‹ Le monde microscopique des eauxChapitre 13 sur 36 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

r,’ ANIMALITÉ INDÉFINIE.

Les Animaux-Plantes. — La vie microscopique dans l’eau revêt les formes les plus ipizarres et les plus- insolites; quoiqu’elle soit dus riche que la vie végétale, elle lui emprunte dans beaucoup de cas ses caractères principaux , qu’elle semble s’assimiler. Elle (incorpore en elle avec une désespérante inimité pour les classificateurs.

Envoyant les Zoophytes et les Protozoaires, n est amené , à première inspection , à les engager comme végétaux , puisqu’ils semblent 1 a uni tous les attributs. Ne dirait-on pas *e les Polypiers, aux ramifications ciliées, sont -ïs végétaux avec leurs branches? On les a | eme souvent confondus avec des Conferves. î i encore, sous ces états d’extrême simplicité, existe une grande variété.

98 T, A VIE ANIMALE DANS L’EAU

Chez les Infusoires , on rencontre des exemples d’animalité végétative ou d’animalité tellement léthargique que les points de contact avec le végétal sont difficilement déterminables. Ce Yolvox globator est., parmi les infusoires de cette espèce, l’exemple le plus connu. Le Yolvox a la forme d’une sphère régulière et translucide, sur laquelle sont agglomérés une infinité de petits globules verts, se détachant sur un fond en résille. Ces taches sont ce que les algologues nom-

FlK. 21. — Infusoire vé- men| spOVfiS, IUaSS6S 011101jetant, i Volvo, r globator 1

(avec «oospore» d-'in- phes , qui servent à la propagation de l’espèce, sans qu’on puisse préciser avec certitude quel est leur mode d’action. A un certain point de maturité, ils se désagrègent; les petits corps verdâtres, qui n’ont pas un millimètre de diamètre, s’enfuient dans l’eau comme des Monades; ces infusoires naissants ont-ils la propriété de procréer d’autres Yolvox, ou le Yolvox est-il omis

l’animalité indéfinie.

des sujets indépendants? Leeuwenhœk , ce ipremier et consciencieux observateur des infusoires, décrit ainsi ce qu’il avait vu : « Ayant t'enfermé dans un tube de verre deux Volvox contenant chacun cinq globules plus petits, et un troisième contenant chacun sept globules plus grands, on vit, quatre jours après, que la membrane interne des deux premiers était transparente; elle se déchira, et les dix petits globules inclus tournoyaient dans l’eau. Au bout de trois jours, le Volvox plus petit que les i rois autres avait augmenté de volume, et Von pouvait distinguer d’autres particules naissantes. »

Dans les derniers représentants du règne imimal, il existe encore beaucoup de points à ■ lucider, sur la place que l’on doit leur attri—

1 uer. Dans les eaux douces stagnantes, on remarque, pourvu qu’on ait fait une observation desimpie curieux, de petits corps jau- 1 âtres renflés au milieu et affinés vers les extrémités ; ce sont des Ncivicules. Ehrenberg, grand physiologiste de la vie protozoïque.

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les classe comme infusoires; Kutzing, dans son Species Alcjamm , les classe dans les Diatomacées. Elles ont, en réalité, les deux caractères réunis , bien définis de part et d autre. La vie animale.se traduit par la faculté de se mouvoir, et, dans leur nature végétale, elles ont tous les indi—

l'iK- 22. —Diverse# Navimlcs des ppg dp, la cUlSSe deS Dlcl-

lomées (dicc, à travers; TEUVLO, je coupe). Comme on les trouve tantôt indépendantes , tantôt groupées en faisceaux et en ramilles, on est en droit d’admettre di vers étals successifs, mal définis peut-etre, mais par lesquels elles passent successivement et ostensiblement.

Ce que c'est que l'Eponge. - U place a donner aux Éponges a été un sujet de contestation

prolongé; elle est naturelle, puisqu elles m-

ment un point de contact et de transition entre

l’animalité INDÉFINIE. lui

le végétal et l’animal. Dans leur organisation (dégradée , elle n’ont de l’animalité que la reproduction d’œufs, qui donnent naissance à ides larves ciliées. Ces larves, après avoir na- -gé quelque temps au ■moyen de leurs cils,

^e fixent sur un oorps (étranger quelconque ,

(deviennent immobiles,

>se déforment et perdent tiout leur mouvement' 1 1S- -3- ~ Si,ictilus d'Éponge utoi

5 Ides et aciculuires.

(•commence alors la sé-

1 16 des métamorphoses où le végétal et l’ani- "nal s’enlacent étroitement. On a voulu considérer les Spongiaires comme des agglomérations d infusoires protophytes, qui passeraient He l’état animal à l’état végétal ; car les miirographes y ont reconnu des concrétions parmeulières qui résultent de la fixation des cils l'es larves ou infusoires. Au printemps, des essaims de larves surgissent à l’extérieur de éponge; les courants les entraînent et leur

font subir leur métamorphose sur les corps auxquels ils peuvent se fixer par leurs cils. Pendant la première époque de la croissance, les canaux interstitiels commencent pai de pe tits pores à la surface et se terminent par des évents; au moyen de ces deinieis, il s éta

blit un courant, qui continue, pendant toute la vie de l’Éponge, a apporter des particules alimentaires. Mors l’être a perdu sa mobilité et parait a nos yeux comme une masse inerte.

Dans la substance des Éponges d’eau salee examinées au microscope, on voit que les par-

L A i\ 1 M A L I T É J N UK FINIE. JUo

celles sont munies de filaments très-minces, flui renferment des granules, que l’on suppose «tre des œufs reproducteurs; ce sont les Spiculés, corps très-variables dans leur conformation, tantôt en aiguilles, tantôt étoilés, lôantôt très-irréguliers; leurs dimensions sont ■egalement modifiées suivant les espèces; le olus généralement, il faut un pouivoiramplificateur très-grand pour wouvoir les discerner. Leur na- 'ure est a la fois gélatineuse et (membraneuse et, de plus, siliceuse, puisqu’elle résiste à l’ac- 1 i°n de 1 acide nitrique; quelque- (ois, au lieu d’être diaphane, elle est légèrement colorée.

On retrouve dans les Holothu-

:es également des corps siliceux, I’’ig. 25. — Corps si- |mi ont une certaine analogie avec "s sPicules ^ Éponge. Quand on tZ i laissé macérer l’épiderme jus-

"J’a décomposition, on voit, après que des images répétés ont enlevé les matières étran-

lUi

LA VIE ANIMALE DANS L’EAU

gères, des particules siliceuses en forme d’ancre ( Synapta ). Les branches sont soudées à un pédicule ou plate-forme perforé d’un nombre de trous symétriques dentelés sur leurs bords, suivant un angle toujours constant.

Les sondages ramènent souvent des spiculés d’Éponge de grande dimension ; dans les mers de Chine notamment, on en rencontre qui sont a trois branches, et dont la grandeur est telle qu’une simple loupe sutlit pour les discerner.

La faculté d’assèchement des Éponges réside

dans la multiplicité des fibres poreuses résistantes, qui, par leur nature hygrométrique et leur capillarité, les rend avides d’eau. La surface et l’intérieur sont perforés de grandes ou-

vertures, dont les ramifications sont successivement décroissantes, ayant une certaine ies-j

semblance avec les rameaux des végétaux su-j périeurs. Leur porosité est très- variable comme structure; elle dépend des localités mannes où elles croissent ; elles changent aussi de naj ture par f agrégation toujours compliquée des cils, des libres, des œufs et du sable, qui

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