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CHAPITRE XII

Conclusion.

is que la colombe eut emporti le consentement de la reine, celle-ci sortit et aper^ut sur la pelouse du jardin un beau cheval tout hamach6. Elle s'danfa sur son dos, arracha une branche d'arbre pour s'ert

Lc DugidcQ Icnait UD tuyau flexible dont I'autre bouE plongeait dans !a i£te de la femme. (Page iiS.)

senitr comme de cravache, et mit le cheval au galop, esp^rant arriver assez t6t 3U chateau pour emp£cher le mariage de Simpllde. Elle regrettait d'avoir donn^ son consentemeat avec trop de precipitation. Mais le cheval, qu'eUe ne

FELICIO, OU LA FLUTE ENCHANTEE.

pouvait dinger, la conduisit au palais de la f6e. Celle-ci la retint pendf Qt deux jours, et employa toute son Eloquence pour la faire consentir de bonne grice et sans arrifere-pens6e au bonheur des deux amants. La reine se montra inflexible. 4t

Elle partit enfin, et arriva vers le milieu du jour k la residence royale. Le soldat placi en sentinelle b, la porte du chateau lui en refusa Tentrie. Furieuse, la reine lui cingla i travers le visage un grand coup de la baguette qu'elle tenait i la main, en s'icriant :

— Miserable ! tu oses arrfiter la reine ! . . .

Le soldat cria aux armes, le poste sortit, et Tofficier qui le commandait ne recontiaissant point sa souveraine dans cette femAie qu'il prit pour une folic, ordonna qu'elle ftlt conduite en prison. La reine entra alors dans un tel zcchs de fureur, qu'elle |tomba frappfee d'un coup de sang. On la releva, elle 6tait morte.

D convient d'expliquer ppurquoi le soldat et I'officier n'avaient pas reconnu la reine. Pendant son long s6jour i la maisonnette des boisjt la reine, habitude Jise faire servir, n'avait pris aucun soin desa personne. Son vi^ge ^fiit devenu noir de crasse, ses v&tements itaient us6$ et avaient perdu leur coul<?qr primitive. Elle a!^vait pas mfeme song6 k changer de liftge une-seule fois.v

Cependatlt on informa le roi de ce qui venait -de se passer aux portes du chateau, et.wmme on lui dit que cette femme en dimence avait pritendu etre la reine, il 4escendit en toute hite et recontiut, non sans peine, les traits de sa malheigreuBe Spouse. II la pleura sincirement, ^rar sa bonti 6tait telle qu'il s'y 6tait attach^, comme Tesclave s'attache quel(^uefois au maltre qui Topprime. II lui fit rendre les derniers honneur^ diis k son rang, et; comme depuis longtefDps lei poids de la couronne le fatlgtiaiti il abdiqua en faveur du prince lawn, devejau Tfepoux de Superbe. Le bon rbi ne se riserva qvi'un seul de ses sept dj&tseaw?? et une liste civile toute modeste. Ses pro jets de mariage avec FlorioKDiide iurent repris et ajoumis aprfes le nouveau deuilque prit la cour. La difftren^je d'4ge 6tait trop grande pour que FlorimondQ;put iprouver un v6ritablQ,:aWQur pour le roi, mais elle avait pour lui cette tendre affection qu'une jeun^ fiUe porte Jr un aieul vfendrable, et c'est-sans regret, qu'elle se consacrait k faire le bonheur de cet excellent prince.

Dfes que le mariage fut. cfel6br6, le roi voulut se rendre aupr^s de sa chfcre Simplicie. II satisfaisait ainsi le plus vif disir de Florimonde. II serait difficile de dScrire les transports de joie qu'6prouvirent le pfere et la fille en se revoyant. Les deux amies vers^rent des larmes d'attendrissement en se serrant dans les bras Tune de I'autre. Que de choses on avait i se raconter ! Simplicie, dans sa joie naive, conduisit Florimonde dans son jardin, dans son verger, dans ses itables, dans sa basse-cour, leur montrant ses abeilles diligentes, ses blanches brebis, ses belles ginisses, ses poules caqueteuses, ses jolis pigeons. Tous ces bons animaux la connaissaient et venaient familiferement bourdonner, bondir, folitrer ou roucouler autour d'elle.

Le bon roi se trouvait si lieureux de cette vie simple et d'etre affranchi des lois de rttiquette, qu'il r^solut de ne plus retoumer en Bohfime, D acheta dans les environs un joli chateau, et il v^cut encore de longues ann^es au milieu de ses enfwts et de ses descendants.

Car Filicio et Simplicie eurem beaucoup d'enfants.

Et, quand assis devant la porte du chalet, entre sa chire Florimonde el sa douce Simplicie, il faJsait sauter ses petits-fils sur ses genoux, it ne manquait jamais de dire qu'il 6tait cent fois plus heureux qu'un roi.

PIN DE FkiaO, OU LA FLUTE EHCHANT^E.

Les Aventures MERVEILLEUSES

DU PRINCE POLTRONNET

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