‹ Le monde nouveau projet financier pour arriver a une complete reforme sociale ... par le baron Corvaja, italienChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De la ronriliation de la propriété financière avec la propriété physique et morale des citoyens.

Quoi qu’on ait dit sur le droit de propriété , celui-ci n’a pas détruit le droit qu’a celui qui manque de nourriture de recourir à la force pour la conservation de sa vie. C’est justement dans ceci que consiste la grande lutte qu’on a masquée par les principes politiques de liberté et des droits de l’homme ; et il n’arrive pas rarement de voir les grands champions du libéralisme devenir les persécuteurs les plus acharnés des idées libérales dès qu’ils se sont assurés de quoi vivre.

Laissant de côté toute discussion sur le droit de propriété , je soutiens que tout homme qui offre à la propriété son travail , a droit à une rétribution. En effet , le créateur , qui a été si généreux envers les animaux de pourvoir à leur nourriture , refuserait-il à l’homme , dont il a fait le roi de la création, ce qui ne manque pas au dernier de tous les insectes ?

Dans l’état d’isolement où l’homme a vécu jusqu’à présent , il ne peut pas être sûr de trouver du travail , et on n’a vu que trop souvent des hommes mourir d’inanition , traîner leur vie dans le désespoir ou attenter à leurs jours. Or, la fondation d’une grande Banque nationale qui , s’interposant entre le riche qui veut retirer

les intérêts de son argent, et le pauvre qui offre ses bras pour travailler utilement , doit nécessairement faire cesser cette lutte qui , sous de faux prétextes , a fait éclater toutes les insurrections.

Et comme ce n’est que l’affaire d’un instant , celui de prendre un coupon de rente , tandis que la création d’un revenu exige des mois et des années , ainsi il y aura toujours plus de capitaux que de bras.

Une fois que cet heureux instant arrivera , on verra cette foule de mendians qui assiègent les villes et qui sont aussi affligeans qu’importuns , se répandre dans les campagnes pour trouver de l’ouvraga. L’Angleterre se délivrera alors de la taxe des pauvres , qui ne tend à rendre ces derniers que d’oisifs et stériles consommateurs.

L’on respirera enfin en s’asseyant à table , lorsqu’on sera convaincu qué personne, parmi ses semblables , ne manque de pain. Les campagnes parsemées de bourgs et de villages , à qui la terre ouvre avec soin son sein fécond , offriront alors le .spectacle le plus solennel.

CHAPITRK VI.

Sur la manière de mettre les capitaux à la disposition du talent et de l'industrie de l’homme , afin de développer tout le ressort de son imagination.

Si l’on me demande ce que produisent les capitaux de l’homme avare', timide, ou agioteur, qui jouit de la vue matérielle de l’argent monnayé dans son coffre, je dirai que ses capitaux sont pour la société comme l’or et l’argent qui sont encore enfouis dans les mines. Les capitaux utiles à l’homme sont ceux seulement que l’on met en circulation. La caste des banquiers a poussé la chose encore plus loin , en mettant en circulation par le crédit des capitaux qui sont fort au dessous de la réalité. Il est clair par là que les richesses se forment en multipliant la circulation autant de fois qu’il ast possible , en faisant avec le même capital cent transactions différentes, et sur des points du globe fortéloignés entre eux.

Je suis persuadé qu’à peine un millième des capitaux est employé maintenant à la création des richesses ; et c’est à cette soustraction de capitaux aux transactions oumalières, qu’est dû cet état de misère et de langueur, qui diminue à mesure que de nouveaux capitaux sont mis en circulation.

C’est en Angleterre et aux Élats-linis d’Amérique que l’on a connu celte grande vérité , plus que partout ailleurs; et c’est à ces banques nombreuses qui se sont formées dans ces pays par centaines, et qui ont mis en circulation le double et le triple do leurs capitaux réels, que ces peuples doivent leurs richesses, que le froid esprit individuel n’aurait jamais produites.

Il n’y a point de doute que cet excès de crédit a parfois produit des crises commerciales ; mais il n’y a rien sur la terre dont on n’abuse. La crise n'a duré cependant que quelques mois , quelques années ; quelques spéculateurs insatiables ont dû suspendre leurs paiemens ; mais les richesses produites par ce mouvement extraordinaire ne sont pas moins restées dans le pays.

J’ai pensé cependant de mettre dans mon projet un frein à cet excès de crédit, ne permettant pas à la Banque de mettre en circulation plus d’cITets que n’en représentent les capitaux qui lui sont confiés.

Puisque l’esprit d’association , parmi quelques capitalistes, a créé en Angleterre et aux États-Unis tant de ricliesses, que ne faut-il pas attendre des richesses d’une nation entière , placées dans les mains des plus probes et des plus habiles parmi scs concitoyens ? Et la France, qui se distingue par l’imagination et par l’esprit d’invention de ses enfans, ne se mettra-t-elle pas aussitôt au niveau de ces deux nations par le moyen de ce nouveau crédit?

Lorsque je vois les travaux prodigieux exécutés par la main de l’homme , je me dis à moi-même : Si l’on donnait à l’ homme plus de moyens, on pourrait non-seulement perfectionner les œuvres déjà faites, mais l’on pourrait en-

corv ai créer d’autres jusqu’à L’infini. Que i’on mette donc à la (lispusilion de l’esprit .humain tous les capitaux que l’esprit individuel laisse stériles et oisifs , et nos contemporains verront peut-être , avant de descendre dans le tombeau, le commencement des prodiges que cette étincelle divine , que le créateur a donnée à l’esprit humain pour honorer sa toute-puissance, est à même d’enfanter.

Écrivains , vous que la nature a doués d’une féconde imagination, je vous ouvre une vaste carrière pour montrer jusqu’où la puissance humaine peut atteindre ; venez à mon secours , engagez les hommes à s’associer entre eux pour jouir des heureux effets de la réunion de toutes les forces financières, intellectuelles et physiques, poyr jouir de la vie, de ce beau don du ciel, que la plupart des hommes sont souvent condamnés à regretter, comme le plus funeste des malheurs, comme la source de tous leurs maux.

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