‹ Le monde nouveau projet financier pour arriver a une complete reforme sociale ... par le baron Corvaja, italienChapitre 4 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la manière dont on doit opérer la fusion générale des intérêts matériels de tous les citoyens, dans l’intérêt politique de leur gouvernemetit.

La politique moderne de nos temps, afin de vaincre la superstition et la féodalité, sur lesquelles la monarchie absolue s’appuyait, a cru se servir avec avantage de l’introduction du Grand-Livre. Sui*ce livre, comme jadis sur les anciens livres d’or, sont enregistrés les noms de ceux qui possèdent des rentes sur l’état, et que leur intérêt matériel rend presque solidaires des nouveaux gouvernements.

Ce principe , quelque vrai qu’il soit , et soutenu non seulement par le raisonnement, mais encore par l’exemple de l’Angleterre, qui fut la seule à résister par ce moyen au plus grand capitaine du monde, ne laisse pas cependant d’être sujet à de nombreuses exceptions, ainsi qu’à des abus honteux.

Le premier de ces abus que je signalerai , c’est celui d’avoir accordé à cette nouvelle caste de paladins des bourses le pouvoir de dépouiller et de réduire à la misère tous les malheureux qui mettent le pied dans ces repaires dans le bat de s’enrichnr.

Il est résulté de cette concession que le pouvoir, pour

80 défaire de la supersliüon et de la féodalité, est tombé sous le joug d’une caste d’agioteurs, qui dépouille et appauvrit les citoyens, dirige et domine la politique européenne.

L’expérience cependant a assez démontré, en 1820 et en 1830, combien sont fragiles les calculs d’une politique basée sur le sophisme et sur des institutions immo- ,

raies. Cette même caste et ces institutions financières ne purent pas arrêter d’un instant l’ébranlement presque général en Europe pendant ces deux époques. Et je fais ici des vœux pour la prompte introduction de ce nouveau système, afin que l’on ne voie pendant cette période décennale de nouveaux scandales insurrectionnels, et pour que ce soit , au contraire , le commencement d’une ère nouvelle pour toutes les nations.

En admettant donc comme une maxime infaillible, que la constitution de rentes sur l’état soit un des liens les plus forts de l’ordre social , il est bien clair que la fondation d’une Banque générale dans laquelle tout ci-. i

toyen sera, d’une manière permanente ou provisoire, possesseur d’une fraction quelconque de rente, devra éminemment contribuer à assurer ce but. Il y a encore plus, c’est que par l’effet de la tendance de ce nouveau système à élever périodiquement et dans un sens multiple la valeur des billets de cette nouvelle Banque, il n’y aura plus, comme à présent, des joueurs à la hausse et à la baisse , puisque tous les citoyens seront également intéressés à la hausse.

Voilà comment on pourra obtenir, par le moyen d’une pobtique sage et philantropique, ce qu’on a en vain cherché à obtenir d’une politique sophistique et immo-

Dlgitized byXîoogle

raie; car celle-ci, par la charte inique octroyée aux agioteurs, n’a fait jusqu’à présent qu’appauvrir le peuple sans consolider la monarchie.

Et si la pensée de lier, par le moyen des rentes sur l’état, les intérêts des citoyens à ceux de l’état, a occasionné la fondation de tant de caisses d’épargnes, je crois inutile tout autre raisonnement pour convaincre les souverains, les pairs et les députés des nations jouissant d’un gouvernement représentatif, que leur intérêt leur impose le devoir de s’occuper de la fondation de cette nouvelle grande caisse d’épargnes nationale. Celleci, en liant d’une manière indissoluble les intérêts matériels de tous les citoyens à ceux de l’état, sera le tombeau de toute propagande, l’arche de la paix entre le gouvernement et les gouvernés.

Page 1