‹ Le monde microscopique des eauxChapitre 15 sur 36 · I.’ ANIMALITÉ INDÉFINIE · texte numérisé non relu

I.’ ANIMALITÉ INDÉFINIE

ssur l’eau. Ainsi la vie animale fleurit. L’exitrémité antérieure est disposée de façon à [pouvoir se fixer très-solidement aux corps eétrangers. La vie animale, parvenue à son (terme, se retire petit à petit; elle se métaunorphose en minéral par la propriété que [possède le Corail d’acquérir une consistance Ipierreuse suffisante pour constituer un large i ?alcaire, qui s’accroît indéfiniment par des générations successives et rapides de ces memes IPolypes.

l.a prodigieuse reproduction du corail s’oipère par des œufs logés au fond de la cavité «intérieure; il en existe une grande variété «non-seulement à cause des croisements qui S’opèrent dans le mélange de ces œufs du à l 'action des courants et agitations de l’eau . nnais encore aussi à cause de la multiplication par bouture; comme pour les végétaux, il >sufiit d’un fragment placé dans des conditions | convenables pour reprocréer un individu sem- \ fiable. Cette singulière propriété fait supposer mue le corps de ces animalcules est de même

•HO LA VTE ANIMALE D'ANS T.’eAU.

texture dans toute son étendue, et que toutes ses parties sont susceptibles des mêmes transformations; on ne peut y trouver aucune matière osseuse, ni une enveloppe solide ayant un rapport avec la structure des insectes ou des crustacés; tout y est membraneux, et aussi élémentaire que le permettent les fonctions de la nutrition.

Les Coraux ne vivent pas isolément dans les eaux, leur frêle nature ne résisterait pas au choc des vagues et au frottement contre les corps durs; il leur faut un lieu de retiaite sûr, d’où ils fassent librement sortir leurs tentacules pour chercher leur nourriture. Mais ces demeures individuelles seraient elles-mêmes trop destructibles, si elles n étaient, réunies en grandes agglomérations; elles puisent leur force dans leur réunion; mises en contact les unes avec les autres, en assez grand nombre pour former un corps capable de résistance, elles se soutiennent mutuellement.

Le Corail vivant est très-gracieux; les» pallies calcaires se trouvent entièrement recou-

l’animalité indéfinie.

vertes d’une écorce molle demi-transparente d’un rouge vif. De côté et d’autre on aperçoit sur cette écorce de petits mamelons, qui semblent percés à leur centre d’un petit trou d’oii rayonnent huit légers sillons. En plaçant cette branche dans l'eau de mer pure, en l'y suspendant la pointe en bas, qn voit bientôt les mamelons se gonfler; le trou central s’ouvre peu à peu, les sillons se redressent, une petite boule blanche paraît : quelques minutes eni core , et une charmante et délicate fleur du I blanc le plus pur sera épanouie. L’incarnat de la branche et le blanc opalescent de la i fleur se fondent agréablement l’un avec l’au- I tre ; tout cela est si délicat qu’on ne peut y i toucher. Les huit pétales sont tous barbillés •sur leurs bords, et forment en quelque sorte la (corolle de la fleur; ils ont d’ordinaire de 2 à : 3 millimètres de long. Au centre de l’étoile formi ée par ces bras., se trouve la bouche, seul ori- 'fice du corps de l’animal. Cette jolie petite créature n’est pas aussi inoflensive qu’on pourrait le croire, elle se nourrit de chair; ses liras

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sont armés d’une multitude de flèches empoisonnées. flexibles, qu’il peut à volonté tenir en dehors ou conserver roulées en spirale dans l’intérieur de cellules spéciales; quand l’une de ces flèches est détruite, une autre aussitôt la remplace. La sensibilité est très-grande; touchez, meme légèrement, un sujet épanoui, il retourne aussi les barbules de ses bras sur eux-mêmes, comme les doigts d’un gant, et il se cache dans son intérieur. Ces bras affectent le même mouvement, se retirent dans le corps, qui à son tour se rétracte et s abrite sur les tissus environnants. Les bords de 1 orifice par lesquels la Heur est sortie se rapprochent alors, et en un clin d’inil la branche fleurie a disparu; il semblerait que l’hiver ait subitement succédé au printemps. Quand on brise une branche de Corail vivant, on voit suinter par la plaie un liquide blanc, que M. Lacaze- Duthiers pense être du sang ou un fluide vital. Il circule dans un système de vaisseaux commun à toute la colonie. Le même observateur y a trouvé des mâles et des femelles; du mois

L’A N T M’A LT T K INDÉFINIE. /li?t

de mai au mois d’octobre, les femelles donnent naissance aux jeunes, qui sortent tout vivants de 1 ouverture buccale de leur mère. Ce sont autant de petits vers blancs comme des cils; ils nagent a reculons, et au bout de quelque temps, ces larves se fixent par leur base, et la nouvelle colonie commence son évolution. Les larves deviennent bientôt des étoiles, qui bourgeonnent, et en peu de temps le Polype se trouve constitué. Sa porlion solide, employée en bijouterie, résulte simplement de l’accollement d’innombrables particules calcaires, déterminées par les tissus de jeunes animalcules et qui se trouvent ainsi dans toute l’étendue de lecorce du Polypier parfait.

« Sous 1 influence d’une température élevée, au milieu des Ilots tièdes et surchargés de sels, l’imperceptible architecte est constamment à l’œuvre. Il extrait de la goutte d’eau qu’il habite la partie minérale qui va servir à construire son palais de corail. Il s’empare des élé—

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ments solides, surtout des substances calcaires que chassent les courants ; il les élabore, les triture dans un estomac annulaire d’une inconcevable puissance; il les absorbe enfin et se les assimile en les transformant en perles, en coquilles et en bancs de coraux, dont les innombrables ramifications embrassent et recouvrent le fond des mers soumises à l’action des tropiques. Dans de pareilles conditions, le travail des Madrépores est incessant. Leurs cellules se multiplient, leurs habitations se groupent, s’enchevêtrent, se superposent en couches épaisses et profondes; elles atteignent enlin la surface, et arrivées en ce point quelles ne peuvent franchir, elles sont destinées à servir de base à de nouvelles îles, a de nouveaux archipels et à de nouveaux continents peut-être. »

Félix Julien.

( Commentaires d’un marin.)

Il y a beaucoup de sortes de Corail; la bijouterie recherche celui qui a une belle teinte

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