement vers l'est, contournant au pied des hauteurs la plaine de Peshawer,

coupe l'Indus à Torbela et enfin reprend la direction nord, atteint le sommet de la vallée de Kohan au sein de l'Himalaya, revient vers le sud jusqu'à son point d'intersection avec le Djélam. Se retournant à l'est à partir de ce point, elle suit au delà approximativement le pied des monts Himalaya (1) .

La frontière scientifique est le résultat des habiles efforts de lord Dufferin et de sir Durand.

« La partie de la frontière scientifique nord-ouest au nord de Caboul n'est pas encore définie exactement, mais en 1893, lors de la visite de sir Durand à Caboul, Abdurrahman promit formellement de s'abstenir de toute intervention dans les affaires du Tchitral, du Badjaour, du Svat et de la région des Afridis; il consentit au tracé de la ligne frontière entre les provinces afghanes et les régions sur lesquelles le gouvernement des Indes avait l'intention d'étendre son influence, notamment : la vallée du Kouram, le Vaziristan, le Gomoul et le Zkob. Actuellement, cette frontière se détache de la limite administrative auprès de la ville de Tali, descend ensuite le Kouram jusqu'au village de Sirvan, puis va vers le sud-ouest, coupe le Totchi près de Matchagoune, de là se dirige au sud vers les sources du Doua-Goumal, le long de cette rivière, par Sarmelan et par les vallées du Goumal et du Zkob, approximativement jusqu'au village de Talhan-Khout; ensuite la frontière se retourne à l'ouest vers la rivière Kadanaï et la suit jusqu'à la chaîne du Khodja-Amran, le long de laquelle elle se dirige vers le sud à peu près au mont de Nouchki; de ce dernier point, elle s'infléchit à l'est vers la station de Darvaz du Shind-Pishin-Railway, d'où elle s'étend au sudest parallèlement à ce chemin de fer et rejoint l'ancienne frontière près de Djakobabad (2). »

On remarquera que, par suite de l'établissement de cette

(1) V. Lebedef, Vers l'Inde, p. 34. — Chapelot, Paris, 1900.

(2) Op. cit., p. 35.

frontière « scientifique » , les Anglais ont les monts Soliman non plus devant eux, mais dans le dos. La défense de l'Inde serait ainsi grandement facilitée; elle exigerait moins de fortifications et de troupes, tandis que les Russes auraient, au contraire, à forcer maints passages que l'existence de la seule frontière non scientifique leur eût permis de franchir sans opposition. La frontière « scientifique » permet encore aux Anglais de répondre à l'occupation de Hérat par les Russes par une occupation presque aussi rapide de Kandahar, Ghazni et Caboul.

Au nord du territoire des Etats tampons, les Russes ont préparé leurs moyens d'attaque éventuelle, tandis qu'au sud, les Anglais ont accumulé les instruments de défense.

Du côté russe, on trouve d'abord un système de deux voies ferrées.

La première est la ligne de Krasnovodsk-Askhabad-Merv- Boukhara-Samarkand-Tachkent, couramment appelée « le Transcaspien» . Elle a pour objet de transporter les troupes venant soit du Caucase par Bakou ; soit de la Russie orientale par le Volga, Astrakan et la mer Caspienne; soit des garnisons de l'Asie centrale (Boukhara-Samarkand-Tachkent). Un tronçon livré à l'exploitation le 16 décembre 1898 part de Merv pour aboutir à Kouchk, sur la frontière afghane, point de départ nécessaire de toute offensive russe.

Le rendement militaire de ce chemin de fer entre Krasnovodsk et Kouchk est limité par la rareté de l'eau dans la région traversée spécialement entre Krasnovodsk et Askhabad et ensuite par l'insuffisance du matériel roulant.

Quoi qu'il en soit, on peut estimer à quatre trains par jour les envois susceptibles d'être faits de Krasnovodsk dans la direction de Merv. C'est-à-dire en un mois cent vingt trains, ce qui correspond à une centaine de mille hommes ou deux corps d'armée complètement pourvus de leur matériel de campagne.

Le second chemin de fer du système russe est celui

d'Orenbourg à Tachkent, qui vient d'être terminé après avoir offert certaines difficultés d'exécution. Le tracé primitif en effet, a été reconnu impraticable sur une distance, de vingt à trente kilomètres, par suite d'un lac qui s'est formé dans le district de la mer d'Aral. Il y a donc eu lieu à réfection de la ligne et à un allongement de 120 kilomètres environ.

Cette voie ferrée tire sa grande importance militaire de ce qu'elle met les garnisons de la Russie d'Europe en communication terrestre directe vers le nord de l'Afghanistan (1) évitant ainsi les transbordements de la Caspienne.

Quant aux forces entretenues par les Russes en Asie centrale, on estime qu'avant la guerre avec le Japon, le général Ivanoff, commandant du Turkestan, avait sous ses ordres, en comptant plutôt largement, environ cinquante mille hommes. Qu'est devenu ce chiffre en raison des hostilités en Mandchourie? La supposition la plus favorable est d'admettre que, conformément aux affirmations officielles, les forces russes en Asie centrale n'ont pas été touchées.

Du côté anglais, nous allons constater l'existence d'un système défensif très étendu, capable de permettre d'appliquer l'une ou l'autre des deux grandes théories sur la manière de défendre l'Inde entre lesquelles se partagent les spécialistes britanniques.

Pour les uns, il vaut mieux se défendre sur l'Indus plutôt

(1) Il existe enfin un projet de ligne à construire de Samarkand à Termeze. L'exécution de cette voie est plus que douteuse, en raison des grandes difficultés que présenterait sa construction dans plus de 300 verstes d'une région montagneuse.

Si toutefois ce travail arrivait à être réalisé, la nouvelle ligne atteindrait l'Amou-Daria à Termeze, ayant en Afghanistan Mazari-Chérif comme objectif.

Un tracé plus exécutable permettrait de parvenir au même but. La voie ferrée partirait alors de Tchardjoui, sur la ligne Merv-Boukhara, et remonterait ensuite la rive droite de l'Amou-Daria jusqu'à Termeze. Mais, dans ce cas, le développement des rails serait d'environ 400 verstes.

que de s'aventurer loin des réserves et des ressources dans un pays difficile et hostile comme l'Afghanistan.

Les autres préfèrent une défense active loin et au nord de l'Inde, avec occupation de postes extérieurs dans l'Afghanistan et sur l'Hindou-Kouch (1).

Les partisans de la première théorie soutiennent que la frontière nord-ouest présente une ligne de défense très forte avec l'Indus et les excellentes conditions topographiques de la région entre ce fleuve et la ligne Caboul- Ghazni-Kandahar. En outre, ajoute-t-on, ce système, n'exigeant pas l'organisation de grands transports, ménagerait mieux les ressources des populations de l'Inde.

Lord Roberts, dans son livre, En arrière nu en avant, se montre partisan de cette théorie. Après avoir soutenu que l'Indus est la limite naturelle des sphères d'influence anglaise et russe, il propose de se retirer derrière l'Indus, d'abandonner le Béloutchistan jusqu'à Gurrachée et Djelalabad; même de laisser les Russes annexer Peshawer, Dera- Ismaïl-Khan, Dera-Gazi-Khan.

De cette avance moscovite, lord Roberts ne serait pas ému, car, déclare-t-il, elle n'aurait lieu qu'au prix d'une extension si considérable des communications de l'armée russe que celle-ci serait affaiblie au point de ne plus pouvoir aller au-delà de l'Indus.

Les partisans de la défense en Afghanistan répondent : « Si nous abandonnons cette région aux Russes, ils s'y affermiront, prolongeront la voie ferrée le long de l'Hindou- Kouch et de l'Hilmend, vaincront les difficultés de la montagne. Ayant, en outre, le Soliman pour masquer leurs mouvements, ils déboucheront sur l'Indus par les défilés de leur choix. Dans ce cas encore, la forte position anglaise de Pishin pourrait être facilement tournée, donc rendue inutile. Enfin, le prestige moral serait pour les Russes. »

(1) V. Lebedev, op. cit., p. 115.

Cette théorie, dont le général Mac Grégor est le principal soutien, semble celle qui paraît devoir triompher.

On peut, en tous cas, compter qu'à une occupation russe de Hérat, répondrait aussitôt une occupation anglaise de Gaboul-Ghazni-Kandahar, c'est-à-dire, en somme, une application moyenne de la théorie de la défense active.

Les chemins de fer anglais sont certainement organisés dans ce but.

De même que les Russes ont préparé à Kouchk tout le matériel destiné à marcher sur Hérat, de même les Anglais ont accumulé à New-Ghaman, leur station terminus, tous les moyens de marcher sur Kandahar.

Le matériel de chemin de fer destiné à joindre New-Ghaman à cette ville est à pied d'œuvre; il n'a plus qu'à être utilisé. La seule difficulté technique que présenterait cette voie est déjà vaincue depuis plusieurs années. Elle consistait dans le percement d'un tunnel long de 2 milles à peu près dans une hauteur se trouvant non loin de New- Ghaman.

La distance à munir de rails pour parvenir jusqu'à Kandahar est d'environ 80 milles anglais. Tout étant prêt (1), le travail pourrait donc être exécuté très rapidement, car il ne s'agit, en somme, que d'un chemin de fer à voie étroite. Avec des troupes de chemin de fer expérimentées, on estime que les travaux indispensables à la circulation des trains militaires pourraient être exécutés dans un délai variant de deux à trois mois.

A la fois pour des raisons économiques et militaires, les Anglais commencent à diriger vers la Perse un chemin de fer qu'ils construisent dans le Béloutchistan du Nord et qui, pour le moment, doit aboutir à la ville persane de Nousretabad, la capitale du Seistan.

(1) On prétend même que les Anglais ont prévu jusqu'aux moindres détails, même jusqu'aux écriteaux portant le nom des stations à établir entre New-Ghaman et Kandahar.

La tête de ligne est Quetta. La voie ferrée entre ensuite dans le Béloutchistan, laisse Kélat sur la gauche, passe à Nouchki, puis, ayant atteint la frontière persane, doit se rabattre sur le nord pour atteindre Nousretabad.

Les difficultés techniques existent surtout entre Quetta et Nouchki; elles consistent dans le percement de quatre ou cinq tunnels dont le plus grand, nommé par les Anglais Nishgia, vient d'être terminé.

De Nouchki à Nousretabad, le tracé doit traverser des lacs salés desséchés en temps ordinaires, mais qui, se remplissant d'eau temporairement, obligent à prévoirde grands ouvrages d'art, notamment un viaduc de plus de 10 kilomètres entre Nousretabad et Nouchki. Cet obstacle des lacs salés est même si grave qu'on peut penser que, tout d'abord, les Anglais abandonneront Nousretabad comme objectif pour se diriger en droite ligne sur Kirman.

De plus, les Anglais projettent une nouvelle ligne à voie normale joignant Harnaï, par Hindubag et Fort-Sandaman, à Dera-Ismaïl-Khan, par la vallée de Zkob.

Ce travail aurait pour objet de faciliter grandement le soutien et le ravitaillement de Quetta. Actuellement, cette place n'est, en effet, desservie que par des chemins de fer à voie réduite et de tracés détournés.

Quant aux forces militaires de l'empire anglo-indien, elles se composent de quatre éléments :

1° Les troupes européennes;

2° Les troupes indigènes régulières et sédentaires;

3° Les troupes des princes indigènes, composées soit de troupes au service impérial ou de contingents auxiliaires et de troupes particulières;

4° Les volontaires.

Les troupes européennes se montent à peu près à 70 ou 80.000 hommes, soit environ la moitié du nombre total des Anglais résidant sur le sol de l'Inde.

L'organisation des troupes indigènes régulières par les An-

glais a pour base « une complète désunion, dans les cadres inférieurs, des intérêts politiques, nationaux, religieux et de la vie commune» . Le système des castes innombrables, en supprimant les centres de concentration nationale, ont aidé puissamment à l'application de cette formule.

En ce qui concerne les troupes des princes indigènes, on estime qu'elles pourraient pratiquement donner 100.000 soldats mal armés, mal disciplinés et mal commandés. Seule, la fraction dite Impérial service troops (16.000 hommes environ) présente quelque valeur, car, si ces troupes sont entretenues par les princes indigènes et dépendent d'eux, elles sont mises au service de l'empereur des Indes et inspectées par des officiers anglais.

Nous arrivons enfin aux volontaires composés d'Anglais et surtout de Parsis. Ce sont des hommes ayant fait pendant trente jours seulement des exercices anodins. Ils ne peuvent pas être considérés comme ayant une valeur militaire vraiment sérieuse et ils ne semblent guère bons qu'à la garde des voies ferrées . Encore leur nombre , !20.000 à peu près, serait-il très insuffisant pour l'énorme développement de rails qu'ils auraient à surveiller.

L'armée des Indes présente quelques particularités qu'il faut signaler.

L'unité tactique et administrative de l'armée angloindienne est, pour l'infanterie de 29 officiers et 948 hommes, par bataillon (l).

Dans la cavalerie, le régimenta 29 officiers et602 hommes.

Dans l'artillerie, la batterie ou compagnie compte 5 officiers et 157 hommes (2).

Les troupes indigènes ou anglaises ont la même composition numérique sur le pied de guerre que sur le pied de paix. Aux Indes, le mot « mobilisation » n'a pas, en effet, la même signification qu'en Europe. Là-bas, la mobilisa-

(1) Bataillon, ici, veut dire régiment.

(2) V. Lebedev, op. cit., p. 45.

tion n'a pas pour objet d'accroître le nombre d'une troupe, mais de munir cette troupe de ses moyens de transport.

Considérée dans son ensemble, l'armée anglo-indienne comprend deux tiers d'indigènes et un tiers d'Anglais.

Dans une guerre avec la Russie, l'armée des Indes devrait forcément se subdiviser en deux fractions : l'une, dite l'armée de garnison, serait destinée à contenir le pays où vivent 300 millions d'habitants. On estime que cette armée ne saurait être inférieure à 150.000 hommes. Encore ce chiffre ne donnerait-il qu'un soldat pour 2.000 habitants, ou encore un soldat vraiment anglais pour 6.000 habitants.

Quant à l'armée d'opérations, une étude fort bien faite et publiée par le Pioneer d'Allahabad (1) a établi que la Grande-Bretagne ne peut disposer aux Indes, comme armée de campagne, que de 160.000 hommes, dont 90.000 au moins de troupes indigènes. La valeur de cette armée est difficile à apprécier. Certes, les soldats hindous sont fort décoratifs ; ils ont extérieurement très belle allure; mais les officiers européens qui les ont vus en 1900 en Chine en ont conservé un assez médiocre souvenir.

Cet organisme militaire a subi dans les dernières années l'action personnelle extrêmement marquée de lord Kitchener. Grand travailleur, celui-ci a voulu contraindre ses officiers à l'imiter, résultat qu'il n'a pas obtenu sans effort. Plus sportsmen encore que soldats, les officiers de l'armée des Indes ont été médiocrement ravis de la contrainte qui leur a été imposée par lord Kitchener ; aussi l'aiment-ils peu : mais comme ils sont profondément imbus de l'esprit de devoir, ils savent toutefois lui accorder l'estime qu'il mérite.

L'action de Kitchener s'est sérieusement exercée dans le sens du rajeunissement des cadres des généraux. Aujour-

(1) 30 janvier 1904.

d'hui, les commandants en chef des postes essentiels n'ont pas plus de quarante à cinquante ans.

Jusqu'à une date récente, toutes les forces angloindiennes étaient réparties entre quatre armées distinctes : celles du Pendjab, de l'Hindoustan ou du Bengale, de Madras et de Bombay. Lord Kitchener a modifié ce dispositif de façon à concentrer autant que possible tous les moyens de défense active au nord des Indes.

Nous connaissons dans leurs éléments principaux les positions respectives des adversaires éventuels. Cherchons maintenant à concevoir comment pourrait être menée pratiquement une attaque à fond des Russes contre l'Inde.

Afin de nous rapprocher autant que possible des vraisemblances, nous suivrons dans ses lignes générales le projet de campagne qu'a publié sous le titre Vers llnde (1) M. Lebedev, officier au régiment de grenadiers de la garde impériale russe, ouvrage qui a été consciencieusement traduit en français, en 1899, par le capitaine E. Gazalas.

En adoptant les données de ce travail, nous sommes ainsi certains de suivre la pensée d'un des officiers russes qui ont le plus sérieusement mûri l'idée d'une campagne russe vers l'Inde à une époque où elle était la plus vraisemblable.

Première constatation fort importante. Lebedev estime que, par suite des difficultés résultant de la longueur des lignes de communication et du ravitaillement, de la pauvreté et des obstacles des régions montagneuses à traverser, les Russes ne pourraient absolument pas songer à une marche ininterrompue vers l'Inde. D'après l'officier russe, la conquête des Indes doit être envisagée comme nécessitant au moins quatre grandes étapes formant chacune une campagne distincte.

(1) Vers l'Inde. — Ghapelot, Paris, 1900.

La première campagne aurait pour objectif la prise de Hérat et la construction dune voie ferrée de Samarkand vers l'Amou-Daria, dans la direction de Mazari-Ghérif, de façon à préparer sur ce point une nouvelle base pour l'invasion de l'Afghanistan du Nord. Celle-ci serait réalisée lors de la deuxième campagne qui se terminerait par l'établissement d'une base d'opérations sur la ligne de Caboul- Ghazni-Kandahar. La troisième campagne serait consacrée à conquérir les régions de l'ouest de l'Indus. La quatrième campagne, enfin, permettrait de réaliser l'invasion de llnde proprement dite.

Afin de saisir dans leur vérité l'ensemble des difficultés que les Russes auraient à surmonter successivement, étudions les opérations qu'ils auraient à réussir au cours de chacune de ces campagnes.

Première campagne.

La prise de Hérat s'impose comme but. Les bases des troupes du tsar pour cette tâche sont le Turkestan russe et la province transcapienne qui est la base fondamentale. De ces bases, seulement deux routes praticables à de grandes masses militaires mènent vers l'Inde.

L'une, par Hérat et Kandahar, est partout praticable aux voitures et à l'artillerie; elle traverse des régions où les approvisionnements sont relativement faciles.

La seconde par Boukhara, Balkh, Mazari-Ghérif, Bamian, Caboul, Peshawer, n'est constituée dans toute la colossale partie montagneuse de l'Hindou-Kouch que par un sentier muletier qu'on rendrait difficilement praticable aux voitures.

Toutes les autres voies d'accès aux Indes ne peuvent servir qu'à des opérations secondaires.

Par Hérat passe donc la seule grande route vers les Indes. L'importance extrême de ce point n'est pas niable. Des routes le relient non seulement à l'Indus par l'Afghanistan et le Béloutchistan, mais encore à la Perse, et

par la Perse au Caucase et à l'Asie Mineure. Hérat commande une bonne partie de l'Afghanistan et est au centre d'une riche province favorable pour les approvisionnements d'une armée. D'ailleurs, sa capture par les Russes ne semblerait pas devoir présenter de très grandes difficultés.

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