‹ Le monde extérieurChapitre 17 sur 54 · I. Lange, Hist. du Mat., p · texte numérisé non relu

I. Lange, Hist. du Mat., p

ment même en niant la spiritualité de l'âme, on peut se tirer des sophismes de Berkeley. Et d'ailleurs, en un autre endroit, d'Holbach, dans une note de son livre, avoue que ce système, le plus extravagant de tous, est aussi le plus irréfutable. Et Diderot, plus sincère et plus pénétrant que d'Holbach, a remarqué très justement dans sa lettre sur les aveugles, que la fameuse déclaration de Condillac, celle que nous avons citée plus haut, donnait pleinement raison à Berkeley.

Contre cette étrange et embarrassante opinion, l'École écossaise faisait appel au sens commun ; mais elle en reconnaît quelquefois, et en montre toujours l'impuissance.

« Descartes, Malebranche et Locke, disait Reid, ont employé tout leur génie à prouver l'existence du monde matériel, et il paraît qu'ils Font fait avec peu de succès... On devait penser que la preuve de cette vérité serait aisée et à la portée de tout le monde : au contraire, elle est précisément ce qu'il y a de plus difficile à comprendre. Ces trois grands hommes, avec toute la bonne volonté possible, n'ont jamais été capables de tirer, des trésors de la philosophie, un seul argument propre à convaincre un homme qui sait raisonner de l'existence d'un seul des corps qui l'environnent 1 . »

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