I02 HISTOIRE UNIVERSELLE
» — Ecoutez , mes enfans , et vous serez au «fait.
» Quand Dieu eut créé le premier homme, »la terre fut bientôt peuplée. Les hommes,
• devenus nombreux, ne purent plus tous »se connaître, ni s'aimer, ni vivre en com- »mun. Tous n'étaient pas également bons, » tous n'aimaient pas également à travailler ; » alors il fut dit que chacun profiterait exclu- » sivementde son travail. Puis, comme l'homme
• laborieux et prudent amassait pour le len- » demain , et que la mort le venait quelque- » fois surprendre avant la venue de ce lende- » main , il fut dit que ce que le laborieux avait » mis en réserve appartiendrait à ses enfans : il »se trouva que les paresseux furent plus forts » et plus hardis que les laborieux ; ils se réunirent, s'armèrent et s'emparèrent des champs » cultivés; puis ils dirent à ceux à qui ilsfai- » saient peur : Ces champs sont à nous...
» — Oh ! » s'écrièrent les enfans.
a — Ces champs sont à nous; Dieu nous ■ les a donnés : vous continuerez à les culti-
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îver; vous suerez à la peine, et, en récom* t pense , nous vous laisserons prendre une
• part des fruits ; le reste sera pour nous, »et les enfans de nos enfans en agiront de
• même avec les vôtres... — Ces hommes laborieux s'appelaient le peuple.
» — Et combien étaient-ils ?
■ — A peu près mille contre un.
» — Et ils ne se révoltaient pas !
» — Cela s'est vu quelquefois ; mais les pa- » resseux en prenaient plusieurs milliers à qui » ils donnaient des armes , et qui n'avaient pas » d'autre occupation que de surveiller le peuple
• et de le tuer quand il voulait se plaindre. » Ceux-là s'appelaient l'armée.
» On avait écrit toutes sortes de maximes
• contre ie peuple, et qu'on disait dictées » tantôt par Dieu , tantôt par la sagesse des » hommes. Ces maximes ou lois réglaient toutes »les actions de la société, et lorsque quel- » qu'un du peuple s'en écartait, on le punis-
• sait sévèrement pour épouvanter les autres.
» Les querelles des paresseux et du peuple