‹ Le monde nouveau ou le monde de Jésus-ChristChapitre 34 sur 43 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

ÉPOOUE DE L*AVÉNEMENT DU, jWONDÇ NOUVEAU D'APRÈS L'ANCIEN TESTAMENT.

Tout est la figure de Dieu, Dieu est le prototype de tous les êtres. La démoDstralion de cette loi fondamentale du Cosmos a fait l'objet de nos Essais et de notre Philosophe^ et nous sommes, après vingt ans de méditations et d'études approfondies, en mesure de la soutenir contre les philosophes et les savants qui viendraient l'attaquer.

Or Dieu, prototype des êtres, s est constitué en famille et en société, dans le temps et dans Téteroité. Dans Téternité sa famille est le Père, le Verbe «t r Esprit. Dans le temps sa famille est Joseph, Marie et Jésus-Christ. Sa société céleste, c'est l'Église des Anges et des Saints dans la Gloire, et sa société terrestre, c'est l'Église en marche vers la Gloire.

Ces divers éléments, prototypes du cosmos, sont fortement liés et combinés entre eux.

Le Père est, dans les profondeurs de l'Être divin, ce qu'est Joseph, dans les profondeurs de la famille d§

390 LE MONDE NOUVBAIJ

Dieu sur la terre. Le Père est le grand X, le grand inconuu, de la famille divine dans le ciel; Joseph est le grand X, le grand inconnu, de la famille divine sur la terre. Qui pourrait sonder les profondeurs mystiques d'un Époux Vierge, gardien de la plus belle et de la plus pure des Vierges; vivant dans Tintimité de cette créature privilégiée entre toutes les créatures; pénétrant au fond de son être, par une méditation permanente^ constamment éclairée des lumières de la grâce ; sassociant, sans rien dire, au rôle divin de la Mère de Dieu; souffrant des labeurs de la multitude, la nourrissant du produit de ses sueurs, toujours sans rien dire; ayant toutes les gloires du dévouement et de Tesprit de sacrifice de la multitude, vivant et mourant, comme elle, sous le poids de ses vertus, inconnu à tout autre qu'à Dieu (1)?

Joseph, le charpentier, est donc le prototype du Prolétaire, de rhomme du peuple, mourant, tout aussi inconnu, sur les champs de bataille ou sur son grabat, plein de gloire souvent, mais d*une gloire que tout le monde ignore, excepté Celui qui voit tout, et qui, surtout, ne perd jamais de vue le Pauvre.

Mais, si du côté de la terre, Joseph, le charpentier, est le prototype du peuple, de lartisan, du prolétaire,

(1). Suivant la bonne Sœur Catherine Emmerich, une des occupations favorites de Joseph, lui-même pauvre et malheureux, consistait à faire des maisons pour les pauvres et les malheureux ! Tout le monde nouveau de la corporation ouvrière, fondée sur la mutualité et la réciprocité des services, est dans cette étonnante révélation. Encore une révélation des avant-derniers jours !II -

ou LE «ONDE DE JÉSDS-GHRIST. 391

il est, du côté du cîel, l'époux de la Mère de Dieu, et le Père adoptif de Celui qui relie toutes les créatures entre elles et à Dieu.

Comme père et chef de la famille divine, Joseph est le chef et le père des hommes, le père et le chef des multitudes.

La Vierge est le prototype de l'autre moitié de l'humanité et se relie à Dieu, comme fille du Père, épouse du Saint-Esprit, Mère du Verbe. Mère du Fils de rhomme, elle est la mère des hommes, fille, épouse, mère de l'homme; fille, épouse, mère de Dieu.

Entre ces deux personnages divins, le Christ nous apparaît, les dépassant de toute la hauteur de sa personne divine, si, comme homme, il leur est soumis. Le Christ, fils de Dieu, Fils de Thomme, ayant le corps et Tâme de l'homme unis à la Personne de Dieu, relie la terre au ciel, la matière à lesprit, l'homme à la femme, Joseph à Marie. Centre de la famille divine, centre de la famille humaine, trait d'union entre le Pèreet le Saint-Esprit, entre Joseph et Marie, le Christ est le trait d'union de tous les êtres ou le Médiateur, par le sacrifice, de toutes les unions naturelles et surnaturelles.

Et ces deux familles, — la famille de Dieu dans le Ciel, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et la famille de Dieu sur la terre, Joseph, Marie, Jésus, — sont le prototype de l'Église, épouse mystique de Jésus-Christ, prototype elle-même de toutes les autres sociétés.

Ainsi tout, dans la création, se lie et se relie, dans la sainte humanité du Sauveur.

Nous avons donc raison de le dire, tout est la figure de Dieu qui est le prototype de tout. Le Christ luimême n'est qu'un moyen de tout rattacher à Dieu, de tout attirer à lui, en commençant par son Père adoptif et sa Mère.

La création est la figure de ces trois réalités typiques : la Trinité, Jésus-Christ etJ'Église.

La Bible, avec ses miracles, ses rites, ses cérémonies et la vie extraordinaire du peuple de Dieu, n'est que la figure de ces trois archétypes. Tout va là comme vont à rOcéan tous les fleuves*

La Bible, de la première à la dernière page, du premier chapitre de la Genèse, avec sa semaine de la Création, au dernier chapitre de l'Apocalypse, avec sa céleste Jérusalem de la consommation, n'est qu'une vaste figure prophétique des destinées immortelles de l'humanité, au sein de TËglise, de Jésus-Christ et de la Trinité.

L'histoire entière du genre humain, tout ce qui est arrivé et qui arrivera, même au delà des temps, est figuré dans ce Livre divin, avec une clarté, qui nous éblouit, nous confond et souvent nous fait peur.

Voyons donc ce que ce livre nous apprend de l'histoire du genre humain , puisque nous ne pouvons ici, à notre grand regret, faire ressortir les autres figures de ce miroir du Cosmos, de cette plaque photographique des merveilles de la terre et du ciel, des merveilles du monde scientifique et du monde mystique.

ou LE JIIONDE DE JÉSUS-CHRIST. 393

Le Livre divin, le miroir de l'histoire, s'ouvre aux premiers jours de la création.

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre, l'esprit et la' matière, les anges et les éléments.

L'œuvre divine dure six jours, au septième jour Dieu se repose. Nous sommes à la première page du grand miroir de l'histoire, et voici déjà une figure apocalyptique qui, rapprochée des prophéties de Daniel et de saint Jean, nous représente le genre humain, travaillant, pendant six mille ans ou six millénaires, au milieu des tribulations, et se reposant au septième ou au millénaire sabbatique, dans la gloire du Triomphe ou dans le Monde Nouveau, après lequel, la semaine apocalyptique se trouvant achevée, l'humanité entrera dans sa phase éternelle.

Au milieu de la semaine, le quatrième jour ou le jeudi. Dieu crée le soleil et la lune, figures de Jésus- Christ et de la Vierge, qui viennent en effet, sur la terre, à la fin du quatrième millénaire ou au commen-^ cément du cinquième (1) : le jeudi et le vendredi de la grande semaine apocalyptique. Or, c'est le jeudi de la semaine ordinaire, que Notre-Seigneur institue l'Eucharistie, Soleil du Monde Nouveau.

Le jeudi est encore consacré plus spécialement à

(I) La Vierge est née à la fin du quatrième inillénaire et Jésus- Gbrlst au commencement du cinquième. Us relient ainsi ces deux millénaires ou le monde ancien au monde moderne.

394 LB MONDB NOUVEAU

Notre-Seigneur; et le vendredi qui correspond au cinquième millénaire, est le jour de sa passion, qui a eu lieu effectivement au commencement de ce millénaire.

Le samedi, consacré à la Vierge, rappelle le sixième millénaire, ou le sixième jour de la semaine cosmique, à la tin duquel le Monde Nouveau a été inauguré par la Vierge, le 8 décembre 1854, à la veille du septième millénaire où le soleil du monde de Jésus-Christ se lèvera dans sa splendeur

L'on n'en finirait pas, si on voulait faire ressortir toutes les figures de la Bible. En vérité il y a surabondance de clarté dans ce Livre.

La Bible est un livre extraordinaire, et la preuve qu'il n a pu être le produit de la faible conception de la raison humaine, c'est que les mêmes passages elles mêmes mots expriment souvent, et toujours avec une égale justesse, une infinité de figures différentes, Dieu ayant trouvé le secret d'exprimer avec les mêmes mois les événements les plus opposés de l'histoire. Nous avons déjà vu une des significations des six jours de la Genèse. Voici une signification non moins frappante.

Les quatre premiers jours de la semaine, lundi, mardi, mercredi, jeudi ou les jours de la Lune, de Mars, de Mercure et de Jupiter, correspondent aux quatre premiers millénaires ou au monde païen. La création du Soleil el de la Lune (Jésus-Christ et la Vierge) ne viennent qu'à la fin de cette période, au quatrième jour, comme pouf figurer Jésus-Christ séparant, au milieu des temps, les

ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 39 S

ténèbres du paganisme des lumières de FÉvatigile. « Dieu « fit deux grands corps lumineux (le Christ et la Vierge) , M et il lés plaça dans le ciel pour luire sur la terre^ « pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer « la lumière d avec les ténèbres. »

Au chapitre m de la Genèse, Dieu annonce l'écrasement de la tête du serpent par la Vierge. Daniel et saint Jean nous diront plus loin la date précise de cet écrasement, qui devra coïncider a;vec la fin du faux prophète ou la dissolution, aujourd'hui visible, de l'empire de Mahomet.

Au chapitre iv de la Genèse, l'humanité égorgeant l'humanité [homo homini lupus), est condamnée, sous la figure de ceux qui égorgeraient Gain, à subir sept fois la peine du talion, ou à souflTrrr pendant sept millénaires.

Au chapitre vu de la Genèse, Noé prend dans F Arche sept couples d'animaux purs, représentant les sept millénaires de l'Église, et deux couples d'animaux impurs, représentant les deux Bêtes du chapitre xui de l'Apocalypse, ou l'humanité corrompue (homme et femme) d'avant et d'après Jésus-Christ.

Nous voyons déjà percer ici la distinction des deux cités, dont l'histoire nous sera racontée séparément dans l'Apocalypse, sur le plain profondément vrai et philosophique de. la dquble loi historique dii progrès dans

la décadence pour la cité du monde, et du progrès dans la vie pour la cité de Dieu.

Les côtoies d'animaux purs figurent les millénsdres. Nous verrons, en effet, bientôt que chaque millénaire se décompose en deux périodes, exprimant le jour et la nuit, et embrassant chacune cinq ou six siècles de progrès et cinq ou six siècles de temps d'arrêt ou d'obscurité, alternant invariablement dans la vie de TËglise et de Thumanité.

Ce sont les jours et les nuits de la Création, du chapitre premier de la Genèse.

Et s'il n'est pas question ici du huitième millénaire, c'est que ce millénaire est celui de la consom* mation ou de la fin du monde. Ce millénaire se trou- Tant incomplet, ne compte nulle part dans le système numéral des Livres Saints, où le nombre huit est aussi rare que le nombre sept est commun.

Au verset 3 du chapitre vu, Noé prend sept couples d'oiseaux du del^ figurant les sept millénaires de l'Église ou des Saints. Au verset 4 Dieu annonce le déluge, figure de la fin du monde. Il annonce aussi quarante jours de pluie, figure des quarante siècles du monde païen, au milieu duquel l'arche d'alliance (Israël) flottera, comme sur une mer houleuse, avant que le soleil reparaisse, image de Jésus-Christ venant éclairer la terre, après quarante siècles, ou les quatre millénaires du monde païen. Jésus-Christ et la Vierge (l'Arche d'Alliance) sont encore figurés par Tarc-en-ciel , au lendemain du déluge ou du monde païen.

ou LE MONDE ME JÉSOS-CHBlgT. 397

Tout est figure dans la Bible, même les réalités positives, comme le déluge, la plus scientifique des réalités. Au verset 4 il est dit : « Encore sept jours et je ferai pleuvoir quarante jours. » Le monde ne finira donc pas après le V millénaire, puisque la submersion du genre humain, à l'exception de Noé, Sem, Cham et Japhet (Jésus-Christ, Enoch, Elle, Marie), dure quarante jours. Daniel et saint Jean, en effet, nous apprendront bien* tôt que la dissolution du monde, ou Tabomination, la désolation et les efl^royables plaies des derniers jours, figurées par la rupture des sources de F abîme et des cataractes du ciel^ dureront un (/^m2.jnillénaire. Or justement le verset 24 dit, « que les eaux couvrirent la face de la terre durant 150 jours, » ou un peu moins de la moitié d'un an, figure d*un demi milfénaire. Nous verrons, en effet, qu'un an représente un millénaire. La Fin arriverait donc vers Tan 7,500 de la création, comme Daniel et saint Jean vont nous le révéler, sous une autre forme (1).

Au chapitre viii des Nombres, sept lampes sont posées sur le chandelier aux sept branches. Ces sept lampes, dont la flamme figure les sept millénaires de vie de Thumanité, sont tournées du côté du nord, la vie de-

(1) Nous nous servirons, dans nos interprétations, de la chronologie vulgaire, suivie par rÉgllse avec un profond dessein. Nous n'i' gnofons pas, que d'autres chronologies donnent au monde une plus grande antiquité. Mais la science viendrait à démontrer cette antiquité, que nos calculs n'en seraient pas ébranlés. Cela prouverait simplement que lesmillénaires cosmiques ne sont pas tous nécessairement de mille ans. Rien ne dit que ces périodes» tirant leur caractère distinctif, moins du temps que de la nature des événe-

\ant aller du midi vers le nord, de la Judée vers TEurope. Ces sept branches ou millénaires se divisent en deux groupes, à droite et à gauche de la tige, figure de la Croix, plantée au milieu du monde et divisant les âges.

Au chapitre i" de l'Apocalypse, 'nous retrouverons sept chandeliers (ou sept millénaires), et, au milieu, l'Ancien des jours, sous la figure du Fils de Thomme.

Au chapitre x des Nombres, on croit entendre le son des trompettes de l'Apocalypse.

Au chapitre xii des Nombres, Marie pour avoir murmuré contre Moïse, est à moitié couverte de lèpre et éloignée du camp d'Israël, pendant sept jours, figure des sept millénaires du genre humain, durant lesquels la moitié de ITiumanité, ou la cité du monde, sera couverte de lèpre, tandis que l'autre moitié, ou la cité de Dieu, en sera préservée.

Au chapitre xix des Nombres (remarquez ce mot nombres)^ u celui qui aura touché le corps mort d'un « homme (figure de la souillure originelle par le simple « contact de l'enfant avec Adam dans la génération), « sera impur durant sept ]q\xx%] » c'est-à-dire que le péché originel ne finira qu'après le septième millénaire du monde, ou dans le ciel.

ments, ne diffèrent pas entre elles de durée^ de môme que ces événements diffèrent de nature. U est môme des Pères qui donnent au millénaire sabbatique une durée indéterminée*

Nous raisonnerons cependant^ comme si ]es chiffres, résultant de nos calculs, devaient être pris dans leur sens naturel, mais sans perdre de vue la parole du Maître : De die iUo vel hord nemo scit, neque angeli in cœlo. » (Sajnt Marc, xiii, 32.)

Israël erre, pendant 40 ans, dans le désert, figure des quarante siècles ou des 4 millénaires de Tégarement des peuples avant Jésus-Christ, qui les a fait entrer dans la Terre Promise.

Moïse envoya douze hommes des douze tribus reconnaître la terre de Chanaan. Le nombre douze, ou la douzaine, dans le système duodécimal, est encore un chiffre final exprimant la totalité, comme le nombre neuf dans le système décimal (1). Les douze Patriarches, les douze Apôtres, représentés dans l'Apocalypse sous la figure des vingt-quatre vieillards assis sur des trônes autour du trône de Dieu, expriment une totalité, la totalité du monde antique ou de l'Ëglise antique, figurée par les douze Patriarches, et la totalité de TÉglise moderne, figurée par le collège des Apôtres. Les douze hommes envoyés, à la terre de Chanaan, représentent donc rhumanilé tout entière, occupéeà lexploration du Monde Nouveau ou en marche vers le monde de Jésus-Christ. Et la preuve, c'est que les douze envoyés

(i) La somme des chiffres du nombre 12 (1 -f- 2 — » 3) nous donne le nombre 3, qui a la môme propriété que le nombre 12. Nous allons, en effet, prouver que, d'après une loi curieuse des mathématiques, la somme des chiffres d*un nombre quelconque possède les mêmes propriétés que ce nombre lui-même. Si cette loi singulière ne recevait pas son application dans une foule de passages de la Bible, nos calculs seraient sans base, mais si nous la voyons s'appliquer aux autres chiffres de la Bible, on devra convenir que nos calculs n'ont rien d'arbitraire.

Le nombre 3, total des chiffres du nombre 12^ est aussi la racine carrée de 9, nombre final exprimant la totalité. Le nombre 3 est encore par lui-même un nombre complet, renfermant tous les éléments des nombres : l'unité, la dualité, la trinité, ou la racine de tous les nombres pairs et impairs.

n'eurent terminé leur exploration qu'au bout de quarante jours, figure des quatre millénaires, après lesquels le Christ est venu sur la terre.

La fête des tabernacles, célébrée en plein air dans les campagnes au son de la trompette, sous des tentes de feuillage, est aussi la figure du Monde Nouveau. Il en est de même du sabbat, où les Juifs se promenaient dans les vignes et les champs, en signe de paix et de repos, après les labeurs de la semaine.

La septième année, figure du septième millénaire, était une année sabbatique, où on laissait reposer la terre, dont les fruits appartenaient aux pauvres : image touchante de la charité des avant-derniers jours, ou de la période d'égalité et de fraternité chrétiennes, déjà inaugurée légalement, dans nos diverses constitutions, et à laquelle Jésus-Christ nous convie.

Après sept semaines de sept ans, les Juifs célébraient le grand jubilé, figure du jubilé de l'éternité, après la semaine de sept mille ans passée par l'humanité sur la terre. « Tu compteras aussi sept semaines d'années « ou 7 X 7 qui font 49... et lu sanctifieras la cinquan- « tième année et tu l'appeleras la rémission pour tous V les habitants de la terre. Car c'est le jubilé. En cette « année du jubilé tom retourneront dans leurs posses- « sions ; » (1) c'est la résurrection où les hommes reprendront possession de leur corps.

Le jubilé, figure de l'entrée de l'humanité dans la

(I) Lévitique, xxv, 8 et suiv.

ou LE MONDE DE JËSUS-GHRIST. 401

Gloire, dérive du mot Yôbel, corne de Bélier, trompette, (la trompette apocalyptique) . Toutes les dettes étaient remises au jubilé ; chacun rentrait dans son héritage et les escliaves étaient rendus à la liberté, images charmantes de la miséricorde divine au grand jour de rentrée de la cité de Dieu dans Téternité.

L* Église a conservé cette consolante image du pardon, en multipliant les jubilés et en prodiguant ses indulgences.

Mais voici quelque chose de prodigieux! Nous venons de voir, dans les premiers chapitres de la Bible, i et nous allons voir dans les prophètes, que la dis- : solution du monde, ou la corruption générale du : genre humain, commencera vers la fin du septième i millénaire sabbatique, or la fin d*un millénaire, comme i la fin d'un jour, correspond à minuit. Eh bien ! c'est, à minuit du dimanche au lundi, que se tenait [ le sabbat diabolique ou le sabbat des sorcières, figure du huitième millénaire ou du millénaire de la disr solution. On est alors au lundi gras, ou au lundi profané dans l'orgie par l'ouvrier aux barrières, après avoir profané par le travail le dimanche : horrible insi- ^ nuation de Satan ou réminiscence du sabbat des sor^ [ cières.

Les sorciers et les sorcières se rendaient à l'assemblée dans un lieu désert, dans une abbaye en ruines, à cheval sur des boucs, des ânes, des manches à balai, des pelles à feu, traversantJes airs avec rapidité :

figures des abominations et des désolations des der-

402 LE MONDB NOUVEAU

niers jours, et de la rapidité de la dissolution du monde au milieu des ruines et des ténèbres.

Le livre des Nombres est un des livres les plus étonnants de la Bible. C'est la marche du Peuple de Diea (de rhumanité) h travers le désert (le monde ancien et moderne), et s*acheminant vers la Terre Promise (le Monde Nouveau).

Les fatigues, les privations d'Israël; ses haltes, ses murmures, sa résistance à Moïse et à Aaron ; la courte défaillance de ces derniers à un moment décisif, et le châtiment qui les frappe (Aàron meurt sur la montagne de Hor et Moïse sur celle d*Abarim en vue de la Terre Promise) ; la^anne, l'eau du rocher, les cailles, images des biens que Dieu prodigueà l'humanité dans sa marche ; les encouragements qui succèdent aux châtiments inexorables, tout cela rappelle la marche difficile, embarrassée, tantôt enthousiaste, tantôt découragée, de l'humanité à travers les siècles.

Mais voilà que, tout à coup, au moment même d'entrer dans la contrée bénie où coulent te lait et le miel m abondance, le peuple se décourage ; Dieu est obligé de le frapper encore.

Le Peuple s'exalte, et il désobéit à Dieu, en attaquant Tennemi dans un mouvement d'orgueil et d'impatience; il est défait.

Bientôt il est obligé de modifier l'ordre de sa marche. Il a besoin de traverser le pays d'Édom. Il veut

ou LE MONDE DE JÉSCS-CHRIST. 403

faire, avec le roi d*Édom, des accommodements pour arriver à la Terre Promise (les accommodements des catholiques qui transigent avec le Siècle) : « Laissez- « nous passer... nous vous donnerons ce qui est juste, « il n'y aura aucune difficulté pour le prix (i). »

Vaines supplications, vaines concessions, le roi d'Édom reste inflexible ; le peuple de Dieu ne pourra passer sans combattre. Il hésite, il tourne autour de la Terre Promise (les atermoiements, les hésitations des catholiques en vue du Monde Nouveau). Il essaye d'obtenir le passage sur un autre point, sur le territoire de Séhon, roi des Amorrhéens, sa demande est encore rejetée; il faut encore combattre.Le temps des tâtonnements est passé, le Monde Nouveau ne peut être conquis qu'à la pointe de Tépée. Mais Dieu alors bénit les armes de son Peuple, et il va toujours être victorieux parce qu'enfin il a foi en la puissance de Dieu. Cela seul était nécessaire, non pas la foi en Dieii, chose insuffisante, mais la foi en la puissance de Dieu. Quelle leçon aux catholiques de nos jours qui ne croient qu'à la défaite, à l'impuissance de Dieu !

Le peuple de Dieu va donc entrer dans la Terre Promise, il va faire tomber les murailles de Jéricho (le fort armé de la Révolte et de l'Impiété, le monde païen, le monde christiano-païen, le monde de la Révolution). Mais, avant, un fait étrange se passe.

Sur le seuil de la Terre Promise (du Monde Nouveau) ,

(1) Nombres, ch. xx, 47, «9.

Israël s'arrête, il étend ses pavillons dans la plaine, suivant le plan de campement tracé par la main même de Dieu ; il se groupe par tribus, à lorient, à l'occident, au septentrion, au midi, autour de Tarche sainte, autour du tabernacle, et alors un phénomène extraordinaire se produit : un faux prophète, Balaam (l'Islamisme, la Révolution, la civilisation hostile) est forcé par Dieu même et malgré les présents, les sollicitations et les caresses du Roi de Moab (l'impiété), de bénir le peuple qu'il devait maudire! C'est le faux prophète, le Turc, s'inclinant devant la croix, c'est la Révolution préparant les voies au Seigneur.

Or Balaam, le faux prophète, ne bénit pas seulement, il prophétise et il prophétise le Monde Nouveau 1 Le faux prophète condamné par Dieu à prophétiser le Monde Nouveau, quel enseignement! Ne dirait-on pas Voltaire, Rousseau, Condorcet, Saint-Just, Robespierre, Babœuf, Saint-Simon, Fourier, Cabet, Louis Blanc, prophétisant, les uns la révolution, les autres la transformation du genre humain, et tous par conséquent le Monde Nouveau, déjà aux trois quarts accompli, dans l'ordre économique, politique et social, et auquel il ne manque qu'une chose, l'âme de l'Église?

L'ânesse, la monture du faux Prophète (les simples qui se sont laissé séduire par Mahomet, la Révolution^ la Civilisation hostile), obligée elle-même de s'arrêter^ tout court, devant l'ange du Seigneur, dans un sentier, entre deux murs, où la Bête, après s'être tournée et retournée en tous sens, pour échapper au regard

ou LE MONDE DE JÉSUS- CHRIST. 405

fulgurant de Tange, arrive à un endroit si étroit que, pour éviter la main de Dieu prête à frapper, elle est obligée de s'abattre sous les pieds du faux prophète {rempire Turc qui s*écroule) : quelles images !

Et alors l'ânesse parle (les hommes ignorants mais bons ouvrant enfin les yeux).

L'ânesse refuse de marcher avec le faux prophète (le peuple déçu se retournant contre ses séducteurs).

Les yeux du faux prophète s'ouvrent (la conversion des peuples). Il voit l'ange à son tour, et il entend sortir de sa bouche ces mystérieuses paroles : « Pourquoi as- « tu frappé ton ânesse trois fois (dans le monde païen, « le monde christiano-païen, le monde de la Révolu- <ttion)? Je suis venu pour m'opposer à toi, paï^ce que <( la voie dans laquelle tu marches est perverse et « qu'elle m'est contraire (la marche de l'humanité hors « du Seigneur). Va cependant... Mais prends garde de « ne dire que ce que je t'ordonnerai. » {Nofnb.y xxii.)

Balaam arrive chez le roi de Moàb. Il fait dresser par trois fois (racine de 9, nombre final, nombre de la consommation, nombre cosmique) , 5^jo^ autels (les sept millénaires). Devant ces sept millénaires, il prédît la destinée du peuple juif, béni trois fois (dans Abraham, Moïse, et au septième millénaire). Balaam voit donc le Peuple de Dieu, du haut d'une montagne, réuni tout entier sous ses tentes; du haut d'une autre moiitagne, il ne le voit qu'à moitié ; c'est la scission d'Israël ou bien la dispersion,

406 LE HONDB NOUVEAU

Balaam annonce ensuite le Christ : « Une étoile sor- « tirade Jacob et un sceptre s'élèvera d'Israël. »

Enfin, il voit un peuple sortir de la terre italique. Ce peuple (le peuple romain) vient détruire la nation juive, et il est détruit à son tour.

Du haut d'une troisième montagne (le troisième naillénaire après Jésus-Christ, ou la troisième phase de la destinée du Peuple juif) Balaam voit Israël sous ses pavillons. C'est le millénaire sabbatique, le septième millénaire du monde, ou la conversion des juifs se rassemblant de toutes les parties de la terre à Jérusalem, et donnant au Monde Nouveau son caractère triomphal. « Que tes pavillons sont beaux, ô Jacob, que tes tentes « sont belles, ô Israël ! »

Un autre caractère du monde de Jésus-Christ, d'après le livre des Nombres, consistera, non dans la séparation, mais dans la distinction des attributions et l'union d'action de l'Église et de l'État, et dans l'incompétence absolue de l'État en matière religieuse. Josué (le pouvoir temporel), chargé par Dieu d'introduire Israël dans la Terre Promise (le Monde Nouveau), ne pourra plus, comme Moïse, image de Jésus-Christ, consulter le Seigneur dans le tabernacle, mais il devra « consulter le PRÊTRE « et ne rien faire que d'après ses avis (ch. xxvii). C'est la figure du Pasteur universel, devenu le conseiller des rois. Le Monde Nouveau résoudra donc encore la question si agitée des rapports du Sacerdoce et de l'Empire.

ou LB MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 407

Daniel voit passer devant lui les temps et les événements. Les derniers cycles de Thistoire surtout lui apparaissent, avec leurs dates. Au chapitre vu, v. 25, Daniel annonce la fin de Tempire Turc » qui parle or- /( gueilleusement contre le Très-Haut, brise ses saints, (( (massacre des chrétiens) et veut changer les temps et « les lois )) (rHégire). Cette fin aura lieu dans un temps, un temps et un demi temps, ou deux millénaires et demi, qui, en prenant pour point de départ le sixième siècle avant Jésus-Christ où le prophète annonçait cette fin, nous conduit vers Tan 1900 après Jésus-Christ, époque sans doute de la dissolution de l'empire Turc, sinon de la disparition totale de F islamisme.

Au chapitre xu, v. 7, après avoir entrevu une période c( oîi la science sera multipliée, et oîi ceux qui sont in- (( telligents brilleront comme la splendeur du ciel, » le prophète annonce que cette heureuse période, ou le septième millénaire, c'est-à-dire le Monde Nouveau, dont la chute de l'empire Turc doit signaler Tavénement d'après saint Jean (Ap., ch. xix et xx), finira dans trois temps et demi, ou trois mille cinq cents ans. Ces trois mille cinq cents ans, en prenant toujours pour point de départ le sixième siècle avant Jésus-Christ date de la prophétie, nous conduisent vers Tan deux mille neuf cent, ou mille ans après la chute de l'islamisme (1) .

(1) Il est remarquable que le Monde Nouveau, ou le 7* HÛUé-

408 LB MONDE NOOYBAU

Au même chapitre , v. H , Daniel annonce que la fin du

monde aura lieu mille deux cent quatre-vingt-dix jours,

après Tabolition du sacrifice perpétuel : « et depuis le

« temps que le sacrifice perpétuel aura été aboli; et que

« l'abomination sera mise dans la désolation, il y aura

« mille deux cent quatre-vingt-dix jours. » Ceis mille

deux cent quatre-vingt-dix jours, divisés par les trois

cent soixante-cinq jours (1) dont se compôise Tannée,

nous donnent aussi trois ans et demi, ou trois mille cinq

cents ans, après Jésus-Christ. Au même chapitré, v. 12,

. le prophète annonce rentrée des bienheureux dans le

ciel quarante-cinq jours après la dissolution. « Bieri-

« heureux celui qui attend et qui parvient jusqu'à mille

« trois cent trente cinq jours. » Ces quarante-cinq

jours représentent environ le huitième de trois cent

soixante-cinq jours ou d'un an, c'est-à-dire le huitième

d'un millénaire ou cent vingt-cinq ans. Le jugement.

dernier, ou l'ascension des bienheureux dans le ciel,

«l'aurait donc lieu qu'environ cent vingt-cinq ans après

la fin du monde, vers l'an trois mille six cent de Jésus-

naire, commence vers le xx* siècle et finisse vers le xxx». H deyralt commencer après le xx« et finir après le xxx*. Mais comme le 7* jour de la semaine^ ou le sabbat, auquel correspond le 1* millénaire sabbatique, commençait, chez les Juifs, la veille, au coucher du soleil, et finissait au coucher du soleil du jour du sabbat, il fallait bien qjio le millénaire sabbatique commençât et finit aussi par anticipation, afin que la figure fût parfaite.

(i) On pourrait diviser par '354 jours, ou l'année lunaire, qui était la manière de compter des Juifs. On aurait alors une différence dans le résultat. Nous ne tenons pas compte, dans lios calculs, des 5 heures 48 minutes 51 secondes et 6 tierces, complémentaires des 365 jours.

ou LE HONDE DE JÉSUS-CHRIST. 409

Christ, ou vers Tan sept mille six cent du monde.

Le septième millénaire ou le Monde Nouveau, commençant vers l'an mille neuf cent et finissant vers l'an deux mille neuf cent, ou environ six cents ans avant la fin du monde, dn doit conclure de là que la grande apostasie^ où le travail de dissolution du monde (le lundi gras), durera six cents ans, et finira vers Tan sept mille rinq cent de la création, date de la fin du monde que nous a précisément donnée le chapitre xii de la Genèse.

Si nous nous reportons au Lévitique^ chapitre xxv, v.' 9, le jour de la réconciliation générale ou le grand jour du jubilé se célébrait le dixième jour du septième mois. « Tu feras sonner la trompette le dixième « jour du septième mois dans toute la terre, au jour « de la réconciliation.' »

Le septième mois se rapporte ici au septième millénaire de la Création, ou au Monde Nouveau, et le dixième jour ou le tiers du mois, nous donne le fiers de ce millénaire..

La réconciliation des juifs, au dixième jour du septième mois, ou leur retour à TÉglise, aura donc lieu vers le tiers du septième millénaire, ou vers Tan deux mille deux cent de' Jésus-Christ, puisque ce millénaire commence vers 1900.

Nous venons de lire, dans la Bible et les prophètes, les destinées de l'humanité, écrites avec une clarté saisissante et une précision, à certains égards, mathématique.

Que sera-ce, quand Y Apocalypse^ livre autrement clair que les passages que nous venons de commenter et que nous aurions pu multiplier, viendra nous présenter le tableau circonstancié de l'accomplissement intégral, et jour par jour, de ces figures et de ces prophéties (1)7

Ce livre étonnant, dont la lumière éblouissante fait pâlir les lumières de Thistoire, est en effet un récit historique encore plus qu'une suite imposante de prophéties.

il est la Révélation de la Révélation, ou la manifestation triomphale du Christ, au septième millénaire du monde.

U Apocalypse recèle une lumière inattendue, venant resplendir, tout à coup, aux yeux de l'univers surpris. C'est Tétincelle électrique venant foudroyer tous les reptiles (Renan, Strauss, Michelet), et faisant éclater leur crétinisme avec pompe.

Mais avant d'aborder ce livre, doublement divin, interrogeons r Évangile. Nous ne multiplierons pas les citations ni les commentaires, autant que nous le pourrions. Car à quoi bon? La lumière abonde, et il faut laisser quelque chose à faire aux autres commentateurs. Nous nous bornerons donc à l'interprétation de deux passages.

(1) Il ne faut pas perdre de vue notre observation précédente, que Dieu peut raccourcir ou prolonger les périodes sans en intervertir Tordre et le rang.

Page 1