‹ Le monde nouveau projet financier pour arriver a une complete reforme sociale ... par le baron Corvaja, italienChapitre 6 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la manière d’éteindre la dette publitfue ou de la diminuer sensiblement.

Autant notre siècle s’est illustré dans les arts et dans lès sciences par tant de découvertes utiles à l’humanité, autant il a été pernicieux aux peuples par les dettes énormes que leurs gouvernemens ont contractées dans des vues d’utilité publique.

Que cet argent ait été bien ou mal dépensé , n’importe; il faut payer. Une nation civilisée et qui se respecte né peut pas agir autrement; il faut trouver le moyen de payer ses dettes.

11 n’y a plus moyen de rembourser le capital. Il serait contraire à la bonne foi do diminuer l’intérêt ; la conversion de la rente serait la même chose que de condamner les peuples à supporter pour l’éternité les malheurs financiers qu’ils souffrent. Ne faudrait-il donc rien faire ? non , ce serait encore pire ; il faut faire bien et vite. Voici mon idée.

11 y a, selon moi, deux moyens de diminuer la dette publique.

Le premier serait celui de destiner au paiement des . intérêts les capitaux considérables que l’on pourrait retirer des pays étrangers où le cours de la rente est audessous de la propre.

St l’Angleterre et la France plaçaient dans çe aïomenl les fonds que l’on verse dans leurs caisses d’épargnes , à faire des emprunts et à acheter des rentes de l’Espagne , du Portugal , ou des nouvelles républiques américaines, elles auraient un avantage double, triple, ou quadruple de celui qu’elles ont sur leurs propres rentes. En donnant 25 , 50 , 75 , 100 pour avoir une rente de cinq, il resterait un excédant en leur faveur. En assignant aux billets en circulation un intérêt de 3 1[2 à Zt p. 100, le reste pourrait être destiné à payer les intérêts aux créanciers de l’état. On pourrait alors supprimer ou diminuer autant d’impôts, et le peuple ainsi serait soulagé par la suppression des taxes les plus odieuses.

En outre, lorsque la Banque nationale sera installée, elle livrera des billets remboursables non-seulement jusqu’à ta concurrence des fonds rentrés dans le trésor par effet des impôts , mais aussi pour les valeurs versées, pour les utiliser et en toucher les intérêts.

Les possesseurs actuels de rentes sur l’état , pour obtenir que leurs billets jouissent des mêmes avantages que ceux remboursables de la nouvelle Banque , s’empresseront de les échanger contre ces nouveaux titres.

11 arrivera , par cette fusion , que peu à peu s’effacera l’origine des différens billets, et que ceux-ci deviendront tous de la même nature. L’homme qui regarde maintenant de travers son créancier dans le possesseur d’une rente sur le Grand-Livre , ne reconnaîtra alors en lui qu’un actionnaire comme lui , possédant un billet de rente de la grande Banque nationale. Le peuple , en devenant alors eo-propriélaire avec ses anciens créan-

ciers , ne criera plus contre la dette publique , parce que tout homme qui aura dans ses mains un coupon de rente sera un des créanciers de l’état.

L’autre moyen de faire diminuer et disparaître peutêtre la dette publique , c’est celui de la formation de domaines nationaux dont on traitera dans le chapitre suivant.

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