‹ Le monde nouveau projet financier pour arriver a une complete reforme sociale ... par le baron Corvaja, italienChapitre 7 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Sur la formation des domaines nationaux.

J'ai déjà fait remarquer que le but de mon plan, en fondant une grande caisse d’épargnes , est de faire disparaître ce froid et stérile esprit individuel , et de réunir tous les hommes dans une parfaite association d’intérêts d’après leurs capitaux respectifs.

Aussitôt que la grande Banque nationale sera installée , pourra-t-elle créer autant de rentes que le concours du monde empressé à y placer ses fonds lui en fournira les moyens? Pourra-t-elle alors, ainsi que les caisses d’épargnes le pratiquent aujourd’hui, acheter des anciennes rentes sur l’état ?

On ne peut pas certainement , dans ce nouveau grand plan , mettre en ligne de compte le placement sur les rentes de l’état, car les possesseurs actuels les garderont peut-être , surtout lorsqu’ils verront combien de millions on offre par mois à la grande caisse. Il ne reste alors qu’à acheter des rentes étrangères , ainsi qu’il a été dit dans le chapitre précédent , tant qu’il y aura de l’avantage à les garder. Lorsque cet avantage cessera , il faudra utiliser les capitaux en créant des travaux d’utilité publique dont la jouissance donnera lieu à de nouveaux impôts.

Comme la Banque nationale ne doit rien entrepren-

dre en économie , et qu’elle doit tout laisser faire au talent et à l’industrie des citoyens , ceux-ci s’y connaissant mieux et sachant calculer toutes les chances , offriraient moins de risques que ne le feraient de simples individus. Cet ensemble d’entreprises bien ordonnées produira un intérêt plus fort que l’on n’obtient pas des entreprises individuelles ; et le revenu de toutes ces entreprises offrirait alors un intérêt au-dessus de celui que donne une rente sur le Grand-Livre.

Alors l’excédant que la Banque trouvera dans le revenu des nouveaux domaines , sera appliqué à l’ancienne rente sur le Grand-Livre, en diminuant les impôts qui sont les plus détestés. Il pourroit se faire que le perfectionnement patmi les hommes et dans les choses , en rendant plus productives les entreprises publiques , fit lout-à-fait disparaître des anciens impôts odieux. L’on verrait, par cette seule amélioration, s’éteindre la dette publique actuelle, et cesser le besoin de lever des impôts pour payer les intérêts, ce qui équivaut (\ une parfaite extinction.

■ Enfin, lorsque malgré le plus grand perfectionnement possible apporté dans la création de nouveaux revenus , l’on ne parviendrait pas à acquitter les intérêts de l’ancienne dette publique, alors tous les citoyens, se trouvant possesseurs de ces billets de rente arec jouissance d’intérêt en proportion de leur fortune, ils seront à la fois créanciers et débiteurs d’eux-roêmes; il importerait fort peu alors de voir la hausse annuelle idu cours de ces billets se réduire de lj8 p. 100 , de la voir même se réduire de iff p. 100 de huit en huit ans.

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