ÉPOQUE DE L'AVÈNEMENT DU MONDE NOUVEAU, D'APRÈS LE NOUVEAU TESTAMENT
Nous avons vu que les six jours de la Création et le septième jour, ou le jour du repos, étaient une figure des six jours cosmiques, ou des six millénaires de l'histoire, suivis du septième millénaire ou du repos sabbatique de rhumanité. Nous avons vu aussi, que les quatre premiers millénaires, correspondant aux quatre premiers jours de la semaine, étaient les millénaires du monde païen, et que le cinquième millénaire, ou le vendredi, correspondait à la passion du Sauveur, qui a inauguré Fère nouvelle.
Or, c'est encore le vendredi, jour consacré à la passion du Sauveur, et correspondant au cinquième jour, ou au cinquième înilléndre de la semaine apocalyptique, que les martyrs ont été égorgés sur une échelle immense dans tout Tempire Romain.
C'est encore vers la seconde moitié et vers le dernier tiers de ce cinquième millénaire, qui correspond à l'heure où Jésus-Christ agonisait, que la chrétienté, en-
\ahie par les hérésies et les barbares, est descendue si bas, si bas, qu'épouvantée à cette vue, elle a cru un moment à la dissolution du monde.
C'était la nuit du cinquième millénaire. Caries jours cosmiques ont, comme ceux de la création, leur nuit et leur jour.
Le jour du cinquième millénaire cosmique, commencé avec Jésus-Christ et les apôtres, avait brillé, dans tout Téclat de son midi, sous les Pères et Constantin (troisième siècle), et avait décliné ensuite, avec les hérésies et lenvahissement des barbares.
La nuit de l'Église avait alors commencé, au milieu du désordre des mœurs. Et c'est, vers la fin de cette nuit (neuvième siècle), que Charlemagne avait jeté les fondements de la chrétienté du moyen âge.
C'est, en effet, dans la nuit et vers son déclin, que se font souvent les préparations aux grandes transformations de Thistoire, comme c'est, dans la nuit où nous sommes et vers son déclin, que se fait la préparation du Monde Nouveau.
Le sixième jour, ou le sixième millénaire cosmique, s'est donc levé, après Charlemagne, et a brillé, dans tout son éclat, vers le treizième siècle (saint Thomas, saint Grégoire VII) , pour décliner ensuite et aboutir aux hérésies de Wiclef et de Jean Huss, de Luther et de Calvin, qui ont fait la profonde nuit, au milieu de laquelle l'Église est encore plongée, mais qui toQche à sa fin, puisque nous sommes au crépuscule du Monde Nouveau.
Jésfus-Christa donc manifesté deux fois sa puissance
ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 413
depuis sa mort. Il a manifesté la première fois sa puissance, au jour du cinquième millénaire, où la religion triomphant, avec les Apôtres et les Pères, «st montée sur le trône avec Constantin (les premiers siècles de rÉglise), la nuit étant ensuite venue, pendant les derniers siècles du premier millénaire de Jésus-Christ.
Jésus-Christ a manifesté une seconde fois s^ puissance, au jour du sixième millénaire du monde, ou au jour du deuxième millénaire de notre ère. lia manifesté alors sa puissance, avec les grands papes et les grands docteurs du moyen âge (saint Grégoire vu, saint Bernard, saint Thomas), pendant les cinq cents premières années ou pendant le jour de ce millénaire, la nuit étant ensuite venue, pendant les quatre ou cinq cents dernières années de ce millénaire.
Nous touchons donc, en ce moment, à la troisième manifestation, où Jésus-Christ fera éclater sa puissance. Nous touchons au grand jour du septième millénaire, ou au millénaire sabbatique, qui dissipera les ténèbres de la nuit, au milieu de laquelle TÊglise, toujours pure et lumineuse, est plongée depuis le seizième siècle.
Et, comme c'est avant le lever du jour, ou en plein chaos, que se font les préparations, nous sommes autorisé à dire que l'humanité est en pleine préparation du Monde Nouveau.
Les caractères de cette préparation sont clairement indiqués, dans le chapitre xxi de TÉvangile de saint Jean .
L'historien sacré raconte, dans ce chapitre, la pêche miraculeuse qui a eu lieu lors de la troisième manifestation de Notre-Seigneur, après sa résurrection. Évidemment, cette troisième manifestation correspond à la manifestation de Jésus-Christ dans le Monde Nouveau, ou au millénaire sabbatique, puisque nous avons déjà eu deux manifestations, la première au jour du cinquième millénaire (les Pères et Constantin), et la seconde au jour du sixième millénaire (saint Grégoire VII et saint Thomas, comme nous venons de le dire).
Notre-Seigneur apparut donc, pour la troisième fois, à ses disciples sur les bords de la mer de Tibériade. Les disciples étaient au nombre de sept. Le chiffre sept, qui se reproduit dans une infinité de passages des Livres saints et exprime ordinairement les sept millénaires, donne à l'apparition un caractère cosmique. Pierre (l'Église), Thomas (qui représente le caractère éminemment positif de notre siècle) , Jean (l'amour ou l'apôtre du Monde Nouveau), étaient au nombre des sept.
Ils avaient péché toute la nuit (la nuit du seizième au vingtième siècle) . Ils n'avaient rien pris I Depuis le seizième siècle, vainement les catholiques déploient leur activité pour la conversion des peuples, les peuples restent sourds à leur voix ; les hérétiques et les schismatiques ferment leur cœur à la lumière.
Jésus apparaît donc à ces disciples vers le matin. U^ disciples ne le reconnurent point. C'est l'histoire des chrétiens, au milieu desquels le Seigneur se tient en permanence, sans qu'ils s'en aperçoivent. Pierre lui-même
ou LE MONDE DE JÊSII3-GBRIST. 415
(la papauté) ne le reconnaît pas d'abord. Pierre était nu, les ténèbres régnaient encore, figure de Tétat de nudité et de ténèbres que la Papauté traverse en ce moment. Mais Jean (l'Amour, lapôtre du Monde Nouveau) reconnaît le Sauveur. C'est toujours TAmour (le Saint) qui reconnaît le Seigneur, qui prend toutes les grandes initiatives. Jean s'adressant donc à Pierre (à la papauté) s'écrie : Voilà le Seigneur ! Alors Pierre ouvre les yeux, il se couvre d'une tunique, parce quil était nu, et il se jette à la mer. C'est bien le zèle de Pierre.
Les apôtres n'avaient rien pris pendant toute la nuit. Jésus-Christ leur dit : « Vous n'avez donc rien à manger ? — Hélas ! non. — Jetez votre filet à droite. » Et le filet se trouva plein de 153 gros poissons.
Ainsi, il n'y avait qu'à jeter le filet à droite pour faire bonne pêche I Quelle leçon pour les catholiques ! Il y a donc une manière de jeter le filet? Catherine Em- ' merich et les mystiques font ressortir la signification mystérieuse de ce mot, à droite. Selon nous, il signifie que le meilleur moyen de convertir les hommes, c'est d'aller droit au but, c'est de ne faire avec le siècle aucun accommodement ; c'est de se tourner uniquement vers Jésus-Christ, qui est assis à la droite de Dieu ; c'est d'affirmer le Monde Nouveau, lé Monde de Jésus-Christ, ou Tavénement prochain du Pasteur universel (le Pape) régnant, avec sa houlette, dune mer à Vautre (1).
Car, c'est en péchant de cette manière, en jetant son
(1) Paroles de Pie IX, dans la buUe de rimmaculée Conception.
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filet à droite, que l'on prendra, non pas un poisson, mais tous les poissons, et les gros poissons. Ce que les apôtres retirèrent de la mer, en effet, ce furent 153 ^m poissons. Or, sait -on la signification de ce uombre 1 53 ? Ce nombre signifie une pêche complète, ou la conversion de tous les peuples de la terre , de tous les gros poissons ; car encore ici nous retrouvons cette loi mathématique singulière, dont nous avons promis de donner l'explication : la loi en vertu de laquelle la somme des chiffres d'un nombre quelconque possède les mêmes propriétés numériques que ce nombre lui-^méme.
Si donc on fait la somme des trois chiffres de 153, on a 1 -f 5 + 3 = 9. Or, 9, avons-noiis dit, est le chiffre final, le chiffre au delà duquel la série des 9 premiers nombres recommence à Tinfini : le nombre neuf renferme les neuf premiers nombres ; le nombre dix, c'est le nombre neuf plus un, c'est-à-^dire une nouvelle série des neuf premiers nombres qui recommence, 10, ii^ 12, 13, 14, etc.^ ou une suitede' séries éternelles, figures de l'éternité.
Mais, pourquoi le nombre 153 exprime-t-il le chiffre 9? Ou, en d'autres termes, pourquoi la somme des chiffres d'un nombre quelconque offre-t-elle les mêmes propriétés que le nombre lui-même? Parce que, si l'on compare cette somme à la somme des chiffres d'un autre nombre quelconque, leurs rapports restent tou-
ou LE ttONDB DE JÉSUS-CHRIST. Ail
jours les mêmes, que la comparaison s'établisse entre ces deux nombres, ou entre les sommes dé leurs chiffres. Ainsi :
Si maintenant on compare d'un côté 439 à 345, et d un autre côté 7 à 3, chiffres qui expriment la réduction des nombres 439 et 345, on arrive au même chiffre comme résultat; ce qui prouve l'égalité des rapports. Ainsi :
439 4- 345 =784 = 7 4-8 + 4=- 19= i -f 9= iO=-i+0=i,
De même , la somme des chiffres de 439 et 345 ou 74-3 = 19= 1 4-0 = 1.
Les propriétés ou rapports numériques des nombres 439 4- 345 sont donc les mêmes que les propriétés et les rapports numériques des nombres 7 4-3, puisque la somme des chiffres de ces deux couples de nombres aboutit à un, c'est-à-dire an même chiffre, au même résultat. Ceci revient à cette parole du 34* verset du chapitre XIV des Nombres : que, pour Dieu, 40 jours, ou 40 ans, ou 4 millénaires (4+ 0]= 4), c'est la même chose.
Au lieu de soumettre ces nombres à des additions, nous aurions pu les soumettre à des soustractions, à des multiplications ou à des divisions, et nous aurions retrouvé les mêmes rapports entre les nombres et leurs réductions par l'addition (1).
(i) Nous renvoyons à V Absolu dam un principe ^ et à V Algèbre du
il8 .LE MONDE NOUVEAU
Donc, nous avons mathématiquement raison de dire que 153 = 9. Donc la pêche miraculeuse .des 153 gros poissons de la troisième manifestation du Sauveur, aji troisième millénaire après la résurrection, ou au millénaire sabbatique, sera une pêche complète, qui mettra tous \çi%gro$ poissons ou tous les peuples de la terre dans les filets de TÉglise. Cela n'est pas douteux ! ! !
Mais nous verrons bien d'autres applications de cette étrange loi mathématique , qui va , avec une autre loi dont nous allons bientôt parler, nous mettre non-seulement sur la trace de la clef de l'Ancien et du Nouveau Testament, mais aussi sur celle de l'Apocalypse. Mais ne nous pressons pas.
Les disciples prirent donc, dans leur filet, J53 gros poissons; mais, chose non moins étonnante, ils trouvèrent sur le rivage un feu allumé, avec des poissons et du pain , figure de la multiplication des grains de blé (1), dans la période d'abondance du Monde Nouveau.
Mais pourquoi ce feu allumé, ces poissons préparés et ce repas servi, en dehors et à l'insu de Pierre (la pa-
savant mathématicien M. Dessoye (Paris, 1862 et 1863), ceux de no8 lecteurs qui n'auraient pas bien saisi notre dénàonstration.
(1) Aujourd'hui, en Angleterre, en Belgique et dans quelques contrées de la France, les agronomes habiles font produire au grain de blé 15 à 16, au lieu de 5 ou 6 qu'il produisait autrefois, et qu'il produit encore dans les contrées moins au courant des procédés de la bonne cullyre.
ou LE MONDE DE JÉSCS-CHRIST. 419
pauté)?Dieu voudrait-il faire éclater le Monde Nouveau par des moyens où il apparaîtrait visiblement que lui ^eul est en scène? Voudrait-il se servir des hérétiques, des philosophes, des révolutionnaires et même^ des impies, pour préparer les voies à sa Providence? Voudraitil aussi se servir de Ss.tB.n pour précipiter et enchaîner Satâti daûs Tahîrhe (Apoc, ch. xx), et faire sortir sa gloire et le salut des hommes de cette solennelle mystification, rendue encore plus sensible par les effarts désespérés que fait le vieux Serpent (Strauss, Feuerbach, Michelet, Renan) pour pervertir Thumanité en ce moment? En d'autres termes, le moment serait-il venu où Dieu, voulant faire régner Jésus-Christ sur ses ennemis^ en ferait les escabeaux de ses pieds (1) ?
Ou bien. Dieu voudrait-il se servir d'instruments indignes, de simples laïques, pleins d'imperfections, de laïques convertis, de révolutionnaires convertis, d'impies convertis, qui sait, de Proudhon converti, pour travailler à ce triomphe des Saints, à ce triomphe de la Vierge ou de la Pureté sans tache, à ce triomphe de Joseph, le charpentier (le Peuple) ? Dieu voudrait-il ainsi donner une nouvelle démonstration, aussi originale qu'inattendue, de la vérité du catholicisme et de la divinité de la Papauté, sauvée des eaux du Nil par ses propres ennemis devenus ses amis, et prenant eux-mêmes, dans un mouvement sublime d'inspiration divine (Balaam, le faux prophète, et son ânesse), l'initiative du
(!) Psaume cix.
salut de l'Église ou du salut du Monde, car c'est la même chose? Enfin , Dieu, dépassant le miracle de rétablissement du christianisme et de la conversion du Monde p^ïen, à la simple voix de pêcheurs, d ouvriers ,• de publicains, voudrait-il se dépasser lui-même, en convertissant le monde moderne de la Révolte, par un miracle encore plus éclatant, et qui serait le chef-d'œuvre de la Bonté et de la Miséricorde?
Questions profondes, et sur lesquelles il convient de laisser planer un voile discret !
Avant d'en finir de cette pêche miraculeuse, nous ferons observer que TÉglise, où tout a une signification, la plupart du temps prophétique, a fait, de cette pêche étonnante, TÉvangile du mercredi d après Pâques. Or, le mercredi , ou le troisième jour de la semaine, après la résurrection, correspond exactement au troisième millénaire après Jésus-Christ, ou au Monde Nouveau.
Si donc encore- l'humanité est dans le tombeau du samedi (1), ou dans la nuit du sixième millénaire, comme Jésus-Christ le samedi après sa mort, elle est aussi, comme le Sauveur, à la veille de sa résurrection, ou sur le seuil du Monde Nouveau, oil l'humanité se reposera ou plutôt travaillera dans la gloire, |
(1) Par rapport à la création du premier homme, Thumanité est I
à la fin du sixième millénaire du monde, ou au samedi delà semaine cosmique, dans la nuit qui précède le sabbat cosmique. Mais, par rapport à l'ère chrétienne, le mercredi, ou le 3« jour de la semaine, correspond au troisième miliénaii^ après Jésus-Christ, ou au septième millénaire du monde^ c*est-à-dire, au Monde Nouveau.
ou LE MONDE DE JÉSUS- CHRIST. 421
L'état glorieux de la vie du Sauveur, durant les quarante jours qu'il a passés sur la terre, après sa résnrrection, mais avant son ascension ou son entrée dans la Gloire, nous a toujours semblé présenter certaines analogies avec l'état glorifié de l'humanité, durant le millénaire sabbatique qui précédera également son entrée dans la Gloire. Tout ayant un caractère typique dans la vie de Notre-Seigneur, il fallait bien que cette phase particulière de son existence eût sa représentation, dans une phase analogue de la vie de l'humanité. Or aucune phase de la vie de l'humanité ne pouvait mieux correspondre à la quarantaine mystérieusement triomphale du Sauveur ressuscité, que le millénaire sabbatique ou la phase triomphale de l'Église dans le Monde Nouveau.
Ces deux péribdes représentent en effet, pour Jésus- Christ et TÉglise, le terme de leur mission et de leur pèlerinage sur la terre, ou le moment solennel de leur prochaine ascension dans la Gloire. Jésus-Christ, pendant la sainte quarantaine, est encore au milieu des hommes, mais les hommes ne le voient pas ; or c'est aussi une image du Règne invisible du Sauveur, pendant ^e millénaire du chapitre xx de l'Apocalypse, où tout sera le produit de son inspiration, oîi tout prendra la forme du Christ, sans que le Christ apparaisse.
Jésus-Christ va donc monter au ciel, mais avant il laisse entrevoir, à mots couverts, à ses disciples deux
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magnifiques perspectives, se rapportant Tune et Tautre à lavénement du Monde Nouveau : la perspective du rétablissement du Royaume d'Israël, à une époque qu'il ne veut pas leur dévoiler, et la perspective de la prédication de TÉvangile à tous les peuples de lunivers.
Les Apôtres lui ayant donc demandé l'époque du rétablissement du Royaume d'Israël, il leur répondit : «Ce « n'est pas à vous de connaître les temps ou les moa ments que le Père a disposés dans sa puissance, (d'au- « très pourront donc les connaître ?) (1) mais vous re- « cevrez la vertu du Saint-Esprit venant sur vous, et « vous serez mes témoins à Jérusalem^ dans toute la Ju- « dée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre, a Et, quand il eut dit ces paroles, ils le virent s'élever;
(i) 11 nous a toujours semblé que l'objet de la Révélation de saint Jean, dans l'Apocalypse, est surtout de nous faire eAtrevoir les différentes phases du dénouement de la grande épopée humaine, avec une clarté suffisante à notre édification. « C'est ainsi, dit M. Ru- « pert, dans le Monde du 17 mai 1863, que se développe, avec la « succession des temps, le sens des livres les plus mystérieux. Les « événements, conduits par la main divine, viennent tour à tour « briser les sceaux qui nous empêchaient de lire les pages prophé- « tiques. Beaucoup restent encore scellées, il est vrai, mais notre « époque semble, plus qu'aucune autre, destinée à nous donner l'in- « terprétation de bien des choses auparavant inexpliquées. Un grand «jour se répand, et bien des obscurités ont déjà disparu, et ce qui « reste inexpliqué doit, selon toute apparence, recevoir une inte^ « prélation réservée sans doute à d'autres temps , car « tout livre « divinement révélé a son utilité pour instruire, reprendre, consoler et a rfm^er»» (II Tjftf., ui, 16.)
On sortirait cependant, selon nous, de Tesprit de l'Église, si on avait la présomption de donner, sous la forme d'une certitude absolue, une date précise aux événements apocalyptiques de la fin des temps. On peut faire des calculs et des supputations, mais on ne doit jamais les donner comme le dernier mot de Dieu. L'humilité commande cette sage et prudente réserve.
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(( une nuée le reçut et le déroba à leurs yeux » (1).
Ainsi le retour d'Israël à lunité et la conversion des peuples, semblent être les signes qui précéderont ou suivront Tavénement du Monde Nouveau, qui nous est annoncé par le Sauveur dans ses dernières paroles comme le testament de son amour. « Allez dans tout « Tunivers, prêchez l'Évangile à toute créature... »
Le but proposé par le Seigneur à lactivité des Apôtres (1* Église), c'est donc la conversion du genre humain ou le Triomphe, c'est-à-dire le Monde Nouveau : « que votre « règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre « comme au ciel. » Il y a d'autres brebis, « il faut que «je les amène, et elles entendront ma voix, et il y aura « un seul berger et un seul troupeau » (2).
Et, afin que cette sublime promesse puisse recevoir son accomplissement, Jésus-Christ donne aux disciples les moyens : « Or voici les miracles que feront ceux (( qui croiront : ils chasseront les démons en mon « nom (les démons des somnambules, des tables tour-^ (( nantes, des spirites); ils parleront de nouvelles lance gués (les langues de la science, de l'art, de la poli ti- «que); ils toucheront les vipères (Voltaire, Renan, « Michelet), et elles ne leur feront aucun mal, et, s'ils « boivent du poison (les doctrines malsaines du siècle), (( il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les « malades, et les malades seront guéris (les âmes infec- (( tées delà contagion des mauvaises doctrines) . Et, après
(i) Actes des Apôtres, i, 7, 8, 9.
(2) V. saint Jean, x, 16.
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« ces paroles, le Seigneur s'éleva dans le ciel, où il est « assis à là droite de Dieu » (1).
Tout est figuratif, dans cet Évangile, et en même temps tout est réel. Il dépend des Saints de faire, positivement et réellement, tous les miracles consignés dans ces solennelles paroles de Jésus-Christ montant au ciel, et déléguant sa puissance thaumaturgique, non pas seulement aux disciples (aux prêtres, aux évêques), mais à tous ceux qui croiront. Il dépend, en d'autres termes, des catholiques de faire le Monde Nouveau, fallût-il transposer des montagnes, puisqu'il suffit d'un peu de foi pour opérer ces prodiges.
Mais il ne faudrait pas perdre de vue qu'on ne fait rien de grand sans une forte passion. Si les ennemis de l'Église sont tout-puissants, c'est qu'ils ont de fortes passions, aussi ils font des prodiges! Si on aimait Dieu comme ils savent s'aimer et aimer le monde, on ferait des prodiges autrement grands que leurs prodiges, et on renouvellerait, à la lettre, les miracles du Sauveur. Les catholiques peuvent donc faire le Monde Nouveau, s'ils le veulent fortement.
L'Amour donne la vie à tout ce qu'il entreprend. L'Amour donne à la parole le feu et la flamme qui embrasent les multitudes. Le jour où quelques hommes aimeront assez Jésus-Christ, pour vouloir faire la société à son image, le Monde Nouveau sera fait ce jour-là, car alors ces hommes parleront la langue du Sainf-Esprit,
(0 Saint Marc, ch. xvi, 15 à 19.
ou LE MONDE DE JÉSUS-CHRIST. 425
auront le style du Saint-Esprit, c'est-à-dire la parole des apôtres le jour de la pentecôte : « Vous recevrez la « vertu du Saint-Esprit. » Et alors, comme les apôtres, « ils partiront et prêcheront partout, et le Seigneur agira « avec eux^ et confirmera leur parole par des mi- « racles (1) » .
Nous venons de voir Notre-Seigneur, dans les Évangiles, soulever lui-même un coin du voile qui couvre les destinées finales du genre humain.
Le voyant de Pathmos va nous dire la même chose sous une forme différente, et nous allons avec lui retrouver les mêmes périodes et les mêmes dates correspondant aux mêmes événements. L'histoire de l'avenir n'a donc plus de secrets pour le catholique, s'il considère les cycles de la destinée d'une manière large et d'une vue d'ensemble, avec un grand esprit de foi.
Cette vue de l'avenir était nécessaire. Comment le Monde Nouveau aurait-il pu se faire, si Dieu, en le marquant en traits de flamme dans le livre divin, ne l'avait manifesté aux hommes des avant-derniers jours, pour exciter leur zèle et réveiller leur foi?
Le Monde Nouveau étant nécessaire , Dieu a voulu nous donner des signes de son avènement. Et cette révélation, si empreinte de bonté et de miséricorde, est ellemême un signe, et un signe rassurant, que les moyens de réaliser ce monde de bénédiction ne nous manqueront pas, si nous savons nous en montrer dignes.
(\) Saint Marc, xvr, 20.