Van J'Hoff. Stéréochimie
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de Colophon, sa patrie. On ignore les causes de sa disgrâce. Il alla à Zanle, puis en Sicile, à Catane, enfin à Elée dans la grande Grèce, où il vécut pauvre et mourut plus que centenaire.
Pylhagore était devenu alors plus qu'un maître révéré, une sorte de chef religieux. Ses disciples dédaignaient les discussions, et ne rompaient le silence obligé que pour laisser tomber devant leurs contradicteurs ces mots : « otuxài iy*. » Lui-même Ta dit. 11 leur imposait, paraît-il, la vie commune, avec les austérités du cloître, et fondait de vraies lamaseries, comme Confucius. Et la secte fut riche et puissante dès le début et pendant plusieurs siècles, car elle comptait de grands personnages : Arésas, disciple de Pythagore lui-même, Philolaûs, qui rédigea les leçons d'Arésas et vendit son livre pour cent mines à Platon ; Archytas, qui fut sept fois stratège de Tarente, sa patrie.
Exilé, pauvre et vieux, chassé d'une patrie qui avait eu son temps de gloire, mais était tombée sous le joug des Lydiens, Xénophane exerça sa verve contre toutes les orthodoxies et attaqua l'école officielle de Pythagore. Il avait maltraité aussi l'idolâtrie officielle et le culte des dieux à figure humaine. Il disait (le passage a été recueilli dans les Stromates de Clément d'Alexandrie) : « Les dieux thraces ont les cheveux rouges
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et les yeux bleus. Les dieux éthiopiens ont le nez
camus et le teint noir Si les chevaux et les
bœufs savaient peindre, ils auraient peint des dieux, bœufs ou chevaux. »
Sa prétention d'être un homme de sens, remettant chaque chose à sa place, le conduisit à de singulières erreurs. Il rejetait bien loin l'idée d'une terre sphérique: pour lui, la terre était plate : sous nos pieds, ses racines descendaient à l'infini, de même que l'air montait à l'infini sur nos têtes.
Les fragments qui restent de Xénophane, les débris de son poème sur la nature, (mpl cpwraaç), écrit à quatre-vingt-douze ans, prouvent qu'il adora un être unique, éternel : être unique, parce que la toute-puissance, l'excellence absolue ne peuvent être partagées; être éternel, parce qu'il est unique et n'a pu avoir été engendré par un autre.
L'être unique, l'unité : telle est la conception qui caractérise l'école d'Élée. Oui, disaient les Eléates à Pythagore, tous les volumes se résolvent en surfaces, toutes les surfaces en lignes, toutes les lignes en un point : mais alors ce point seul existe; ce point unique c'est l'univers. De même, il n'y a qu'un nombre, l'unité. Tous les nombres premiers et tous les multiples d'autres nombres
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ne sont que des répétitions du nombre un, qui seul existe.
Un idéalisme absolu satisfait à la conception unitaire des Éléates : ils ne peuvent admettre les deux éléments esprit et matière, et l'univers ne consiste pour eux que dans l'élément esprit.
Ainsi raisonne Parménide : « Ce qui n est pas devant les yeux, dit-il, contemple-le pourtant comme sûrement présent à ton esprit... Ce qui est ne peut être séparé de ce qui est \
« C'est une même chose, le penser et ce dont est la pensée 1 .
« Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n'est pas. Tu ne peux le saisir, ni l'exprimer, car le penser et l'être sont une même chose 3 . »
L'âme n'est plus placée en face des objets extérieurs ; elle se confond avec eux. Et elle perd toute individualité.
Dans la sphère idéale de l'univers, les âmes sont comme des points de la surface, parties imperceptibles de l'ensemble, également bien placées pour le voir, c'est-à-dire pour se voir elles-mêmes; et sans distinction entre elles.