CONCLUSIONS
Peut-il , ou ne peut-il pas , ce nouveau système , changer le vieux monde en un monde nouveau? Fautil ou ne faut-il pas l’adopter ?
Je crois avoir, autant qu’il me l’a été possible, démontré la facUité de mettre le nouveau système à exécution, et la loi organique finira par en convaincre tout le monde. Je laisserai aux rois, à leurs ministres, aux peuples, à juger sur le besoin et sur la convenance d’introduire ce nouveau système dans leur pays. Je demanderai seulement : Les rois sont-ils en sûreté et sans souci sur leurs trônes ? Les ministres sont-ils récompensés de leurs soins et de leur travail dans la gestion des affaires publiques ? Les peuples sont-ils heureux , ont-ils la certitude de ne manquer jamais de moyens d’existence ? Si on répond que tous se trouvent bien tels qu’ils sont, qu’ils ont été et qu’ils seront , alors il faudra avouer que le vieux monde est aussi parfait que l’état moral et matériel des hommes peut l’exiger ; mais si quatre-vingt-dix-neuf hommes sur cent avouent qu’ils se trouvent mal , et que l’agiotage et l’égoïsme empirent chaque jour de plus en plus l’état de la société, alors on sera forcé de recourir à la philosophie et à l’expérience pour améliorer la condition de l’homme.
Qu’on examine donc à fond ce nouveau système; qu’on le discute , qu’on l’observe sous tous les rapports sociaux; que l’on voie s’il y a de l'impossibilité, des diflicultcs, des dangers pour le mettre à exécution , cl ensuite qu’on décide.
Qu’est-ce qu’il y a qui puisse le rendre impossible !’
Rien, sinon l’ignorance, la malice ou une indifférence funeste pour toutes les découvertes utiles. Qu’y a-t-il de difficile? Rien, puisque les dispositions de ce système sont les mêmes qui régissent toute famille , commandite ou société anonyme. Qu’y a-t-il de dangereux ? Rien non plus , car si depuis 1815 les banquiers ■ agioteurs ont pu, sans danger, appauvrir les nations j)our s’enriebir eux-mêmes, pourquoi les nations ne pourraient-elles pas se servir des mômes moyens, et devenir elles-mêmes des banquiers en nom collectif ?
Mais y a-t-il quelqu’un qui souffrira par suite de ce nouveau projet ? Personne. Mon système détruit tout agiotage religieux, politique et financier. Or, selon moi, l’agiotage et le mensonge ne sont que des synonymes. Par conséquent, comme la rédemption de Jésus-Christ ne fit de mal à personne, bors qu’au démon qui est la divinité du mensonge , ainsi une Banque nationale qui opérera la rédemption sociale de l’homme, ne fera la guerre qu’au mensonge , c’est-à-dire au triple agiotage.
Si les idées que je vous ai exposées peuvent vous donner, mes lecteurs, l’envie de les adopter, rappelezvous que la vie n’est que de quelques instans, approchezvous du trône avec confiance, pressez les ministres, engagez vos représentans pour que l’on procède tout de suite à l’installation de ces grandes Banques nationales. S’il
V a quelqu’un d’entre vous qui ait traîné , comme moi , la plus grande partie de sa vie dans le malheur pour avoir défendu les droits de l’homme , hâtez-vous de finir le reste de vos jours dans une véritable société réelle , avec vos confrères. Si l’on a vu l’homme opérer tant de prodiges depuis le commencement de ce siècle , au milieu de tant d’obstacles que l’agiotage et l’égoïsme lui ont opposés, pourquoi ne nous flatterions-nous pas d’avoir à être spectateur de quelque nouvelle pièce jouée par des acteurs qui seront aidés par tous les talens, toute la puissance, par tous les capitaux?
Que nos vœux puissent hâter le moment heureux de voir ce nouveau système adopté. Je descendrai alors dans le tombeau fort content, et je bénirai tous les maux causés par le despotisme , si leur excès a pu faire imaginer un moyen sûr de soulager et d’améliorer le sort de l’humanité.
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