LA DÉMOCRATIE
Le caractère essentiel et fondamental du Monde Nouveau, ce n'est pas la Démocratie exclusive et égoïste de la Révolution, mais la Démocratie dans l'intérêt du peuple considéré en masse et comprenant grands et petits, riches et pauvres, comme Tentend M. E. Villedieu dans ses Deux Démocraties (1).
Le caractère essentiel et fondamental du Monde Nouveau, c'est le fonctionnement de tous en faveur de tous. C'est la bourgeoisie et la noblesse, à titres et sans titres, fonctionnant à leur profit et au profit du peuple. Et c'est aussi le fonctionnement du peuple à son profit et au profit delà bourgeoisie et de la noblesse.
C'est la bourgeoisie et la noblesse, employant leurs loisirs et leur superflu aux institutions utiles de prévoyance, de secours ou de bienfaisance et stimulant le peuple au travail, pat leur exemple et la mise en activité ou en exploitation de leurs capitaux.
Mais c'est aussi le peuple travaillant avec ardeur et
(1) Douniol, libraire.
LK MONDE NOUVEAU OU LE MOMDB DE jfcSUS-CHRIST. itl
énergie pour amasser des économies; s'organisant en corporationsoù en confréries, pour mettre ceg économies dans des caisse^ de prévoyance, de secours ou de retraites ; fanant de généreux efforts pour se passer de la bienfaisance de la bourgeoisie et fie la noblesse; prêtant main-forte à la bourgeoisie, à la noblesse et au pouvoir dans les séditions, plus nuisibles encore à la classe ouvrière qu'aux autres classes et absolument incompa*tibles avec la prospérité de ces corporations.
Ainsi le Monde Nouveau c'est le monde de laiiberté, de l'égalité et de la fraternité : le inonde du Travail honoré et récompensé ; ]e monde du Travail industriel, commercial, artistique, scientifique^ religieux aboutis* sant à la Gloire ou à la Noblesse qui représente la gloire dans le Monde Nouveau.
La Démocratie du Monde Nouveau, c'est donc la Noblesse ou la Gloire pour tous en perspective, le bâton de maréchal dans le sac du soldat, fils du paysan; l'hermine du grand chancelier dans le portefeuille de l'étudiant en droit, fils de l'ouvrier.
La Démocratie du Monde Nouveau, c'est la Noblesse à la portée de tous,, la Noblesse cMfquiseau prix dé la verlu, et comme récojoipense des labeurs soteiaux utiles ou productifs, entrepris en vue du bien général, en vue de l'échange des services, en vue de la ni^utualité ou de la réciprocité des bons offices.
La Démocratie du Monde Nouveau, c'est la Noblesse conquise en honorant sa profession, en accomplissant son devoir et en faisant le bien des autres.
i28 Ll MONDE NOUVEAU
Car tout est échange de bons offices dans les sociétés bien constituées, où celui qui fait des souliers rend service à celui qui les lui achète, et celui qui les achète à celui qui les a faits. Le Noble qui emploie généreusement sa fortune à des entreprises utiles fait vivre autant de ses frères du salaire de leur travail.
Tout cela bien compris, c'est de la vertu, et peut même s'élever jusqu'à la sainteté, si le motif est suffisamment relevé par le sentiment religieux et si, dans les offices rendus, il y a des sacrifices réciproques généreusement accomplis en vue de Dieu.
La Noblesse émane donc ici de la sainteté, ou tout au moins de la vertu. Quel monde que ce monde oîi tout aboutit à la Noblesse par la vertu !
C'est la Démocratie de Jésus-Christ, déjà à moitié réalisée, loin d'être une utopie, et dcmt le triomphe de l'Église fera un fait accompli.
Le monde païen et le monde christiano- païen étaient la négation de cette Démocratie. Ces deux misérables mondes étaient ainsi organisés que le règne du Christ y était impossible en grand, sous une forme nationale, sociale et humanitaire. Aussi voyez les atroces souffrances de l'Église au milieu de ces mondes de malédiction. Presque toujours vaincus en apparence, ses Saints étaient réduits à s'enfoncer dans le désert, ou à s'ensevelir dans les cloîtres pour fuir ces mondes de désola-
ou LE MONDS DE JÊ8IIS-CHIIIST. 129
tion et ils se déchiraient la poitrine avec des dents de fer afin de conjurer la colère do Dieu.
Tout dans ces mondes tournait à l'abus :Je travail à la mendicité, loisivetéàlaluxure, la propriété à Tégolsffle, la pauvreté à la révolte, la noblesse au privilège et à Faccaparement, -la monarchie au despotisme, la démocratie à l'anarchie.
Quels mondes déplorables que ces mondes de la Bête, où l'Église seule et surtout les Saints jouaient un rôle humilié mais glorieux !
Ces mondes sont finis. Dieu les a foudroyés en déchaînant les barbares et la /évolution. Qu'ils reposent en paix !
Mais ce n'est pas assez de leur chute. Le triomphe de l'Église et la mystification de la Bête, doivent encore venger les Saints de leur hunuliation de soixante siècles; et c'est au peuple ou à la démocratie qu'est dévolu le soin de la vengeance, laquelle sera digne dé Dieu , car ce sera la vengeance de la liberté, de i'égaUté et de la fraternité, ou l'exaltation du Christ, comme il aime à être exalté. Le Christ seul, en effet, peut donner à la démocraties forme, en ranimant de son Esprit : chose nécessaire! Quel mot ! L'Esprit de Dieu est nécessaire au monde au point où il e^t arrivé I
Qui donc chantera les miséricordes de Dieu ? Qui célébrera sa gloire ? H a combiné tous les mouvements de l'histoire, de manière à faire aboutirions les crimes, toutes les révoltes et toutes les abominations des hommes à ce résultat étrange, inconcevable de bonté, que
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le monde est fiai s'il ne se jette entre les bras du Christ!
Quelle mystification pour la Bète !
Quelle gloire pour Dieu !
Quelle mystificatioBi pour la Bètë ! En vôulaut placer les hommes dans cette iiicty)yablé aUernâtive de se^ dévorer entre eui:,« riches* «tpauvito/ ou dé s^^imeren frères, sa haine s'est tournée en confusion';
Car la démocratie qui est là, s'itti^osairt avec empire, avec le brtdi des grands tonnerres, ne ressemble en aucune façon à la démocratie des temps antiques, facile à conduire ou à réduire; peu exigeante d'ailleurs, isolée, faible et impuissante; n'ayant qu'une conscience' Vs^ue ^ d'une partie de ses droits ; ressemblant plutôt- à une humblei servante qu'à tiue Majesté ^«éditieiïse âMiTent, mais jamais révolutionnaire. - / ' ^
Mais ila démocratie des; teinps nouveaux a écrit sur son front cps mots aux conséquetices^apocaiyptiques : Liberté, égalité, fraternité, ou la mort. Elle s'est posée en Majesté souveraine, et, afia qu'on ne pût lui disputer ce titre, elle s^est appelée lè peuple, riches et pauvres, grands; Qt petits, sans acception de rangs, de classes et dQ.conditions, jetautÀ la face de Dieu le problème démocratique et social àrélsoudre^
La réponse de Dieu a été fort simple.. Il a l'épondo par toutes les fqudres de l'histoire à cette démocratie superbe : Résous-le toi-même, et si tu ne peux le résoudre, jette-toi dans notes br&$, et il sera rétolu; par ce mouvement même. i
ou LE MONDE DB JÈSUS-CBRIST. 131
On à voulu faire de Tégalité et de la fraternité sans christianisme. Quelle utopie ! Mais Fégalité dans l'ordre matériel, politique et social, c'est une diabolique chimère : il n*y a de possible que l'égalité devant là loi, et Fégalité devant Dieu. Or, si Ion scrute les profondeurs du cœur humain, on s'aperçoit bien vite, que même l'égalité devant là loi, sans lé Christ, est un vrai trompe-l'œil et iine insigne friponnerie.
IjC cœur humain est avide de grandeur et d'élévation, et rhomine, une fois riche et puissant, se sert de saf richesse et de sa puissance pour reconstituer Tiûégalilé sous une forme souvent plus dégoûtante; rieii: n'étant plus dégoûtant que de voir la misère obligée d'étaler ses plaies devant Tinsôlence du luxe, de la fortuné et du pouvoir mal acquis.
L'égalilé, inséparable quoi qu'on fasse de la hiérarchie des classes et des rangs, est donc sans la fraternité une cruélte plaisanterie. Or, là fraternité n'est pas un droit comme la liberté et l'égalité, mais elle est une vertu. Il faut donc toujours remonter à l'ordre moral, si l'on veut approfondir et mettre à nù les sources véritables et les fondements de toute bonne politique.
Nous ajoutons un mot qui va surprendre bien dû monde, la fraternité n'est pas seulement une vertu, elle est aussi une grâce. Elle a sa raison d'être dans l'ordre naturel sans doute, mais l'homme étant essentiellement
vain et orgueilleux s'il est noble et puissant, et envieux s*il est pauvre et déchu, le sentiment de la fraternité est aussi rare en réalité qu'il est honoré et célébré en théorie. La fraternité est donc une vertu suréminente, et elle ne fleurit et ne s'épanouit largement que dans l'ordre surnaturel. La fraternité est une vertu chrétienne, le fruit des sacrements et avant tout du sacrement eucharistique.
Que Fon approfondisse donc un peu les questions économiques, politiques et sociales, et on verra qu'au fond le christianisme seul apporte une solution à toutes. Oui, le christianisme est le dernier mot des solutions, et le Christ est la clef de voûte de l'ordre politique et social, si, comme Vçrbe, il est la clef de voûte de l'ordre cosmique et universel.
Quelle admirable chose que le christianisme, et comme tout y est pratique et positif, et comme tout y a. un caractère envahisseur! Vous voulez constituer la démocratie en hiérarchie d'associations et de corporations sur la base de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, et vous ne le pouvez sans le Christ. Sans le Christ pas de fraternité, sans fraternité pas d'égalité, pas même de cette égalité de cœur et d'âme, seule possible dans un monde où tout est forcément inégal. Sans le Christ surtout pas de liberté, car laliberté sans leChrist, c'est la licence, c'est le monde moderne, le monde de la Révolution, que Grégoire XYI a flétri dans sa bulle Mirari, et Pie IX dans son allocution du 20 mars 1861 .
•Mais, avec le Christ, la liberté et réalité perdent
ou LE MONDE BB JÊSUS^BRIST. 133
leur caractère révolutioanaireou satanique, car l'amour purifie tout, et Famour du Christ, c'est la fraternité. .
La véritable devise du Monde Nouveau doit donc être ainsi modifiée : liberté et égalité dans la fraternité et la hiérarchie, c'est-à-dire dans le Christ, source de tout amour et roi de toutes les hiérarchies terrestres et cé-^ lestes.
Et la pratique de cette maxime doit cqpsisler dans l'organisation libre et spontanée de toutes les forces sociales, de tous les besoins et de tous les intérêts sociaux se groupant eux-mêmes d'après le principe du selfgovernment ou le franc jeu de chacun, sous l'égide et l'inspiration du christianisme.
Quoi ! toujours le christianisme au soounet et au cœur de tout. Oui, le christianisme en tout et partout ou le règne du Christ sur la terre. Voilà notre dernier mot, la solution suprême, la solution pratique, la mise en déroute de tous les songes creux.
La solution de la question démocratique et sociale est le couronnement de l'œuvre divine ici-bas, de l'œuvre de Jésus-Christ, de l'œuvre du Monde Nouveau.
Tous les partis politiques, toutes les sectes socialistes, ont essayé d'étouffer à coups de canon ou de résoudre à coups d'utopie cette question redoutable, et ils ont tous misérablement échoué dans leur tentative. La Démocratie a détruit ceux qui voulaient l'étouffer, elle a
vomi ceux qui voulaient la séduire ^t la corrompre.
Il ne lui reste plus qu'à se jeter dans les bras de la religion, ou à confesser sa honte et son impuissance.
11 faut donc qu'elle vienne à nous, cela est fatal ^ cela est nécessaire, cela est dans Tordre^ cela est dans la «situation. Elle viendra donc à nous : la voilà qui vient à nous. Elle confesse Jésus-Christ dans les croisades de la. Chine et du Tonkin, dans la glorieuse insurrection de la Pologne ; elle voudrait vomir les Turcs, afin d'ouvrir au Christ les portes de l'Orient. Elle n'est donc pas dépourvue de toute bonne volcmté.
Elle flétrit les guerres barbares, elle applaudit aux guerres de la civilisation. Elle aime les malheureux, les privilégiés du Seigneur, elle est pleine pour eux des meilleurs sentiments.
Le travail du monde nouveau est donc encore ici à moitié fait. L'utopie encore ici <^st donc en voie de réalisation. La Démocratie entre. daos les faits triomphalement, les rois et les empereurs sont les premiers à lui rendre hommage. Sa pose est celle de la majesté. Les Livrer saints s'accordent à annoncer son avènement avant la fin des temps, et sa corruption à la fin des temps sous le nom de Gog et Magog. Holzhauser et les autres mystiques interprètent ainsi les Livres saints et l'Apocalypse, quand Ils nous parlent : des lions et des agneaux, des loups et des brebis (rois et pétales ^ grands et petits) paissant ensemble ; des montagnes abaissées^ des orgueilleux humiliés^ des puissants renversés de leurs trônes, des humbles élevés^ des pauvres remplis de biens ^
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des riches renvoyés les mains vides ^ et de cette avaDtdernière Ëglise du monde, de l'Ëglise de Philadelphie (Église des frères ou de la fraternité) du chapitre m de l'Apocalypse, etc., etc.
' Quelle gloire pout la religion d'avoir la première annoncé l'ayénémenl de la Démocratie et sa fin misérable, et de nous avoir donné en même temps la solution de la question démocratique et sociale pour conjurer cette fin et faire prospéter cette forme sociale durant un miliéi^aire ! Or nous prôuterons dans les chapitres suivants que la r'eligion possède réellement cette solution. Là religion est donc maîtresse de la situation ; aussi il dépend des catholiques, s^iis lë'ccmiprennenti de clore enfin la révolution et de mettre un terme à l'action sur les masses des révolutionnaires et au^ prestige des Garibaldi et des Mazzini, qui vivent de la popularité et 'de la raison d'être de la Démocratie, qui ont reçu la ^][^uissancê à cause d^elle'et qui dis|[)afattrontdela8cène politique lê'jduroti, comme Fa-dit dërnîèreilient à la trihune M. OKviûi?, la papauté, c'èst-à-dire les catholiques; âpporteronl la grande si6lution du siècle, la solution de la question démocratique et sociale.
La religion, en venianttlore la révolution démocratique et sociale;pi^uipa, par cet événenaient le plus extraordioaire de l'histoire, la plus radicale des révolutions dans les rapports de Dieu aveè les homiiled.
136 LE MONDE IfOUVEAD
Tout conspirait depuis ravénement de Notre-Seigneur à l'accomplissement de cette révolution, qui va renouveler la face de la terre. Tout jusqu'ici n'en ^ été que la préparation.
Pendant XYI siècles, jusqu'à Luther, l'humanité s est soumise^ à toutes les macérations. Elle s'est imposé l'épreuye de la douleur, du sang et de l'expiation sous toutes les formes, depuis le martyre du Colisée jusqu'à l'Ascète de la Thébaïde ou au Stylite de la colonne.
Depuis le XVP siècle elle cherche à se constituer dans la liberté, dans la science, dans une meilleure distribution de la richesse et des avantages de la vie ; dans^ la charité, dans la bienveillance des rapports de citoyen à citoyen, de peuple à peuple ; dans la douceur de la législation pénale ; dans les embrassements de la fraternité et de l'égalité chrétiennes, qui au lieu d'exclure supposent la hiérarchie des classes et des fonctions et le respect de toutes les puissances légitimes.
Le temps approche, ou plutôt il est venu, oui venu, dans l'ordre idéal du moins, où le genre humain pourra jouir, à un degré proportionné à sa piété, du fruit glorieux de tant de sacrifices et de tant de nobles et généreuses aspirations.
Depuis XIX siècles, l'humanité aspire à jouir du
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Christ et de la terre par surcroît; mais il faut que cette jouissance de la terre soit pour elle non la satisfaction d'un vil et lâche égdïsme, mais le moyen de mieux comprendre Dieu dans les mystères du cosmos et d amélio7 rer, au prix des labeurs et des sacrifices, la condition des membres souffrants de Jésus-Christ ou des pauvres. « Je déteste la sombre doctrine de la misère nécessaire, '« dit Monseigneur Dupanloup, mais je méprise la molle « utopie du paradis sur la terre (1). »
Oui, la terre doit être possédée par le Christ dans rintérêt de tous, et surtout dans l'intérêt des malheureux. Car elle est son autel, et si elle est arrosée. de son sang et du sang des martyrs, elle est aussi arrosée de la sueur et des larmes des malheureux. Le Christ, à ce triple titre, veut enfin en prendre possession, non pour lui mais pour ceux qu'il aime d'un amour de prédilection ; non pour satisfaire le luxe et les passions sensuelles de la richesse, mais pour mieux en distribuer les produits, afin que sous son règne tout soit mieul et plus équitablement ordonné.
« L'oubli du Pauvre ne sera pas éternel, la patience « du Pauvre ne sera pas éternellement déçue. Levez- « vous. Seigneur, levez-vous : queV homme (l'humanité « sans Dieu) ne prévaille pas toujours. » Quoniam non m ^nem oblivio erit pauperù; patientia pauperum 'non peribit in œtemum : exurge^ Domine, non prœvaleai HOMO (2).
(1) Lettre au Journal des Débats, du 22 janvier 1863.
(2) Graduel du dimanche de la Septuagér^ime.
i 38 .LE HONDB NOUVSAU
Il homme ne prévaudra pas toujours, lë Pauvre aura son tour.
Telle est la signification de ces étonnantes découvertes qui se succèdent sans interru{>tion depuis un demi siècle, et qui tendent à mettre entièrement la planète à notre difi|»osition et pour ainsi dire sous notre main.
11 n'y a plus de temps, ^ il n'y a. plus d*espace, le Christ n'a plus qu'à venir pomr prendre, du pôle arctique au pôle antarctique, possession de cette planète arrosée de son sang, du sang des martyrs, des larmes et de la sueur des malheureux. La Héyolution lui a préparé les voies sans s'en douter, c'est à lui de dissoudre la Révolution sous l'éclat de sa gloire, comme le soleil dissout les noires vapeurs de l'atmosphère après la tempête. Et alors tous les problèmes qui: restent à résoudre se résoudront d'eux*4nèmes. La t^re sera purifiée , ^l'égalité et la liberté, fraternisant avec l'autorité et les (Supériorités légitimes, régneront: dans le monde. Les hérésies, les schismes, les sectes philosophiques et révolutionnaires n'auront plus de raison d'être. La politique et l'économie sociale auront enfin trouvé, dans lai religion positive, le ciment qui leur fait défaut et le conooitrs décisif dont elles ont l'une et l'autre besoin pour passer à l'état pratique. > .
Faisant communier ensemble toua les hommes, riches et pauvres, grands et petits, Notre-Seigneur mettra fin à toutes les discordes et résoudra toutes les antinomies en se donnant aux uns et aux autres tout
ou LB MONDE DE JÉSUS-CBRIST. 139
entier, corps, âme et divinité, dans THostie, dernier
mot de la solution (î ) .
(1) Voyez, sur le caractère éminemment populaire du rôle du catholicisme et de la papauté, Leibnitz, Pensées, t. II, p. 410 à 511 ; Goquerel, Essais sur l'Histoire du christianisme ,^,1^; Ancillon, Tableau des révolutions, p. 133^ 137; P. de Joux, Lettres sur ritalie, p. 380; Sismondi, Histoire des républiques italiennes, t. I, p. 130; Jean de Mûller, Voyage des Papes, 1^82-; Voigt, 'Hurler.