PREMIÈRE CAMPAGNE
Gomme on l'a vu, Kouchk, station russe sur le Transcaspien à voie normale russe, n'est qu'à 110 kilomètres de Hérat, et c'est là qu'a été concentré le matériel d'un chemin de fer à voie étroite qui est tout prêt à être posé sur la route ordinaire des caravanes. Mais comme il est probable que ce mode de transport ne pourrait être utilement employé dès le début des opérations, il faut compter huit
jours pour qu'une armée russe, partie de Kouchk avec ses impedimenta, puisse arriver sous les murs de Hérat.
Comme, pour prévenir les Anglais, la rapidité de l'exécution importe avant tout, les Russes ne pourraient compter réunir contre Hérat une importante artillerie de siège. Il leur faudrait donc tenter une opération de vive force. Hérat étant, croit-on, défendu par 10.000 hommes assez mal pourvus d'artillerie, l'auteur russe estime qu'il faudrait donner l'assaut avec 20.000 hommes. Si ce coup de force échouait, on devrait alors recourir à un siège régulier pouvant durer deux ou trois mois. Cette immobilisation de l'armée russe devant le premier obstacle serait fort dangereuse, car elle donnerait aux Anglais le temps de marcher au secours de la place.
Par contre, si les Russes réussissaient dès le début, une entreprise des Anglais pour reprendre Hérat serait des plus risquées, 640 kilomètres séparant cette ville afghane de New-Ghaman, le point terminus du chemin de fer britannique.
D'après les calculs de Lebedev, il faudrait près de deux mois pour qu'une armée anglaise de 50.000 hommes, dotée de ses moyens de transport et de ses approvisionnements de réserve, soit prête à marcher sur Hérat; de telle sorte qu'en y arrivant, elle trouverait vraisemblablement la ville occupée par 50.000 hommes de troupes russes choisies et établies sur leur base même puisque, par hypothèse, la ligne de Kouchk à Hérat aurait été construite dès les premiers jours de la campagne. Une attaque russe de flanc dirigée de Perse par le Khorassan, par Kaf, Sebzevar et Ferrah, pourrait transformer en désastre une défaite anglaise sous Hérat.
Il importe enfin de considérer que, dans cette lutte de rapidité des Anglais et des Russes vers Hérat, intervient pour une part très notable la netteté de décision propre -aux gouvernement de Londres et de Saint-Pétersbourg. A
cet égard, l'avantage se trouve très nettement marqué du côté britannique.
Deuxième campagne.
Les Russes étant supposés à Hérat, la deuxième campagne a pour but de les rendre maîtres de la ligne de Caboul à Kandahar. Les -Russes doivent donc soumettre l'Afghanistan, soit qu'ils y parviennent par la force, opéra-
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