Viol le. Physique
en mouvement et des objets en repos. Et le plus souvent de beaucoup en repos.
La terre remue : Galilée nous Ta appris. Mais les hommes s'en aperçoivent si peu que tous haussèrent les épaules à cette nouvelle et Galilée fut jugé fou, au nom de la sensation, avant que la raison n'eût trouvé le temps de le proclamer sage.
Le mouvement est très rarement perceptible en la nature. Nous voyons, à la vérité, l'eau couler plus ou moins vite, en cascade ou en rivière, le long des pentes du sol.
Nous avons conscience de la course de l'air quand des torrents de cette matière invisible se précipitent de l'équateur vers les pôles, rasant la croûte durcie du globe, et agitant, à la surface, les lourdes eaux de la mer.
Mais le repos est l'état normal, en apparence, des objets qui nous environnent. Où est le mouvement? Dans les corps vivants? Ils tiennent peu de place dans le monde. Leur agitation ne se voit que dans les fourmilières, ou dans les villes. Encore faut-il les contempler de près. Montez sur un lieu élevé et regardez les villes; dans Paris même, n'était le bruit confus qui s'élève, rien n'annonce l'agitation. Et ce bruit, vous l'entendez de Montmartre. Contemplée de Clamart, la grande capitale est aussi morte et silencieuse
que Palmyre ou Pompéi. Notre tumulte ne s'étend pas loin.
La campagne, les arbres, les champs, les rochers donnent l'image du repos. Si deux bœufs avancent le long d'un sillon, à peine les voyez-vous remuer. Tout est immobile dans la nature, ou du moins c'est ainsi qu'elle se montre à à nous. Ses lents travaux, comme le dépôt des couches géologiques ; ses travaux plus rapides comme la poussée de l'herbe dans les champs, échappent également à notre vue. Les astres cheminent dans le ciel avec d'incroyables vitesses, mais les voyons-nous courir ? Moins que nous ne voyons avancer sur le cadran, la petite aiguille de l'horloge ; et pour être témoin de leur ascension au-dessus de l'horizon, il faut passer de longues heures de nuit à les observer. Et cependant, disent les physiciens, le mouvement et la matière ne sont jamais séparés dans la réalité pure. L'un n'existe pas sans l'autre.
- Voici, maintenant, comment parle un philosophe : « La scolastique, dit M. Lemoine 1 , a souvent imaginé des forces qui n'étaient pas des substances, entités chimériques, vertus plastiques, coërcitrices, vivifiques, morbifiques, s'ajou-