‹ Le monde extérieurChapitre 2 sur 54 · DB5T8 COCHIN · texte numérisé non relu

DB5T8 COCHIN

i* LE MONDE EXTÉHIEUR

monde. A une autre âme, la nature parlerait un autre langage. L'univers créé comme nous, existe aussi bien que nous. Mais cette sombre machine ne s'éclaire que pour nous et par nous ; notre âme porte avec elle sa lumière.

Ce système nous paraît heureusement défini par un nom que Stuart Mill a choisi : Cosmothelic Ideal'ism, l'idéalisme qui pose cependant en principe l'existence d'un univers extérieur à nous. La critique montre que cet univers existe. Elle montre aussi, qu'une très petite partie des faits matériels étant perceptible, la réalité matérielle dégagée de la sensation, dépasse, sans cesse, le monde de nos sensations, et s'étend dans des régions où celles-ci s'éteignent.

Avant de commencer cette étude critique de la matière, nous avons essayé de montrer comment les hommes, en cherchant l'unité, ont été portés à nier tantôt la matière et tantôt l'esprit.

« Le caractère de la philosophie antique, est d'être naïvement objective..., a dit le professeur Ludwig Noire, dans son introduction historique à la Critique de la Raison pure de Kant 1 . Même l'œuvre la plus haute de cette philosophie, l'idéalisme platonicien n'est point exempt de ce reproche : il conçoit l'âme capable d'apercevoir les idées dans leur pureté; mais il attribue aux idées une réalité objective. »

« Dans ses commencements enfantins, ajoute un peu plus loin le même auteur, la philosophie des Grecs revêtit toutes les formes du naturalisme : les principes de l'univers furent cherchés dans l'eau, l'air ou le feu... Enfin, les Éléates furent les premiers qui s'efforcèrent de placer l'unité au sommet d'une théorie de l'univers. »

i. Noire. Traduction de Max Muller, p. 9.

D'autre pari, nous trouvons dans la savante et éloquente étude de M. Barthélemy-Saint-Hilaire sur les Origines de la philosophie grecque*, le passage suivant :

« Le premier coup d'oeil jeté sur la nature au milieu de laquelle nous vivons, nous en montre tout d'abord l'unité * ce n'est que plus tard et par l'effort de l'analyse, que nous distinguons des parties diverses dans cet ensemble et dans cette totalité dont la splendeur nous éblouit, et dont l'étendue nous frappe et nous déconcerte. L'Inde soit antérieure, soit postérieure à la philosophie grecque, n'a jamais pu sortir de celte impression accablante de l'unité; elle s'y est absorbée tout entière et la science proprement dite lui est demeurée absolument étrangère, durant toute son existence. Des théories plus ou moins hardies, des intuitions plus ou moins raisonnables sur le principe universel des choses, jamais d'études spéciales et positives sur les phénomènes naturels, tel est l'écueil et la grandeur du génie indien. On ne trouve rien de plus dans les Védas, les Brahmanas, les Oupanishads, les épopées, les codes, et même dans les Darçanas philosophiques.

« Mais, pour le génie grec, il a su éviter cette

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