L'HISTOIRE DANS LE MONDE NOUVEAU
Comme la politique, la science et Tart, l'histoire est à faire. Les grands historiens comme les grands politiques, les grands savants, les grands artistes, les grands critiques sont dans Favenir ; ils ne sont pas dans le passé, ni même dans le présent, dans le monde transitoire qui passe.
Que serait la gloire de Dieu si le Monde Nouveau, son monde à lui, le monde qui doit faire éclater sa bonté, sa beauté, sa magnificence, n'était que la misérable doublure des mondes du passé, des mondes de corruption, d'impuissance et d'horreur; si ses grands politiques, ses grands savants, ses grands artistes, ses grands historiens étaient aussi petits, que les grands politiques, les grands savants, les grands artistes, les grands historiens du passé, tous impuissants et incapables, malgré leurs hautes facultés et leur génie superbe?
Ce siècle se vante de ses historiens, c'est même là sa Globe, il le dit. Quelle idée se fait-il donc de la Gloire?
M. Thiers est un grand historien, puissamment doué pour les recherches, la coordination des matériaux, Tintelligence des faits, vus par le petit bout, la finesse des détails, Tart de raconter, d'analyser des dossiers, de dénouer les fils d'une négociation, d'étaler des cartes, et de faire jouer des armées sur ces cartes, comme les petits enfants leurs soldats sur des tables. Sous ces divers rapports M. Thiers est incomparable, et on ne le surpassera pas. Il est Thistorien du siècle, sa couronne et sa Gloire. Pauvre couronne et pauvre Gloire!
M. Thiers est la plus haute et la plus brillante personnification de rhomme usé. On ne le surpassera ni en talent, ni en impuissance. Nous pourrions en dire autant de M. Guizot, historien et politique. Le monde usé delà révolution se personnifie dans ces deux hommes, quiep sont la représentation dernière, avec leur impuissance à fonder quelque chose, avec leur incontestable talent.
M. Thiers n a pas même soupçonné une seule des grandes lois de l'histoire! M. Thiers n'a pas même eu une idée, une seule idée, du rôle de son héros, Napoléon, dans l'histoire, du rôle de ce grand pensonnage apocalyptique;, chargé par le Verbe, le Véritable, de diettre à la raison, du haut djs son cheval blanc^ avec son sceptre de fer et son épée à deux tranchants^ rois et tri* buns\ riches et pauvres^ hommes libres et esclaves (anôen monde et révolution) I
Les Napoléons sont venus pour mettre le scellé ^^ l'ancien monde et préparer les voies du Monde Nouveau !
Comment M, Thiers aurait-il pu les comprendre? H
ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 3i7
en est ainsi des autres historiens de ce siècle. Ces histo^ riens, dans leur c^hère, font 1 office des politiques^ des savants /des artistes et des poètes du passé dans la leur. Les politiques 4vt paîssé déblayent et préparent le terrain du Mosde Nouveau; les savants constituent non •/â^scienee mais/^^ sciences/une à une, en détail, à la loûpe (les plus puissants^ télescopes ne sont que des loupes au regard de la grande science) ; les artistes et les poètes nous chantent les rapsodias dii passé. De même les historiens du passé entassent, sians comprendre les Causes, matériaux sur matériaux, avec une pénétration rare des faits, des détails, afin qu'avec ces provisions accumulées du monde qui s'en va, le Monde Nouveau puisse faire écrire l'histoire par des historiens à sa taille, à la grande époque où les Lapons diront d*A-^ lexandre^ de César, d'Homère, de Goethe, de Humboldt, de M. Thiers: Pauvres grands hommes !
. Non que le génie des siècles passés puisse être surpassé, à le considérer dans son essence. L'homme est toujours l'homme. Comme déploiement de facultés, comme mérite, il y a même plus de gloire à creuser un profond sillon, ab milieu des pierres, des ronces et des épines, dans un sol sec et aride, que dans une terre grasse, plantureuse et unie. '
Aussi Dieu nous garde de déprécier le mérite des hommes du passé, et encore moins celui de M. Thiers que de tout autre.
Mais là n'est pas la lumière et l'amour !
En revanche, il yal|i des passions, mais des passions
égoïstes, même dans les immolations des grands hommes, où Ton découvre presque toujours une abominable recherche de l'homme pour Thomme, jamais pour Dieu.
Aussi toutes les passions du passé sont-elles fausses, en dehors des Saints, réduits à fuir ce monde des passions horribles, à s ensevelir dans d'affreuses solitudes pour échapper aux grands hommes de l'histoire, à leurs exemples, à leurs scandales.
Ceci, est la vérité vraie.
Ceci, ne saurait être le monde voulu de Dieu, le monde de Dieu, le monde des passions vraies, des drames vrais pour la gloire de Dieu, le monde des passions généreuses, se manifestant dans la lumière et l'amour, en vue du bien des hommes et de la glorification de Dieu.
Que le monde de laLumière et deTAmour dépense la dixième partie seulement du génie des grands hommes passés des mondes de la haine et des ténèbres, quels grands hommes à côté de quels petits grands hommes! Que serait-ce, si l'homme des temps nouveaux avait, par hasard, non pas seulement le dixième, mais la- totalité du génie des grands hommes de la vieille histoire !
Que l'homme des temps npuveaux soit le même homme, l'homme des temps anciens; avec Dieu, il prendra à l'instant les proportions de l'archange.
Et si l'émulation s'en mêle, et si les passions s'enflamment, et l'émulation s'en mêlera et les passions s'enflammeront, dans la direction de la lumière et de l'amour, quels drames émouvants alors, quelle vie, quel mouvement I
ou LB MOKDE DE JÉSUS-CHRIST* 349
Qu on se passionne pour le peuple, au lieu de Tégorger aux désirs de Tambitieux et du despote, aux désirs d'un Mahmoud, d'un Timour, d*un Nicolas : qu'on rivalise de zèle, qu'on s'épuise en combinaisons sociales, pour améliorer la condition du peuple, et délivrer les riches et les puissants de la charge redoutable de suffire aux besoins de la multitude sans pouvoir y parvenir : qu'on se mette à la recherche des systèmes d'organisation, pour soulager riches et pauvres, et, si on ne peut détruire totalement la pauvreté, que tout au moins le zèle et la charité s'ingénient à trouver le moyen de rendre la misère impossible ou supportable : que tous s'excitent aux grands labeurs, aux grandes compatissances : que des croisades gigantesques se forment* pour délivrer les peuples de l'Orient et de l'Occident des ténèbres de la barbarie et de l'incrédulité : et alors, quels drames émouvants, et par conséquent quelle politique, quel art et quelle histoire ; quels grands politiques, quels grands artistes, quels grands historiens !
Et aussi quels savants, venant nous donner les moyens pratiques d'appliquer la science au soulagement des misères humaines, ou, ce qui revient au même, au développement de la production sous mille formes à peine encore soupçonnées !
Le monde n'est donc pas fini puisque le monde ancien est fini, et qu'il nous est donné de voir, avec une clarté éblouissante et jusque dans son organisation intime, jusque dans sa politique, sa science et son art, la perspective d'un monde possible, que nous avons là, à
nos portes, nous étalant ses merveilles, avec les moyens pratiques de les réaliser. Un monde si peu utopique, que la condition sine quâ non de son avènement c est de mettre hors la loi, hors de concours, le vieiêx mondé mot/^me déjà totalement usé, déjà presque un fantôme, déjà une utopie , ayant perdu jusqu'à la possibilité de Texistence pratique,
A la pratique! à la pratique! à la pratique de la religion, tout est dans ce mot , plus d'utopies, plus de songescreux^ et voilà la série des grands hommes, des vrais grands hommes qui commence! Oh ! quand le monde sortira- 141 deTutopie ! Quelle horreur de penser que, depuis six mille ans, le monde vit dans une utopie infernale, àla poursuite de chimères qui fuient toujours sans pouvoir être atteintes. Aussi pourquoi l'homme ne va-^ t-il droit à la pratique, à la réalité, à la seule réalité pratique, à Dieu? L'homme est en état de révolte depuis six mille ans. De là l'épouvantable châtiment qui le poursuit sans cesse. Dieu punit l'homme de le fuir depuis six mille ans ! .
Faut-il s'étonner des sévérités .de l'histoire ? Voilà la race humaine à l'état de révolte et à la merci d'une série de drôles, d'impertinents,de vaniteux, d'égoïstes, occupés, sous le nom de grands hommes, à une seule chose, à la conduire hors du Seigneur, dans les chimères des passions, dans l'utopie des réalités qui s'effondrent, parmi les châteaux de cartes de tous les diables de l'enfer, qui se moquent d'elle ; et on s'étonne que celui, qui a donné la liberté à la race humaine, l'aban-
ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRtST. 351
donne au fouet de ses grands hommes ! El on s'étonne que ces grands hoDpme^ la précipitant d'abîme en abîme^ de chimère en chimère, pourvu que d'un abîme à un autre, d'une chimère à une autre, il y ait un espace ou un intervalle suffisant pour y dresser Içur tente d*un jpur ! Ce livre est donc une, protestatioA jetée aux quatre vents du siècle ^ contre Texécrable utopie des siècles de vouloir marcher sans Dieu, sans pratique. Et.aifîn que celte protestation ne puisse être taxée d'utopique, elle proteste ici contre ceux qui, venant dénaturer Ja pensée de ce livre, y verraient autre chose que la pra* tique pure et simple de la religion, catholique, apostolique et romaine, romaine surtout.
Cette protestation aussi proteste hautement, énergiquement, contre ceux qui verraient dans ce livre autre chose qu'un acte, Tacte d'un chrétien indigné contrôla pusillanimité de ceux de ses frères, qui reculent honteusement ou timidement devant les conséquences des principes qu'ils ontrhonneur de représenter.
Le Mondé Nouveau, l'histoire de l'avenir en fera foi, n'est que la conséquence simple, aisée, sortant, sans effort, sans sophistique, de l'enseignement de l'Église, sans rien y changer, sans rien y modifier, sans en retrancher et sans y ajouter un iota. Est-ce clair?
Qu'on soit chrétien^ rien que cela, et le Monde Nouveau est fait. Non, que les mauvaises passions doivent disparaître, comme par enchantement, mais parce que les bonnes passions, grâce à Dieu et aux sacrements de l'Église, peuvent dans le Monde Nouveau avoir assez
d'empire pour neutraliser, en grande partie, les désastreux des passions mauvaises, réduites à se cacher au lieu de s'étaler avec impudence.
Le Monde Nouveau, au fond, c'est le triomphe deTÉglise et pas autre chojse. Or le Monde Nouveau se fera parce que rÉglise doit triompher; c'est ropinion générale de rÉglise, Topinion de ses enfants les plus pieux. Leur conscience, à toutes les époques, a éprouvé le besoin d'un triomphe éclatant avant la fin des temps. Une servirait de rien de le nier, et si on nous accusait de vouloir le Triomphe, nous fermerions la bouche à nos imprudents contradicteurs, en leur opposant notre chef à tous. Pie IX, qui, le 8 décembre 1854, aproclaméson espérance à Tayénement du pasteur universel, en présence des Églises du monde entier, représentées à Rome par leurs évoques.
Le triomphe de l'Église est la loi de Thistoire. L'histoire n'a pas d'autre loi que la loi du Triomphe. Toutes les autres lois de l'histoire rentrent dans la loi du Triomphe.
Parmi tous les faits providentiels si nombreux, si éclatants du dix-neuvième siècle, et qui font, du dixneuvième siècle, le siècle de la providence et le siècle des apprêts d'un âge nouveau, le mouvement historique est un des faits les plus illustres, un de ceux où se manifestent le plus visiblement les préparations de l'Esprit de Dieu.
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C'est en \ue de ces préparations que les historiens, comme la fourmi, entassent matériaux sur matériaux sans savoir pourquoi, sans en connaître la raison. A nous de comprendre toute la grandeur, et toute la signification divine de ce fait étrange des élaborations de l'histoire.
Sous le nom de philosophie de F histoire, Tesprit humain a soulevé, au dix-neuvième siècle, une question nouvelle : la question de la raison de l'histoire, de son but, de sa loi.
Or, l'homme ne fait rien : Dieu fait tout par l'homme. Dieu conduit tout : et lorsque l'esprit de l'homme soulève une question nouvelle, c'est que Dieu veut faire une nouvelle révélation à l'homme.
« Si donc l'humanité (1) veut connaître aujourd'hui la pensée qui dirige sa course, c'est que Dieu veut donner aujourd'hui cette connaissance à l'humanité. *
« Et pourquoi Dieu veut-il donner aùjoqrd'hui cette connaissance à l'humanité? Pourquoi Dieu veut-il révéler aujourd'hui la destinée de l'histoire, le dessein de l'œuvre des siècles?
« Parce que cette révélation donnera à la glorification du christianisme toute sa beauté en donnant à la science du christianisme toute sa grandeur. »
Tous les mouvements de l'humanité travaillent à la gloire du christianisme. Or, le jour est arrivé oti cette gloire doit être manifestée.
(1) De V Humanité au dix-neuvième siècle, par BL Viguié, p. 105 et s.
« Le monde moderne a armé contre le christianisme toutes les forces de l'intelligence. Mais la Sagesse glorifie toutes ses merveilles en faisant, par Terreur, les triomphes de la vérité. Et cette grande guerre, déclarée parle monde moderne à la vérité chrétienne, cet armement de toutes les forces de l'intelligence contre le christianisme, devait, dans les conseils divins, achever les triomphes et la gloire du christianisme. Par cette dispute immense. Dieu voulait faire la science du Christianisme, Dieu voulait faire apparaître l'œuvre chrétienne dans toutes les lumières de la vérité.
(( Déjà le travail divin est avancé.
(( Jje christianisme a été attaqué au nom de la science. Et, à la voix de la science, l'œuvre du Dieu de la création fait lire sur toutes ses faces les enseignements da Dieu du christianisme.
« Le christianisme a été attaqué au nom de l'intelligence et de Tart. Et Tintelligence et lart font rayonner les dogmes du christianisme de toutes lessplende^rs du Vrai et du Beau. »
L'Histoire doit achever la science du christianisme, en révélant le christianisme dans toute sa puissance. Et c'est là ce qui se prépare en ce moment.
Déjà l'histoire, par ses Hurter, ses Mœhler, ses Ranke, fait resplendir au soleil de son grand jour la vie du christianisme et le travail du christianisme sur l'humanité. Et, au soleil de ce grand jour de l'histoire, te christianisme est manifesté comme la lumière, la voie, la vie.
ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 3SS
« Mais Dieu veut donner au christianisme, par This toire, un triomphe j)lus magnifique. Dieu veut, par rhistoire, faire voir le christianisme dans toute sa majesté. Et Dieu donnera ce triomphe au christianisme, e» répondant à la grande question qu'il a posée aujourd'hui à Tesprit huipain sous le nom de philosophie de r Histoire; Dieu donnera ce triomphe au christianisme en révélant le dessein de l'œuvre des siècles, en révélant la destinée de l'histoire.
« Par la connaissance de la destinée de l'histoire, par la connaissance ^ du plan divin, le christianisme apparaîtra dans toute sa grandeur : le christianisme sera vu comme la raison et la loi de toute l'histoire, comme le centre universel attirant à lui toute la vie de l'œuvre divine, comme le commencement, le milieu et la fin de toutes choses. »
L'histoire aussi a été armée par le monde moderne contre le christianisme (Voltaire, Michelet). Mais ici, comme partout, comme toujours, l'erreur travaillait pour le compte de Dieu, et creusait la route pour le génie chrétien. Et maintenant le génie chrétien viendra, la science dé l'histoire sera faite, la honte de l'erreur sera manifestée, et le christianisme apparaîtra dans sa Divinité.
« La question historique est la position décisive dans la grande bataille entre le christianisme et l'erreur.
« Pourquoi'Dieu ireut-il révéler aujourd'hui la destinée de l'histoire, le dessein^ de l'œuvre des siècles?
« Parce que nous touchons à l'Époque sacrée oti
l'œuvre de Thistoife et des siècles recevra son accomplissement, où la glorification du christianisme appa-. rattra dans toute sa beauté. Voici venir TÉpiphanie! Voici venir la grande Manifestation ! Nous arrivons au règne de Jésus-Christ, nous arrivons à Tâge chrétien.
« L'âge chrétien, ce sera le christianisme dans la gloire de son triomphe, régnant sur la foi et Tamour de l'humanité, et faisant voir sur Ig. face de la terre une création nouvelle, un monde vivant de l'Esprit de Jésus-Christ,
« Mais ce monde ne donnerait pas au triomphe chrétien toute sa gloire, si l'humanité de ces temps" sacrés n'avait pas la conscience et Tintelligence de cette grande époque.
« Or, c'est la connaissance de la destinée de l'histoire, du dessein de l'œuvre des siècles, c'est la connaissance du plan divin qui achèvera la gloire du triomphe du christianisme, en donnant à l'humanité la conscience et l'intelligence du monde de Jésus- Christ, de l'âge chrétien. »
Voici le plan de l'histoire :
L'homme est tombé; l'homme a été relevé par Jésus-Christ. L'histoire et la vie de l'humanité se résument dans ces deux mots.
L'homme tombé arrive à Jésus-Christ, à travers le monde païen, pour se relever, et il traverse le monde christiano-païen, pour aboutir au Monde Nouveau, qai est le couronnement de Thistoire.
Jésus-Christ apparaissant au milieu des temps, donne
ou LE MONDE DE lÉSUS-GHRIST. 357
donc la raison de l'histoire, puisque Thumanité tombée au plus profond deFablme, dans le monde païen, est obligée de revenir à lui, dans le Monde Nouveau, en traversant le monde christiano-païen, qui n*a été que Tacheminement vers le Monde Nouveau, ou la préparation au monde de Jésus-Christ.
Le monde païen, c'est l'homme aux confins des Enfers, en communion avec le Démon. Mais le germe divin est déposé en Judée chez un petit peuple, dont la mission est d'entourer l'Arche, figure delà Vierge où était renfermé le germe divin. Le monde christianopaïen, c'est le germe éclos au milieu de la corruption et de la barbarie générales où l'homme était tombé, c'est le germe divin fait homme, qui lutte contre tous les vents de la terre en révolte, et cherche à se dégager des incantations de l'abîme.
Mais ces deux mondes étant finis et l'humanité ayant vidé, jusqu'à la lie, la coupe de leurs folles illusions, c'est au Germe divin fait homme de faire éclater sa puissance, au moment même où l'humanité ne trouvant plus rien au fond de la coupe est obligée de confesser son impuissance.
Le caractère du Monde Nouveau devra être la puissance et la gloire, afin que le plan divin, ainsi couronné de magnificence ; le contraste du monde de corruption et de révolte finissant dans la honte, et du monde de pureté et de sainteté surgissant dans la gloire, fasse éclater la beauté et la grandeur souveraines de l'œuvre de Jésus-Christ à travers les siècles.
358 LB MONDE KOUYKAD
Dieu ne devrait pas le triomphe .à rhomme qu'il le devrait à Jésus-Ctuist.
Nous demandons à Dieu ce triomphe^au nom de Jésus-Christ (du Sacré-Cœur), au nom de la Vierge (de rimmaculée conception),, au nom de Joseph (le charpentier, l'artisan, le peuple), au nom des Saints humiliés, persécutés, égorgés par la Bête,
Après cette mise en demeure des Saints, de saint ' Joseph, de la Vierge et de Jésus-Christ, Dieu ne saurait nous refuser le Triomphe (i).
(I) Nous revenons, et nous reviendrons souvent sur la dévotion au Sacré-Cœur, i l'Immaculée conception, à saint Joseph et aui Saints. Ce n'est pas sans un motif profondément mystérieux que Dieu tenait, comme en réserve, ces quatre dévotions pour Thumanité des avant-derniers temps. D'autres Font dit avant nous ; mais personne n'a fait ressortir encore le caractère esthétique, philosophique, politique et social, de ces quatre dévotions qui constituent le fopd môme de ce livre.
Au point de vue esthétique et philosophique, le concept de rimmaculée conception devra produire forcément le dégagement de la vérité et de la pureté idéales de tout ce qui est faux et impur, et môme de tout ce qui est môle de fausseté et d'impureté à un degré quelconque. Au point de vue politique et social, le concept de saint Joseph, conmie charpentier, devra mettre l'humanité sur la voie de la solution de la question démocratique et sociale. Et le règne des Saints, glorifiés et en communion intime avec les hommes, devra singulièrement faciliter l'organisation, sur le plan du christianisme^ des corporations ou des confréries ouvrières et de toute la société en général. Enfin, Jésus-Christ nous donnant son cœur dans l'Hostie, constituera le moyen pratique ou le médium universel, à l'aide duquel tous les hommes et tous les peuples pourront s'unir.
Le triple caractère du Monde Nouveau sera donc : la fraternité de tous, dans le cœur de Jésus ; l'égalité de .tous, dans saint Joseph, le charpentier; la liberté de tous, dans la vérité pure, dans Tlmmar culée conception.
Ce sera donc la Vierge qui nous donnera la liberté, qui nous af-