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CHAPITRE XXVII

L'UNITÉ DE LA SCIENCE ET DE LA RELIGION N'EXCLUT PAS LEUR DISTINCTION FONDA IMENTALE.

La science, eni^isagée dans sa généralité, embrasse le domaine entier de la connaissance, même la religion, qui est aussi une science, comme le dit saint Thomas (I), et la science la plus solide et la plus belle. Dans un sens moins étendu ce mot s'applique plus particulièrement à la" science purement naturelle ou rationnelle, à la science humaine proprement dite.

La science divine n'est pas la négation de la science humaine. L'ordre humain et Tordre divin, Tordre naturel et Tordre surnatuel, sont deux ordres à part, parfaitement tranchés. Mais Dieu a révélé à Thomme des lumières supérieures à ses lumières naturelles. Le droit et le devoir du savant et du philosophe, comme de Tartiste et du politique, consistent donc à dépasser Tordre humain en l'affirmant et en le parcourant, à tired'aile, pour s'élancer au plus vite dans Tordre divin. Nous devons comme Taigle, aller de la terre au ciel et

(I) Somme, !'• part.

du ciel à la terre, pour planer, reprendre pied et nous reposer tour à tour. Cet essor, de la terre au ciel et du ciel à la terre, de Tordre humain à Tordre divin et de Tordre divin à Tordre humain, constitue la véritable méthode catholique, qui n'exclut que les méthodes exclusives, ou les philosophies et les sciences purement humaines^ si elles affichent Timpertinente prétention de se passer de la science divine.

Nos dédains ne s'adressent donc qu'à la science et à la philosophie, comme à Testhétique et à la politique, humaines^ séparées.

Le regard de Thomme sans la révélation est au regard de Thomme avec la révélation, ce que le regard du grand-duc, oiseau de nuit, est au regard de Taigle. Le grand-duc a des yeux superbes, à grandes prétentions, plus gros que ceux de Taigle, mais il ne voit que dans Tombre ou la nuit; Taigle a le regard imposant e4: perçant et il fixe Tastre du jour. On peut être un grandduc, sans être un aigle. Le grand-duc (le rationaliste) ne voit que dans la nuit, mais il voit autant qu'on puisse voir dans la nuit, mais infiniment moins que Taigle (le philosophe de la révélation) qui voit dans la lumière. Nous préférons la vue perçante de Toiseau de la lumière et son élan dans les espaces, au regard de Toiseau de nuit et à son vol qui rase la terre dans Tombre. Mais nous affirmons Tun et Tautre.

ou LE MONDB DE JÉSUS-CHRIST. 321

1^ Descaries est parti de terre et s'est placé systématiquement dans les ténèbres, comme l'oiseau de nuit. Aussi n a-t-il pu s'élever et planer.

Ceci est le plus bas degré de l'échelle de la Science.

2'' Les catholiques cartésiens, plus avancés et plus éclairés que Descartes, ont fait de la science humaine et de la science divine séparément^ et ils ont ainsi étranglé l'une et l'autre, en nous donnant la philosophie et la théologie de Bergier comme spécimen. Mais enfin ils ont fait de la science divine, de la petite science divine, après avoir fait de la petite science humaine. C'était un progrès sur Descartes.

C'était le deuxième degré de l'échelle de la Science.

3^ Les hommes de la conciliation de la science et de la foi ont fait un pas de plus. Ils ont cherché les points d'attache de la philosophie et de la religion. Ils ont voulu faire naarcher de front les deux sœurs immortelles. Ils ont partagé en deux leurs hommages. Mais enfin ils ont aspiré à l'union, sinon encore à l'unité. C'était un progrès sur les cartésiens catholiques, mais c'étaient des hommes de transition. Leur désir de concilier l'essor de l'oiseau de nuit avec l'essor de l'aigle appesantissait leurs ailes et les empêchait de planer.

Ceci est le troisième degré de l'échelle de la Science.

4^ Il faut les dépasser, il faut être plus avancé

qu'eux. 11 faut sans doute affirmer hautement la science

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humaine et Tordre naturel auquel elle correspond, 11 faut dire que Tordre naturel et Tordre surnaturel sont parfaitement distincts. On ne peut nier la philosophie purement rationnelle sans tomber dans la fausse mystique ou le mysticisme, sansôter à la théolc^iesa base, sans la priver de ses dévdoppements rationnas, sans se mettre en opposition avec les docteurs, les évêques, les papes, les conciles, TÉglise. Pour saint Thomas, Albert le' Grand et la pléiade de scolastiques du moyen âge, la philosophie huitiainé avait sa réalité, sa certitude, sa noblesse.

Mais, cela dit et prouvé au plus vite, il faut s'élancer sur les hauteurs, et, de ce point culminant^ r^arder la science humaine dan$ les lumières de la révélation. Or, la science divine, à ce point de vue élevé, ne détruit pas la science humaine, elle Tabsorb^, elle se 1-assimile ; et l'assimilation produit plus que la conciliation, elle produit l'unité ! L'homme disparaît devant le chrétien, qui ne cesse pas d'être homme pour être plus qu'un homme, pour être un être déifié, transfiguré.

Nous ne nions rien, nous absorbons tout, cartésiens universitaires, cartésiens catholiques, hommes de la conciliation et de transition, et, en les absorbant, nous les dépassons. La science ne saurait rester statiônnaire : si la science nous a porté sur les hauteurs 4ivines, tant pis ou tant mieux pour elle, c'est autant de ga^é sur l'ennemi. Cette position conquise, il n'e^t plus permis de reculer. Si la science nous a' porté dans les profondeurs de TÉglise, du Christ et de la Trinité, tant pis

ou LB MONDE DE JÉSGS-CHRIST. 323

OU tant mieux pour elle. Tant pis pour la science humaine : elle dispairàlt sans cesser d'exister, comme la iumière de la bougie pâlit et s^ efface devant la lumière du soleil, sans perdre sa flamme. Tant mieux pour la grande science, parce que la science humaine ou la bougîev sans cesser d'être, fait place au soleil ou aune science mille fois plus lumineuse, mille fois supé- Fieiire. Cette science supérieure ne détruit pas la petite science; elle se 1 assimile et la ramène à Tùnité suprême, en lui r^élant ses propres mystères et en lui apprenant à épeler les mystères divins. Elle la transforme ainsi en sa propre substance.

C est le quatrième degré de Téchelle de la Science. 5"" La théorie des idées, observées dans la lumière de Dieu, nous apprend que le Verbe est l'expression suprême de tous les Idéaux. Or,' la philosophie n'est autre chose que la science des Idéaux. L'incarnation du Verbe serait donc l'incarnation de la philosophie.

• l.e Verbe =îlaîpbilosophie. Lc'incarnation du Verbe = Tincarnation de la philosophie. -

Mais il est à remarquer qu'indépendamment des autres buts de l'incarnation, le Verbe n'avait pas besoin de s'incarner pour produire la philosophie naturelle. Cette iphilosophie^coule de la lumière naturelle du Verbe qui illumine toute intelligence venant en ce monde. Mais cette philosophie ou cette illumination naturelle ne nous a pas révélé tous les Idéaux. Elle ne nous a révélé qu'une faible partie des Idéaux divins. Le Verbe, en s'incarnant, nous a révélé d'autres

Idéaux ; il a donc complété ou du moins considérablement agrandi le domaine delà Philosophie, quiestle Verbe en personne ou le Verbe en hypostase. C'est donc une folie de repousser la rév^ation du domaine de la philosophie. C'est s'arracher un œil et le meilleur.

Si la philosophie divine ne s'était pas incarnée, la philosophie humaine serait la seule valable, la seule possible. La philosophie divine s'étant incarnée, la philosophie humaine n'a rien de mieux à faire qu'à se mettre à genoux et à lui dire : A vous le sceptre, à moi dem'eflfacer! Vous êtes le soleil, je suis la bougie. A ma flamme de se perdre dans la vôtre !

Le dernier terme du progrès humain, c'est la science du Christ, la science de la révélation sur le trône. Qu'elle trône donc cette science, son heure est venue de trôner, et que, devant sa lumière, s'évanouissent tous les avortons de la science. Nous sommes, nous, catholiques du monde der Jésusr-Christ, les hommes les plus avancés. Nous avons dépassé, de cent coudées, la philosophie, la science, l'esthétique et la politique mondaines ; à nous la puissance et la gloire I

La Gloire est au faîte.

Or, voici l'échelle qui conduit à la Gloire.

Après la philosophie humaine et la philosophie divine, vient la science de la philosophie humaine et de la philosophie divine comparées, aboutissant à l'unité au sein de Dieu.

C'est la théosophie ou la science de Salomon à laquelle rien n'était étranger, de Dieu à l'hysope qui

ou LE irONDE DE JÉSl}»-GHRIST. 325

croît dans la fente des murailles {Rois, liv. m ch. ly) ; c'est la science de la Sagesse se jouant dans le Cosmos : Ludens in orbe terrarum.

Mais ce n'est pas encore le faîte.

Le faîte est dans la mystique.

La mystique est le cinquième degré de Téchelle de la Science.

6*" Au-dessus et au delà il y a encore Textase, ou un certain commencement d'intuition" de la lumière incréée et une A^ague aperceplion de la Gloire.

L'extase est le sixième degré de Téchelle de la Science.

A ce degré finit la science du monde de Jésus-Christ sur la terre. Le Monde Nouveau ne pourra s'élever plus haut.

7** Le septième et dernier degré de la Science, le couronnement, le culmeri^ c'est la Gloire, c'est la vision intuitive ou la vue du Spectre lumineux, du Spectre divin dans son rayonnement plein, avec ses sept couleurs (les sept degrés de la science) fondues dans le blanc pur, dans la lumière pure, oîi tout se verra avec une clarté sans mélange. Arrivé là; il faut bien s'arrêter. On est perdu, ou retrouvé en Dieu.

C'est être aussi avancé que possible, un peu plus que Garibaldi et Mazzini, et surtout que MM. Renan et Cousin (lisez Strauss et Hegel). C'est être beaucoup plus avancé que les académies et les universités rationalistes, qui en sont encore à l'échelon du crétinisme scientifique, au plus bas échelon de la science, ou au

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septième degré> en retournant réchelle, puisqu'il y a au-desfitts d'eux isix deg^rés supérieurs que les ^^éatho^ liques franchissent, pour aboutir. à Kiiitaition.. On eât alors au faite de la connaissance, à ce degré entrevu par saint Paul où la science fait place à \di connaissante^ à la vue directe, et où la science, transfigurée » en Dieu, se trouve évacuée : c'est Tapothéose.

Telle est la marche ascensionnelle de l'âme humaine vera Dieu, Père des lumiènes : Beus scientiarum Dominus (1). C'est la marche ascensionnelle indiquée par saint Bonaventure autant qu'elle pouvait l'être au treizième siècle, ainsi que l'a établi le père Delaporte dans sa savante étude sur Vltinerarium du docteur Séraphique,

L'échelle hiérarchique de la science exprimée par des noms propres nous donne :

Au premier échelon, au plus bas échelon, à l'échelon du crétinisme humain (ce terme n'a rien de méprisant dans notre pensée, il exprime une position), au plus bas échelon, à l'échelon de la science séparée: — Descartes, Hegel, Slraûss' fReïian, Cousin) ; '

Au deuxiètne échelon, la science de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel affirmés mais séparés : — Bergier, Frayssinous et l'ancienne école cartésienne de l'Église gaUicane ;

Au troisième échelon, la science de l'alliance de l'ordre naturel et de Tordre surnaturel : ^ l'école de Chateaubriand, l'école catholique lîbér*alb ;

(i) I Reg., II, 5.

00 LE, MONDE 'de. JÊSUSrCBRIST. 327

Au quatrième échelon, la science de Tordre naturel et de Tordre surnaturel comparés et ramenés à Tunité au sein de Dieu : — Técôle catholique du Monde Noirveau:;

. ,Âu cinquième échelon ^k scietie^ <le,la mystjlque ou la scieaxeé/dfes Saints : — sistint Deais TAréopagite, saiot Anselme, saint Bonaventure ;.

Au sixième échelon, là science de Textase : — saipte Thérèse, saint Jean, T Aigle de Pathmos, {chose étrange! toujours Talgle au Commet et le^ grand-dUc au bas. Toujours aussi ïhtmime au bas — - JRenan •— et Idi femme au sonunet — sainte Thérèse — • les deux extrêmes : Thomme la tête en baâ vers: la terré dans Tattitude du Mineur, et la Femme la^ tête en haut dans Tattitude du triomphe, le cœur au sein de la gloire) ;,

Au septième échelon, la vision intuitive ou la vue de Dieu et du Cosmos, prise de Tintérieurà Textérieur, au lieu d'aller de Textérieur aux surfaces : — les Anges et les Saints dans la gloire, ou le triomphe fînal^, auprès duquel le triomphe annoncé dans ce livre ne sera rien, malgré sa magnificaicë (1 ).

(1) Voyez les chap. i et ii du Philosophe, où nous établissons longuement la disiinction du naturel et du surnalutel, de la science et de la foi^ delà philo9ç{tb[iç et.de la tellgipu, iBt la légitimité, et mêiQe la nécessité de toutes les méthodes rationnelles sans en exclura aucune, ' '/.•..',

' Nous renvoyons souillent 4 nos ouvrages., Nd$ lecteur^ voudrpnt bien ne pas le trouver mauvais. Nos doctrines formant un epsemble complet, ces renvois tious disposent d'entrer dans des développements qui pourraieni devenir fatigants*

Il résulte de cette échelle divine de la connaissance, de cette ascension de Tâme humaine vers la lumière, qui nous provoque de ses caresses et dont la chaleur nous attire au foyer de l'amour, que le savant catholique peut et doit aspirer à l'unité de la Science.

Or, les catholiques jusqu'ici n'ont pas pris la question de si haut, et c'est la raison de leur impuissance et de leur peu de crédit auprès des savants. .

Les catholiques, qui ont écrit sur l'accord de la science et de la foi, n'ont pas été des Savants, mais d'éminents érudits. Ils ont disserté savamment sur les sciences, mais ils ne semblent guère s'être préoccupés de la Science, si même ils l'ont soupçonnée.

Mgr. Wisemann a clairement entrevu la Science, quand il a comparé les sciences à des sosurs immortelles faisant leur cour à la Religion.

Au fond, les catholiques n'ont généralement pas dépassé V accord des sciences et de la foi, vue secondaire. Car cette vue n'est pas même la vue de leur rapport.

A plus forte raison ils n'ont pas su ramener la Science à Y unité] laquelle n'exclut pas la distinction. Et ils n'ont pas compris que les réalités du monde naturel sont la figure des réalités du monde surnaturel ou delà Trinité^ du Christ et de Y Église^ qui constituent les trois lois cosmiques vivantes ou la divine Trilogie, c'est-à-dire la Science dans son essence.

ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 329

Mais fort heureusement ces idées, qui font depuis vingt ans l'objet de nos travaux, commencent à être aperçues. Pie IX — nous. lavons dit — a béni ces travaux, et déjà cette bénédiction porte ses fruits. Car ces idées, d'ailleurs absolument impersonnelles et aussi anciennes que Dieu, ont reçu, cette année (1863), la consécration de la chaire chrétienne par la bouche éloquente et autorisée du père Félix.

L'éloquent orateur a parfaitement compris que la loi de la Trinité, ou la loi de la Substance, des Lois et des Forces, était la conception fondamentale du métaphysicien (1).

« Cette conception, a-t-il dit, constitue peut-être « le regard le plus vaste que le métaphysicien puisse a jeter sur la Création. »

Le père Félix a raison. Aussi cette conception^ plus ou moins clairement aperçue, a-t-elle exercé un attrait irrésistible sur les métaphysiciens de tous les temps, depuis saint Augustin et saint Thomas, jusqu'à M. labbé Frère et à M. de Lourdoueix.

(1) Nous renvoyons à nos Essais (Paris 1844), et à notre Philosophe (Paris, 1858), où nous avons donné la démonstration et l'exposition de cette loi, dans la première partie de ces ouvrages. Les autres parties de ces ouvrages sont consacrées à Texposition et à la démonstration des deux autres lois universelles : la loi du perfectionnement par répreuve, ou la loi du Christ , et la loi de Tassociation hiérarchique des ôtres au sein de IHeu ou de TÉglise. Le père Félix a aussi rendu hommage à ces deux dernières lois dans sa vi*' conférepce. C'est dans sa iv« conférence qù^il a rendu hommage à la loi de la Trinité. La réunion de ces trois lois constitue la divine Trl-logie ou la Science. La beauté et la grandeur de la Science consistent, non à isoler, mais à unir ces trois lois divines. C'est là Fœuvre capitale du Monde Nouveau.

330 LB VONDB NODTBAC

Gettei conception fait aossi^ en ce moment Totijet des haqtes spéculations <du P. Gratry ; et, si elle préoocspe moins M. Tabbé Gabriel, il n'en est pas demêroedeia loi ide la vie par 4à mort ou du perfectionnement par Fé^ preuve, que ce métaphysicien a exposée, arec un rare bonheur d'expression , dans la deuSième partie do Christ et du Monde, »

Ainsi les autorités ne manquant pas à l'appui des trois lois universelles du Cosmos ; et si nous voulions compulser ici les témoignages des docteurs, nous prouverions aisément que ces lois constituent le fond même de renseignement de rÉglise, Mais il reste à les approfiîndir, et à faire ressortir leur unité, et l'universalité de leur application à tous les êtres de la création.

La grandeur et la majesté de Tœuvre divine résultent en effet du jeu complexe de ces trois lois dans le Cosmos. Elles président à la formation, à ragencement et au roulement des êtres.

Mais ces lois ne sont fécondes que par leur combinaison. Les isoler cest les détruire, c'est tout détruire; c'est détruire l'unité et l'ensanble du Cosmos. C'est faire l'œuvre révolutionnaire des Savants de notre époque.

Si on se borne a la première de ces lois, à la loi ternaire ou de la Trinité, on ne possède. que la loi constitutive des.types, ou le plan suivant lequel Dieu a créé les êtres. Cette loi est, à la vérité, la loi ontologiquapar excellence, ou la loi pivotale et l'axe autour duquel tout roule et auquel tout doit se rattacher, mais, elle n» dit

ou LE HCRND1B DE JÈ^US-CHItlST. 331

pa& comment s'opère ce roulement des êtres et com^ iHeiBt se produit teur divib agencement, i Ce roulement des èti^S is'opère sous rètopiré de la seconde loi, b' 'loi 4ti perfectionnement par Tétjreuve ou de la repr©diM5ti(»i pgr la dèsttndioii (J); et leur agacement i est le résultat de la troifeième loi', la loi de Tassociation hiérarchique des êtres au sein de Dieu. - La Trinité^ ^sert de type ou d^Idéal aux êtres, et c'est autour d'elle qu'ils pivotent; Mais c'est la loi des hiérarchies qui les groupe ^et les iageiicefeuivant leur type ; et le Christ est le moyen de cet agencement ou- le Médiateur universel. :

■ Ce n*est pas que la Trinité,^ avec son association de personnes dans Tunité absolue, ne serve de type même à la loi universelle de l'association hiérarchique des êtres au sein de Dieu, La Trinité est la raison profonde de la distinction etdel-unité des choses. Mais on ne comprendrait jamais comment les êtrete peuvent être associés à Dieu, si' nous ne connaissions la loi des hîé^ rarchîes, qui, de degrés en degrés, d'anneaux en anli^auK, rattache les -êtres à la Trinité par le Christ.

Et nous ne comprendrions rien non plus au roule^ ment de la vie Végétale et animale, au mouvement des passions humaines, au drame de la vie et aux révolutions des empires, si, nous en tenant à là loi ontolo^ gique de la Triùité et à la loi soèîalé' des liiérarchies,

(1) Nous regretlons de ne pouvoir ')$xpQsei*4ci (les récentes décpuvertes de M. Pasteur, qui a donné de cette loi une démonstration

332 1.E UOKD& MOUVBAV

nous ne savions que ces deux lois supposent la troisième loi, la loi du médium, ou moyen universel suivant lequel tous les changements se produisent, c esl-à-dire la loi de la reproduction par la destruction, de la vie par la mort, du perfectionnement par l'épreuve, de l'expiation par le sacrifice, la loi du Christ en un mot.

La loi ternaire est surtout une loi ontologique, plus abstraite, plus philosophique que pratique.

La loi du Christ est surtout la loi de Téthique, la loi pratique, la loi des phénomènes.

La loi de Tassociation hiérarchique des êtres au sein de Dieu, ou la loi de TÉglise, est surtout la loi de Torganisation, la loi sociale, la loi des relations universelles.

La connaissance de ces trois lois peut seule donner l'explication de ces affinités intimes de la science et de la religion soupçonnées par de Maistre. Car ces trois lois dominent tout à la fois et la religion et la science, et donnent, à leurs mystères et à leur constitution, la même forme et la même origine, sans jamais rien confondre.

On plonge, avec ces trois lois, dans la profondeur intime des êtres, et, avec elles, on peut suivre les êtres dans leurs manifestations multiples à l'infini.

Nier une de ces lois, c'est mutiler la science, car c'est mutiler le Cosmos, oîi tout est fait à l'image de Dieu, du Christ et de l'Église.

La Science, c'est la connaissance simultanée de ces

ou LE MONDE DE JÉSUS GBRIST. 333

trois lois. On n'est vraiment savant qu'à la condition de confesser la Tri-logie divine, dans son unité et sa variété, ou sa complexité. La divine Tri-logie est la synthèse du Cosmos. Le travail du Monde Nouveau consistera à suivre la divine Tri-logie dans son application aux divers êtres, ce que Daniel et Isaïe ont exprimé en disant : il arrivera un temps « où la science « sera multipliée (1), » et oîi « la science du Seigneur, « immense comme la mer, inondera la terre (2). »

Le Monde Nouveau, le monde de Jésus-Christ, va être inondé par la science de Dieu.

Les sciences ramenées à la science de Dieu, du Christ et de TÉglise, ou à la divine Tri-logie, c est la consommation de la connaissance humaine sur la terre ; c'est le Triomphe, c'est la gloire de Dieu' manifestée aux hommes des avant-derniers jours. C'est la fin du monde de la Philosophie et de la Révolution, et Tavénement du Monde Nouveau, du monde de la lumière, annoncé clairement par de Maistre.

« Qu elle soit donc frappée de mort toute science « qui n'a pas Dieu pour objet (Bossuet). »

Ah! si Dieu était connu, il serait aimé! Dieu sera connu et vu clairement, quand on voudra : vu clairement, non dans sa Sub^stance^ c'est le secret du ciel et l'objet de la Vision în-tuitive, mais dans sa Forme et sa Force ou dans son Verbe et son Esprit, qui nous ont été donnés, et que la Science devra manifester, avec un

(1) Daniel, ch. xji, 4.

(2) Isaîe, xiy 9.

éclat et une puissapce capables de renverser les montagnes (les orgueilleux, les faux savants).

Ce sera la foudre de la Gloire éclatant aa milieu d'un monde, stupéfait à la vue de Dieu, à la vae des profondeurs invisibles clairement perçues à Fdj/érkr.

Les catholiques, > qui ont écrit sur l'accord de ia science et de. la i foi, doivent donc être dépassés. Lbs catholiques doivent porter leur ambition à de plus grandes hauteurs, s'ils veulent prendre l'offeasiTeet frapper au coeur le vieux serpent. qui, nous ayàt trompés par l'appât de* la science du bien^^ du md, ne peut être vaincu que si nous savons faire servir cdte science à la glorification de Dieu, en la rattachiantàlfli par tous les anneaux, si fortement liés, de la chaîne du Cosmos.

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