‹ Le monde nouveau ou le monde de Jésus-ChristChapitre 37 sur 43 · NÉCESSITÉ DU MONDE NOUVEAU, MOYENS DE LE RÉALISER · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DU MONDE NOUVEAU, MOYENS DE LE RÉALISER

Le Monde Nouveau est nécessaire.

L'ambition de rHommè est insatiable, et ses moyens de la sfitisfaire ne le sont pas. L'homme est donc fatalement impuissant. Mais il Test bien plus au siècle où nous sommes.

La Révolution et les guerres quiTont suivie ont placé rhumanité dans une situation impossible. La Révolution a exalté les désirs de l'homme; les découvertes delà science et les autres prodiges de la civilisation moderne ont donné à son orgueil des proportions à lui faire tourner la tête.

La rapidité des voies de locomotion et la facililé extrême avec laquelle la pensée peut se communiquer d'un bout de la terre à l'autre, ont fait concevoir à l'homme la possibilité de faire du globe entier le théâtre et le champ d'exploration de la civilisation des peuples plus avancés.

Ce regard cosmique et universel a contribué à agrandir les pensées de Thomme dans les diverses sphères

de son activité. Il rêve un art, une science, une philosophie, une politique, une science sociale et même une religion d'un caractère cosmopolite.

L'Homme est vivement préoccupé de l'idée de l'agrandissement en tout genre. Homère, Virgile, Raphaël, Racine ne lui suffisent plus, il est déjà fatigué d'Hegel, de Goethe, de Victor Hugo, et il le sera bientôt de ses savants, de Cuvier, d'Humboldt, d'Arago, qui, la tête pleine de sciences, n'ont pas même eu l'Idée de la Science.

Politiquement, l'homme aspire à la solution de toutes les questions, et il ne peut en résoudre aucune. Au point de vue social, il en est de même. Au point de vue diplomatique, toutes les chancelleries sont en travail porir... enfanter une souris. Il n'est pas une question en Europe susceptible^de solution, dans la situation oti nous sommes.

Tous les traités ont été déchirés. Ils avaient été si mal conçus qu'ils plaçaient les peuples dans la nécessité de les violer ou de périr. L'Europe, depuis d815, est en travail de défaire ce que la diplomatie a fait, et ce qu'elle cherche vainement à faire tenir encore, transitçirement, pendant quelques années, jusqu'à la prochaine guerre générale.

Si c'était ici le lieu, il nous serait aisé de prouver, que les diplomates de 1815 ont engagé les peuples dans une situation inextricable et une voie sans issue, et que la Révolution, en voulant placer, entre les mains de l'homme séparé de Dieu, les destinées dés nations, a

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bien réellemejit passé la corde au con de Vhumanité. Voyez la Pologne, voyez rilalie, quelcàhos! Or ce cahos n'est pas près de finir. Il est dans la l(^iqae inexorable de la Révolution que ce cahos se perpétue et dure indéfiniment. Comment en effet sortir de ce cahos?

Le gouvernement des nations appartient visiblemeot à une classe d'hommes foncièrement hostile au catholicisme, or le caractère de cette hostilité consiste surtout à éliminer l'intervention de Dieu ou du Prêtre dans la conduite des affaires humaines.

L'homme se pose donc, seul, en face de toutes les difficultés, et il prend l'engagement de répondre, seul, à toutes les questions qui réclament une solution impérieuse; or quelle solution pourrait- il leur donner? Aucune évidemment,^ puisque toutes les questions, aujourd'hui posées à l'esprit humain, ont justement ce caractère cosmique et universel qui exige impérieusement ^interventio^ de Dieu et de l'Église, comme condition sine quâ non de leur solution. Toutes les forces naturelles et surnaturelles combinées, mises par Dieu à la disposition del'humanité, ne sont pas de trop, en effet, si elle veut atteindre ce monde grandiose qu'elle poursuit, en ce moment, de ses rêves, des bords de la Vistule au détroit de Messine.

Jusqu'à la Révolution , les questions, que le Sphinx de la destinée posait à l'homme, n'avaient pas ce caractère

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absolu, qui distingue les questions soumises en ce moment aux conseils des souverains, comme à la pensée des artistes, des savants et des hommes religieux. Or rien de plus difficile que de résoudre des questions ainsi posées.

S'agit-il de Tltalie, par exemple? On trouve lancien régime de ce pays défectueux, mais le nouveau est encore plus déplorable. Qui donc pourra résoudre les problèmes redoutables qui travaillent ce malheureux pays, qui, après avoir subjugué et asservi le monde pendant une douzaine de siècles, subit la peine du talion depuis un même nombre d'années? Seront-ce les catholiques? Là, comme partout ailleurs, ils sont en minorité dans les classes bourgeoises, qui, aujourd'hui, gouvernent le monde. Seront-ce les classes bourgeoises? Elles se sont mises à l'œuvre, animées d'un esprit détestable; aussi Dieu, pour les punir, fait éclater leur impuissance en ce moment. En Belgique, par exemple, les classes bourgeoises sont maintenant occupées à se river des chaînes, et elles travaillent à l'établissement du despotisme, avec l'ardeur jadis employée par elles à l'établissement de la liberté.

En France on sait oti nous ont réduits nos dix ou douze révolutions.

En Pologne, la nation est catholique, mais elle gémit et s'agite sanglante sous l'oppression d'une nation schismatique plus puissante, et les peuples de l'Europe, qui lui sont sympathiques n^ peuvent ou ne veulent venir à son secours, liés qu'ils sont parles traités, qui ne les gêneraient guère, si une intervention armée ne devait

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faire crouler l'édifice européen, si péniblement et à maladroitement élevé par les diplomates de 1815.

La situation n'estdoncpas tenable. Avecceia,rhofflme a des vues et des désirs superbes ! 11 rêve une sorte de confédération des peuples de TEurope, avec Tambitieuse pensée de la faire servir à civiliser le monde entier. En réalité l'Europe a essayé d'un congrès dans lequel ellea fait entrer la Turquie! Mais la question d'Orient, au lieu d'être simplifiée par cette singulière accession, en est sortie plus compliquée.

Des alliances se font, avec la pensée infiniment honorable de porter la civilisation en Chine, en Cochinchine, au Mexique. Mais ces alliances avortent, et,làoù elles n'avortent pas, la France, supportant presqu'à elle seule tout le poids des expéditions, s'épuise enhommes et en argent pour obtenir des résultats, sans doute glorieux, mais hors de toute proportion avec les aspirations magnifiques de l'Humanité du dix-neuyième siècle.

L'homme veut donc immensément, de nos jours, et il ne peut que médiocrement. Comment en serait-il autrement? L'homme, séparé de Dieu, ne peut se régir lui-même, comment pourrait-il régir la planète entière avec ses habitants de toute race? Oti est cet esprit d'unité, cet espritde sacrifice et de dévouement, qui lui seraient absolument nécessaires, pour accomplir les

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grandes choses qu'il a conçues? Où est surtout ce souffle, qui transporte les multitudes, ce feu sacré qui les enflamme et les rend capables de dépasser, dans un moment d'enthousiasme, les limites naturelles du .pouvoir humain ?

Il faudrait l'esprit des Croisades pour réaliser vos gigantesques projets, et même seulement une partie de vos projets. Où est cet esprit des Croisades?

Vous voulez soumettre le monde? A qui et à quoi? àvous?Maisquiêtes-vous, que voulez-vous, que pensezvous, quelles sont vos idées? Vous ôtes-vous, au moins, mis d'accord sur quelque chose; sur les principes, par exemple, qui doivent présider au gouvernement des peuples dont vous avez la prétention de diriger les destinées ? Avez- vous un art, une science, une méthode de conduite, une religion, une vue quelconque, parfaitement arrêtée, sur les questions qui agitent le monde? Non. Mais alors vous êtes impuissants! J'ajoute, vous êtes dangereux.

Car, faute d'idées vraies ei saines, vous êtes réduits à régner par la force brutale, dans l'impossibilité où vous êtes de régner par la force morale. Il n'y a pas de milieu : on ne règne sur les hommes que par l'Idée ou la Force. Il faut se fairer respecter, honorer, aimer ou se faire craindre.

Vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir conduire les hommes, si vous ne savez et ne pouvez vous conduire, vous-mêmes.

L'impuissance humaine est donc au bout de toutes

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les questions posées aux peuples, par le Sphinx moderne de la Révolution.

Rien de triste comme d'entendre les politiques, les hommes d'État, les diplomates, raisonner sur les questions qui agitent le monde. A les entendre, on croirait vraiment qu'ils prennent au sérieux leurs solutions, et qu'ils sont, avec leurs expédients et leurs palliatifs, en mesure de reconstituer solidement le monde !

C'est même un des signes du temps, et un des symptômes delà Dissolution, de voir des hommes, comme MM. Thiers, Guizot, etc., etc., prendre au sérieux leur politique et leurs idées, et s'imaginer qu'après l'affreuse expérimentation qu'ils en ont faite, ils trouveront, en la renouvelant, une issue, même momentanée, aux embarras de la situation ! Quelle naïveté pour des hommes d'ailleurs si distingués! Cela fait de la peine et prouve que ces hommes n'ont pas la plus légère idée de la situation oii nous sommes. Aussi l'on est épouvanté en pensant que, s'ils revenaient au Pouvoir, ils recommenceraient leur affreuse expérience ! Si ces hommes éminents avaient la plus légère idée de la situation, ne verraient-ils pas, à première vue, que leurs solutions sont ridicules; rien n'étant ridicule comme de chercher une issue à une situation sans issue.

Ne dirait-on pas des enfants occupés à résoudre, avec effort, des problèmes impossibles à résoudre ?

Dieu ne saurait avoir fait cette situation à l'homme. Il y a là du sarcasme, et quelque chose qui ressemble aux ricanements de l'Abîme.

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L'humanité est acculée. Il faut qu'elle périsse ou qu'elle se retourne vers Dieu. Il n'y a pas de milieu.

Or, ce retour vers Dieu ne saurait s'opérer à demi. L'humanité est trop compromise pour essayer de nouveaux compromis. Le retour doit être franc, net, vigoureux , hardi, sans respect humain ; et l'homme, pour prix de ce retour, doit demander à Dieu l'accomplissement de ses vastes aspirations.

L'homme a affranchi les multitudes, et, en leur donnant le suffrage universel, il a mis les classes aisées et instruites à la merci des masses. Ces classes sont donc placées dans l'impérieuse obligation de rendre ces masses religieuses, en leur donnairt l'exemple, si elles ne veulent être, un jour ou l'autre, englouties, par elles et avec elles, dans le gouffre sans fond de la Révolution.

La Société ne pourrait échapper aux abîmes qu'en se jetant et en jetant le Peuple entre les bras de Dieu, non pas à demi, comme dans le passé, mais tout à fait.

Or, il en est ainsi des autres questions politiques et sociales; toutes appellent Dieu sans exception.

L'Église a donc beau jeu. Mais que les catholiques y prennent garde : Dieu demande d'eux des vues à la hauteur de la grandeur des périls et du but sublime à atteindre 1

Les petits moyens sont usés, et tout aussi impuissants que les moyens essayés par nos ennemis. Il faut recou-

rir aux grands moyens. Il faut produire un mouvement analogue à celui des Grolsiades, avec le feu sacré qui embrasait nos pères, et le souffle puissant qui les transportait et leur faisait opérer des prodiges.

Ceux qui dirigent Thumani té, dans un esprit hostile à l'Église, ont, ayec de petits moyens, des projets grandioses. 11 faut épouser ces projets et de plus grands, et proportionner les moyens à la grandeur du but à atteindre.

Avec des projets titaniques et des aspirations d'archanges, ces hommes n'ont aucune idée, ou n*ont qu'une idée fausse de l'art, de la science, de la philosophie, de la politique, de Téconomie sociale, du drcrit public et international. Il faut leur donner ces idées et de plus grandes, en leur proposant un Idéal de beaucoup supérieur même à l'Idéal poursuivi par les grands hommes de l'histoire : l'Idéal du Monde Nouveau, ou la supériorité, en tout, et dans des proportions vraiment divines, sur les grands hommes de l'histoire.

Vous avez de l'ambition? on l'assouvira. Vous rêvez la perfection ? on vous en donnera et au delà de vos prétentions les plus hautes. Vous voulez l'affranchissemejït de la Pologne et la constitution de l'Italie? on vous donnera l'affranchissement de la terre entière.

tiar une chose, et une seule chose, pourra nous rendre maîtres de la Révolution, c'est de la dominer, en proposant aux hommes un but infiniment plus noble et plus grand, que le but proposé par la Révolution aux

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multitudes, subjuguées par la grandeur et l'éclat de ses promesses.

Les révolutionnaires veulent améliorer la condition de la nature humaine I Pauvres rétrogrades! nous voulons la régénérer^ ou la transformer, du tout au tout, pour la reconstituer sur un type divin.

Les^ révolutionnaires ont déclaré la guerre à la vieille société! Pauvres rétrogrades! Nous voulons détruire le vieil homme , et afin que rien n'échappé à notre réforme radicale et universelle, nous remontons au premier homme, pour mieux détruire le péché, en coupant le mal à la racine.

Et, au moyen decette réforme, la plus radicale et la plus universelle des réformes, sans contredit, nous venons annoncer, hardiment et sans craindre de nous tromper, un art, une philosophie, une science, une politique, une économie sociale, infiniment plus dignes de votre admiration, que tout ce que vous avez pu ou pourriez concevoir de grand, de haut, de noble et de profond.

Aîpsi, ou la conversion du monde, ou la fin du monde. Si les catholiques se proposent autre chose que la conversion du monde à entreprendre immédiatement, résolument, avec la pensée et la certitude du triomphe, loin d'être à la hauteur de leur rôle, ils ne comprennent rien à la gravité de la situation, à la gravité de la situation du Père commun des fidèles, qu'on ne pourra arra-

cher à ses ennemis qu'en détournant le coup qui le menace, par un de ces grands coups, capables de remuer le monde et de soulever les multitudes.

Si les catholiques se proposent autre chose que le Monde Nouveau» ils ne sont ni plus ni moins intelligents que les politiques et les hommes d'Ëtat, qui nous ont sonduits aux abîmes, oti nous allons nous perdre corps et biens.

Si les catholiques, égarés à la poursuite d'un Passé chimérique, rêvent autre chose que le Monde Nouveau, ils sont infailliblement condamnés à périr avec le vieux monde.

Tout est impossible excepté le Monde Nouveau. Que le vent du Monde Nouveau se lève, et alors, à ce souffle, tout rentre dans Tordre, parce que tout rentre dans l'unité! Un seul Esprit anime la terre, au lieu de ces mille Esprits qui en font une tour de Babel.

Que le vent du Monde Nouveau souffle, et alors l'humanité, conquise au Seigneur, échappe aux dangers d'une civilisation trompeuse, et voit s'ouvrir devant elle une ère indéfinie de bonheur !

La civilisation, en dehors de Dieu, est toujours dangereuse, et toujours à court par quelque côté. Incapable de prendre une forme cosmique ou universelle, son caractère est de se déplacer sans cesse et de n'éclairer, à la fois, qu'un coin de la Planète.

La civilisation, séparée de Dieu, est une cause inévitable de décadence, ou le signe prochain de la décomposition des nations arrivées à l'apogée de leur puissance.

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La Grèce et Rome, en pleine civilisation au milieu delà barbarie générale, et mourant bientôt des excès même de leur civilisation , fournissent à notre double thèse une éclatante démonstration.

La civilîsaticm est donc le premier coup de cloche de la mort, puisque les peuples, arrivés au sommet de la civilisation, déclinent moralement,, à partir de ce moment, et descendent plus ou moins lentement vers la tombe.

Donc ce n'est pas à la civilisation séparée de Dieu à faire la conquête du monde, car si le monde entier, chose impossible, était assez malheureux pour devenir la proie de cette civilisation menteuse, ce n'est <;ertes pas la vie, mais la mort, et la mort éternelle, avec toutes ses horreurs, qui aurait été introduite dans son sein.

Et, cependant, la conquête du monde, par une certaine civilisation, est le but suprême proposé par Dieu à l'humanité du dix-neuvième siècle.

Si donc la civilisation, séparée de Dieu, est incapable de faire la conquête du monde, c'est à la civilisation chrétienne, à l'entreprendre, en proposant, pour but, à l'activité humaine, la conversion des peuples ou le triomphe de l'Église.

Se proposer un but plus étroit, c'est se condamner à une éternelle impuissance, c'est faire preuve de moins d'intelligence et d'ambition que nos adversaires, qui aspirent ouvertement à la conquête et à l'empire du monde. C'est avouer au peuple qu'on est, ou moins puissant ou moins entreprenant ; c'est s'aliéner l'esprit

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et le cœur des multitudes, qui se donnent toujours à ceux qui, ayant les idées plus hautes, leur inspirent plus de confiance.

Les révolutionnaires et les modérés donnent aux multitudes l'assurance qu'avec de la hardiesse ou de la patience, l'homme civilisé finira par devenir le madtre de la planète, et que les destinées du peuple en seront notablement améliorées, grâce aux ressources attachées à une pareille conquête, et aux nombreuses réformes entreprises dans l'intérêt des masses.

Les catholiques, pour être tout à fait impopulaires et devenir tout à fait impuissants, n'ont qu'à mettre, en regard de ces magnifiques promesses, déjà en partie réalisées, l'aveu de leur incapacité, de leur peu de foi, de leur peu de confiance en eux-mêmes ; et alors c'en est fait de la Papauté et de la Religion en Europe.

Nos ennemis se proposent la conquête du monde. Il faut se proposer la conquête du monde, ni plus ni moins, et prouver qu'on leurre le peuple de promesses que nous sommes seuls en mesure de réaliser, avec les moyens surnaturels mis par Dieu à notre disposition.

Ainsi le Monde Nouveau est nécessaire. Seul, il est digne de servir d'objectif aux justes aspirations des peuples desavant-derniers jours. Seul, il répondà toutes les espérances, satisfait à toutes les impatiences, met fin à toutes les impuissances.

Qu'on se représente en effet l'humanité, l'Europe, ou seulement une partie de l'Europe, la France, par exemple, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme, le cœur

et l'âme de Jésus-Christ, et qu'on nous dise s'il ne sortirait pas, de ce concert des intelligences et des vor lontés, parti d'un foyer aussi ardent, quelque chose d'infiniment plus grand et de plus éclatant que tout ce que le genre humain a produit jusqu'à ce jour en tout genre I

Il n'y a donc ,qu!une xéponse à. faire à toutes les questions. Elles sont insolubles, tant que Dieu n'aura pas soulflé sur elles l'esprit du Monde Nouveau.

La conversion des peuples, rien de plus, rien de moins. Les peuples, se soulevant à la voix du Christ, comme au moyen âge, et organisant les croisisdes du Monde iNou veau,, feront tomber tous les obstacles, et le monde sera sauvé par le seul effet de ce mouvement sublime, sans qu'il soit peut-être nécessaire de recourir à un grand déploiement de force.

Les Croisades du moyen âge n'étaiept que la figure des Croisades du Monde Nouveau. Les premières ont abouti à la défaite parce que l'heure du Monde Nouveau n'avait pas sonné, les nouvelles aboutiront au triomphe parce que l'heure du Mondé Nouveau a sonné à l'horloge apocalyptique des destinées du genre humain.

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