‹ Le monde nouveau ou le monde de Jésus-ChristChapitre 22 sur 43 · IMPUISSANCE DE LA POUTIOUE DE PARTI · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DE LA POUTIOUE DE PARTI

En voulant donc que la religion pénètre Thomme dans Tintimité de son être, et, par rhomme, toutes les classes de citoyens et toutes les formes politiques et sociales, nous croyons défendre de tous les intérêts humains le plus important, et nous plaindrions sincèrement ceux qui ne se montreraient pas sympathiques à une tentative ayant pour objet de ramener à la pratique de la religion un siècle sceptique et indifférent (1) . Que ce siècle présomptueux étudie donc la Religion puisqu'il rignore, et qu'il l'étudié d'une manière sérieuse, avec le désir de s'éclairer, et non avec la légèreté de ses Critiques; qu'il l'approfondisse surtout, elle ne l'a pas encore été suffisamment. C'est un abîme de profondeur scientifique, philosophique et politique. Toutes les questions même économiques et sociales

(i) Les souverains réunis au Congrès de Vienne, en 1815, ont exprimé cette pensée dans le traité de la Sainte-Alliance ; mais ils n*ont pas su y rester fidèles, et Dieu les a punis en les frappant d'impuissance.

tiennent par leurs racines à cette religion sublime ; nous Favoiis montré, dans notre Démocratie qf nous le montrons dans ce livre, pour la science politique et sociale ; nous l'avons montré ailleurs pour les sciences positives (1) et pour la philosophie (2).

Il n'est pas de mystère ou de dogme qui ne jette sur les problèmes les plus ardus de l'ontologie, de la psychologie, de la physiologie, de l'étliique, comme de la politique et de la science sociale, des lumières éblouissantes. Des esprits superficiels, comme la plupart des esprits de ce siècle, peuvent seuls méconnaître que le monde surnaturel, dont la religion catholique est la haute expression, est réellement, avec ses dogmes et ses mystères, l'Archétype ou le mode suivant lequel le monde naturel a été fait : cela ressort avec une clarté saisissante de l'étude comparée du monde naturel et du monde surnaturel, du monde physique et du monde moral. Et il n'est pa$ de molécule qui ne rende hommage à la religion en nous présentant, dans sa constitution intime, une représentation en miniature de la Trinité du christianisme.

Tout se tient, tout s'enchaîne. La Religion relie le Cosmos, de l'atome à Dieu, et vouloir l'exclure de Isf politique, c'est bannir de la société son liant et sa raison d'être, c'est la livrer à une anarchie et à uîie dissolution irrémédiables.

(1) Voit iiO% Essais sur V Être divin ou Recherches scientifiques des lois universelles,

(2) Voir le Philosophe devant le Cosmos»

La première et la principale cause d'impuissance de la politique c'est donc l'oubli de Dieu, procédant de l'ignorance profonde de la religion, condition fondamentale de la solidité et de la durée de tout établissement politique. Mais une chose non moins fâcheuse c'est qu'en présence de cet oubli criminel, les hommes religieux ont manqué quelquefois de décision, d'intelligence et de zèle, atteints et corrompus eux-mêmes ^ au contact ou au souvenir du monde du Passé, frappé à mort par la Révolution et vers lequel se portaient leurs secrets hommages et leur amour. Culte abominable, qui a donné à la Révolution cet aliment ardent qui la fait vivre et prospérer encore !

Le mal le plus dangereux, ce n'est pas la Révolution, ce n'est pas Timpiété, mais ce qui entretient l'impiété et la Révolution, ou la corruption du meilleur : Corruptio optimi pessima.

Depuis trois quarts de siècle, la société oscille entre les impies de la Révolution et les corrompus de l'ancieja réghne; hésitation infernale entre doux mondes déplorables, le monde païen que la Révolution tend à faire revivre, et le monde christiano-païen que l'ancien régime voudrait ressusciter.

Ce mouvement oscillatoire de gauche à droite, de droite à gauche, est le mouvement d'une société déraillée ou démâtée, qui, voulant se rasseoir, cherche

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vamement son centre de gravité où il n'est pas, au lieu de le chercher en Dieu où il se trouve.

La Révolution oscille de l'anarchie au despotisme, et, comme ces deux états extrêmes sont antipathiques à une société chrétienne, elle fait effort pour s'arrêter à un point intermédiaire qui est la conciliation de l'ordre et de la liberté.

De là trois partis représentant ces trois états distincts : 1** le parti révolutionnaire ou la liberté dégénérant en licence ; 2^ le parti du Passé réagissant contre le mouvement en avant de la Révolution, et cherchant à rétablir le Passé, sous le spécieux prétexte de rétablir Tordre et le pouvoir ; 3** le parti modéré venant s'interposer au moment où la France, fatiguée d anarchie ou de réaction, voudrait se mettre en équilibre entre les abîmes du passé et les abîmes inconnus où la Révolution la pousse.

Voilà le triple jeu de la Révolution. Ce jeu n a rien d'arbitraire ; il repose sur cette loi invariable que là où la société a été mise en poussière, où toutes les anciennes institutions ont été renversées, et où les passions sont en mouvement pour reconstituer le Pouvoir à leur profit exclusif, l'entente devient impossible ; les modérés eux-mêmes se trouvant étouffés, entre les révolu^ tionnaires qui les poussent en avant et les réactionnaires qui voudraient les rejeter en arrière.

De cette impuissance des hommes d'ordre et de conciliation résulte la nécessité de la dictature ou d'un pouvoir fortement centralisé^ au moment où, les hom-

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mes d'ordre et de conciliation se trouvant débordés, la société est en danger de mourir.

Alors l'organisation de l'armée devient le type de l'organisation de l'État qu'elle a sauvé. Et, à un jour donné, la nation se trouve organisée comme 1 armée avec un ehef à sa tête.

C'est la quatrième phase de la Révolution.

Il résulte de ce jeu à quatre, qui, toujours impuissant, toujours se renouvelle, la preuve, selon nous évidente, que la France ne veut ni de la révolution ni de rancien régime. Elle ne veut pas de la révolution, puisqu'elle préfère se jeter dans le despotisme que de vivre dans l'anarchie; elle ne veut pas non plus de l'ancien régime, puisqu'elle fait tous ses efforts pour se reconstituer en dehors et contre les hommes du passé, soit en acceptant l'Empire qui est à ses yeux une des phases de la révolution, soit en se confiant aux modérés qui représentent la phase intermédiaire. La France ne veut pas de l'ancien régime, puisqu'elle épuise ainsi toutes les combinaisons plutôt que de revenir aux honmies du passé.

Et ce qui prouve encore davantage qu'elle ne veut pas de l'ancien régime, c'est qu'en revenant aux hommes du passé elle les force, sous peine de les renverser à leur tour, d'accepter les faits principaux de la Révolution. C'est le spectacle auquel il nous a été donné d'assister, de 1815 à 1830, oîi nous avons vu la Restauration vivre de la vie de la Révolution sous le ministère de M. Decazes, et mourir, sous M. de Polignac, de la mort de l'ancien régime^

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Une preuve plus concluante encore de la mort de Tancien régime, c'est qu'au moment même où nous parlons, il est désavoué par les hommes qui naguère passaient pour le représenter, et qui maintenant, il faut le direè leur honneur, semblent être les champions les plus dévoués et en apparence les plus désintéressés du Monde Nouveau.

La conclusion forcée de tout ceci, c'est que l'ancien monde, aujourd'hui sans représentants officiels, est tout aussi impuissant que la Révolution représentée par le parti dictatorial, le parti orléaniste et le parti républicain. D'oîi nous croyons pouvoir déduire la nécessité d'un ordre nouveau qui ne soit ni l'ancien régime ni la révolution. C'est l'ordre chrétien de réciprocité et de solidarité, c'est l'organisation des divers éléments de la société actuelle en corporations et associations autonomes; c'est, en un mot, le Monde Nouveau, le Monde de Jésus- Christ, animé de la grande âme de Jésus-Christ.

Celui qui comprendra la nécessité etlrouvera le moyen d'organiser la société sur cette base, anti-révolutionnaire puisqu'elle est éminemment chrétienne ; et anti-réactionnaire puisqu'elle repousse l'ancien monde comme une corruption du christianisme; celui-là est notre homme, l'homme de la France de l'avenir.

Voilà pour les partis politiques. Les socialistes à leur tour ne sont pas moins impuissants, mais pour un autre motif. Ils veulent associer les hommes et les intérêts. Ils veulent associer les caractères qui de leur nature visent à l'indépendance, à l'originalité et à la séparation; et ils

veulent associer les intérêts matériels qui de leur nature visent à la concurrence ; et, pour surmonter cette double difficulté, difficulté morale et difficulté matérielle, ils isolent Thomme de Dieu, et, après lavoir ainsi annulé, ils demandent à Thomme et à l'homme dépouillé de tout secours surnaturel, d'avoir un caractère toujours égal, toujours accommodant, et des sentiments constamment désintéressés et dévoués. Us lui demandent en un mot Fesprit de sacrifice, après lui avoir enlevé la Croix, Labarum du Monde Nouveau, du monde de fraternelle immolation. Et, semblables aux millénaires efféminés en quête d'une perfection imaginaire, ils rêvent pour Thumanité, mollement bercée sur des lits de roses, une vie exempte de toutes passions et ornée de toutes les vertus ! Franchement, c est trop exiger.

N'oublions pas que le Chérubin, qui veille avec un glaive de flammes aux portes du paradis perdu, ne nous laissera cueillir de loin quelques fruits de Tarbre de Vie, que si nous savons fouler aux pieds le Lmgot dor et les lits de roses (1).

Ainsi, depuis 1789, Thumanitéest en pleine évolution. Depuis 1789, l'humanité est en marche vers un avenir jusqu'ici inconnu et que nous avons essayé de pressentir dans ce livre.

{{) De MirviUe, Des Esprits, t. ï, p. 414.

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La marche est pénible, haletante, désordonnée, pleine d'incidents dramatiques, comme la passion, pleine d'imprévu, comme le navire qui vogue, sans boussole sous un ciel sans étoiles, au milieu d'une mer agitée.

Dans cette marche étrange, échevelée, entrecoupée de hsdtes brèves et inquiètes, une vraie marche de Macabres, chaque parti s est fait un rôle tantôt pour accélérer, tantôt pour arrêter, tantôt pour régler le mouvement. C'est Tordre dans le désordre. Le rôle des socialistes et des républicains attelés au timon, les yeux fixés sur l'avenir ou sur le chemin à parcourir, est de précipiter la marche du char de la Révolution. Le rôle des hommes de l'ancien régime, attelés par derrière, les yeux fixés sur le passé ou sur le chemin déjà parcouru, est de faire aller le char à reculons. Et, entre ces deux partis extrêmes, le rôle du parti de la dictature est d'arrêter le char tout court, quand sa marche trop précipitée louche au bord des abînpies ; tandis que le parti de la conciliation et de la modération concentre ses eflforts à modérer le mouvement du dangereux véhicule quand, étant dans la plaine, la route prête au:^ illusions de la sécurité.

Et nous ne parlons pas de la mouche du coche, ou des grands hommes de chaque parti qui s'imaginent conduire le coche. Rôles impuissants ! impuissants grands hommes !

Aucun de ces partis, aucun de ces grands hommes n'a su dominer le mouvement qui les emporte tous. Ce mouvement, en effet, est providentiel. 11 appartient à Dieu seul de le régler, car seul il a des vues d'ensemble

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et des moyens combinés, dominant les détails où les partis se perdent à raison même de leur fidélité à accomplir leur fonction partielle, la seule à la portée désintérêts égoïstes ou essentiellement étroits et exclusifs des partis.

Et ce qui prouve la puissance irrésistible du mouvement providentiel, c'est que tous les partis ont été incapables de dominer la situation, malgré le talent réel, la parfaite bonne foi et les bonnes intentions de la plupart de leurs hommes. Ces hommes ont fait Timpossible pour ne produire finalement que deux catastrophes, éclatant à tour de rôle sur la tête de chacun des partis qu'ils avaient le malheur de représenter.

Nous assistons à une de ces époques palingénésiques et apocalyptiques, oîi les hommes et même les grands hommes sont impuissants, faute de pouvoir embrasser dans son ensemble le plan divin qui se déroule, sur leurs têtes, à des hauteurs inaccessibles à leur regard.

Renfermés dans Tétroite enceinte de leurs idées, de leurs préjugés et de leurs intérêts, sans se rendre compte de lensemble et de la portée incalculable du mouvement, les divers partis n'ont entrevu que le petit bout de la rénovation cosmique qui s'opère sur une échelle universelle, quand ils n'ont pas cherché à l'entraver.

Tout nous ramène donc à la même conclusion : Les partis politiques ont été impuissants et ont péri,

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pour n'avoir pas voulu se conformer à la politique du Monde Nouveau, à la politique chargée d'exprimer le plus fidèlement possible les desseins miséricordieux de la Providence sur T humanité des avant- derniers jours. Incapables de comprendre et encore moins de s'élever à la hauteur de cette politique tout à la fois populaire et divine, et entraînés par le mouvement de transformation apocalyptique qui doit l'amener à sa suite, ces partis n'ont un moment figuré -sur la scène du monde que pour être un objet d'expérimentation. Il fallait que l'expérience de leur impuissance se ftt.

Elle s'^st faite avec pompe.

Voilà trois quarts de siècle que l'humanité se tourne et se retourne en tout sens, qu'elle change et rechange ses gouvernements, qu'elle produit des hommes d'un talent incontestable, dans toutes les carrières, pour aboutir toujours au même résultat : une catastrophe (1789, 1793, 1815, 1830, 1848, 1851 ).

Vainement le génie humain s'est épuisé en découvertes de tous genres, vainement il a transformé la planète et l'a couverte des plus belles fondations. Tout cela n'a servi qu'à prouver sa faiblesse, puisque rien n'y a fait. C'est que le génie humain est toujours à court par quelque côté, c'est qu'après avoir fait l'impossible et ayant échoué. Dieu veut que les siens aient leur tour. Les vieux partis sont morts, aux catholiques la puissance et l'empire ! Cela est fier à dire, mais c'est la vérité. Leur triomphe est dans l'ordre, dans les nécessités de la situation. On peut l'entraver momentanément, on ne

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peut l'empêcher finalement. Après la période épique le triomphe !

Le salut n*est que dans le Christ, parce que le Christ seul est capable de triompher des impossibilités accumulées par les siècles. Le salut n'est que dans le peuple prenant spontanément le Christ entre ses bras et criant aux grands de la terre : Ecce Homo ! forçant ainsi, par son exemple, les sages à être vraiment sages, les politiques à être vraiment politiques, les hommes religieux à être vraiment religieux.

Oui, le jour où le peuple prendra spontanément et de lui-même la Croix dans ses bras vigoureux, ce jour-là les classes élevées, les hommes lettrés, les indifférents, les esprits légers, les petits esprits et même les grands esprits, Saisset, Renan, Taine, Michelet, tomberont à genoux. Le règne de Voltaire, Tanlechrist des vieux mondes usés, aura fini, celui du Christ aura commencé. L'humanité sera entrée dans la Voie, la Vérité et la Vie.

Les catholiques sont tout-puissants : ils possèdent le Christ, ils possèdent Dieu. Vous le niez? Prouvez que vous avez pu ou que vous pouvez quelque chose, et que vous avez, dans vos doctrines, dans vos idées, la solution d'une question quelconque de politique et d'économie sociale, et même de droit international , la solution, par exemple, de la question d'Orient, de la question

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romaine, de la question polonaise, de la question allemande, de la question américaine, de la question de l'esclavage, de la question des cotons, de la question des assesseurs de la bourse et du tourniquet, de la question des tables tournantes et des Esprits !

Toutes les questions sont là soulevées dans le monde, et toutes attendent leur solution ! Quelle souriante perspective pour lavenir ! Ah ! si le peuple ne prend pas la Croix dans ses bras généreux, comment tout cela pourra-t-il se résoudre?

Fort heureusement FÉglise, à toutes les époques critiques de Thistoire, a trouvé constamment, dans le Peuple, ses amis les plus chauds, les plus ardents et, à Téternel honneur du Peuple, les plus désintéressés. Et, même encore en ce moment, c'est au fond des campagnes, ou toujours dans le peuple, que l'Église a ses meilleurs soutiens.

Le catholicisme peut donc tout pourle salut de l'humanité. Nous avons prouvé que la régénération de l'individu c'est la régénération de la société, et que le christianisme avait la puissance de régénérer l'individu , mieux que cela, de l'unir, dans les hautes sphères de l'âme, en communauté, en communion. Nous vous défions de prouver le contraire, autrement qu'en disant que les passions seront un éternel obstacle à cette régénération. Mais alors votre raisonnement retombe sur vous et

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TOUS écrase, tout en fortifiant notre thèse. Si notre impuissance vient des passions qui nous font échec, c'est donc qu'elle ne vient pas de nous. Aussi vous êtes des insensés et des politiques sans portée et sans profondeur, de dédaigner notre effort au lieu de venir à notre aide.

Les passions nous font obstacle sans doute, aidez* nous à les surmonter. Organisez TÉtat de manière à décupler notre force. DONNEZ-NOUS LA LIBERTÉ A TOUTE VAPEUR ! ! ! La liberté dans Tordre, la liberté de Dieu, la liberté à laquelle nous avons droit et que vous ne pouvez nous refuser sans commettre un sacrilège.

Notre utopie n'a donc rien d'utopîque comme les vôtres. Et elle a droit, nous n'hésitons pas à le dire, à l'attention sérieuse de tous les hommes d'État vraiment dignes de ce nom, et AU RESPECT DE TOUS !

Les catholiques, en effet, n'auront jamais à rougir de leur utopie : immortels qu'ils sont, ils seront toujours là debout pour attester leur toute-puissance en vertu des principes qui sont en eux, et pour flétrir ceux qui leur font obstacle dans l'œuvre de régénération sociale qu'ils sont en mesure d'opérer, quand on le voudra bien, par les moyens pratiques que Dieu a mis à leur disposition.

Quoi qu'il arrive, les catholiques ne doivent pas se décourager, ils portent avec eux le salut du monde ; et, quand le monde voudra être sauvé, ils auront le droit de lui dire : Nous voici, nous sommes tes sauveurs! Us

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ont un idéal de gouvernement, un idéal d'état pur et sans tache. Qu'ils s'attachent à cet idéal, qu'ils s'effor* cent de le réaliser tous les jours de leur mieux, en commençant par la réforme d'eux-mêmes, ainsi que leur divin Maître le leur a enseigné, et, si jamais ils ne peuvent réaliser entièrement cet idéal, qu'ils soient certains au moins d'une chose, c'est qu'à un moment de l'histoire le gouverftement du monde leur sera donné, afin que soit exaucée leur prière de tous les jours : « Que votre règne arrive. » Il dépend même d'eux de faire, s'ils le veulent sérieusement et s'ils en prennent les moyens pratiques, que ce moment, le plus grand et le plus solennel du genre humain, vienne illuminer, des splendeurs de sa gloire, la fin de ce siècle encore agité des tressaillements de l'espérance, malgré tous ses mécomptes.

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