‹ Le Monde fantastiqueChapitre 33 sur 104 · ZZ73^3Q · texte numérisé non relu

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couchi Ik; mais le dessus du lit paraissait vide; videsaussi le dessous et les deux ruelles.

La pritendue apparition n'6tait done qu'une hallucination.

C'est ce que pensa du moins le Tilnisien, qui, aprfes avoir fennfe les rideaux, se h&ta de congidier ses esclaves.

. Dfes qu'il fut seul, il ouvrit une des deux fenfetres faisant face k Testrade, et termin6e par un balustre qui conununiquait avec les jardins.

L'atniosphfere 6tait chaude et pesante, comme aux approches d'un orage, et, k rhorizon, de gros nuages d'un gris teme, z6br6s de blanc, s*amassaient peu k peu dans le ciel.

A travers leurs 6paisses vapeurs, on apercevait le visage blafard de la lune dont les yeux rougis semblaient pleurer du sang.

Un calme funfebre rignait dans le pare, qui avec ses longues allies d'ifs et de cypres, ofFrait quelque ressemblance avec un cimetifere. •

Le silence de la nuit fut tout k coup rompu par un bruit 16ger, et presque insaisissable mfeme, k cause de Tiloignement ; on eut dit le cri d'un animal de niinime taille, se faisant entendre au milieu des bois.

— Voili le signal que m'avait promis Horam, se dit Hakim ; allons, il est ' temps d'agir. j

Et descendant Tescalier qui faisait suite au balustre, il commen^a son voyage au milieu du pare. /

Apths avoir traversi maintes avenues, et enjambi maims foss6s, il entra dans une espfece de hallier iormh par de jeunes plants de bouleaux et de trembles, mais il s'arrfeta tout k coup en entendant derrifere lui les pas de deux personnes. [

Risolu k tout, il enveloppa son bras gauche autour de son manteau, tira son khandjiar et fit brusquement volte-face, afin de punir de leur indiscretion les curieux attaches k sa piste.

11 ne vit personne, et si, comme il I'avait cru d'abord, il eAt hh suivi, il lui aurait kit impossible, en se retoumant, de ne pas voir les personnes qui le suivaient, le hallier se trouvant placi k Textrimiti d'une verte pelouse qu'iclairaient trfes-suffisamment les rayons de la lune.

Souriant intirieuremenc de cette miprise, le Tunisien poursuivit sa route, et se heurta bientdt contre les poteaux d'une palissade.

— C'est bien li, dit-il, Tenclos que m'a disigni mon ami Tipagneul, et dans lequel, suivant lui, Ai'chah est retenue captive. Escaladons ce retranchement k la force du poignet.

L' escalade fut longue et pinible k effectuer, car la cime de chaque poteau 6tait revfetue de griffes d'acier qui rendaient trfes-p6rilleuse une ascension de ce genre.

Toutefois, et gr4ce k son agilitfe corporelle, le Tunisien parvint sain et sauf dans Tenclos.

II fut d'aiUeurs amplement ricompens6 de sa perseverance en apercevant

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tout d'abord k quelques pas de lui la girafe blanche, dont la tfete juchie au bout d*un cou ph6nom6nal dipassait les citronniers et les cocotiers voisins.

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