‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 100 sur 173 · hA · texte numérisé non relu

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M. Dehérain a mis en pleiiio (évidence. Giiellard leconimt que los plantes cvajiorTiil |iliis dVau jirmlanl lo Jour que jjeiuianl la uuit, et qu*il fallait qu'elles lussent diioetcmeiit frappées par les rayons du Soleil pour atteindre leur niaxintum d'évaporation. M. Dehérain, dans une suite de nombreuses et délicates expériences, a prouvé que révaporation de l'eau par les feuilles est due à la lumière et non à la chaleur ; il a reconnu, comme l'avait vu Dauljeny, que les divers rayons du spectre n'ont pas sur le phcnonièiie le même degré d'influence : les rayons lumi-

neux efiicaccs pour déterminer l'évaporation sont précisément ceux qui provoquent la décomposition de l'acide carbonique, ce que l'on constate soit au moyen de l'appareil de la figure 238 où les feuilles enfermées dans des tubes de verre sont exposées en des rayons différents du spectre, soit en entourant simplement les tubes de manchons renfermant diverses solutions colorées (fig. 237).

Ainsi, parmi les phénomènes de la vie végétale, deux des plus importants sont sous l'inQuence immédiate des radiations lumineuses : d'une part, la décomposition de l'acide carbonique, d'on l'assimilalinn du caihono pat \n plaiiVe ; de l'anU-e, Vi'vii-

poration par les feuilles, qui joue uu rôle prépondérant dans le transport des principes immédiats d'un point du végétal à l'autre. Il résulte de là que, de deux années également chaudes, mais dont l'une a été caractérisée par un ciel couvert et l'autre par un solei! éclatant, c'est celte dernière qui est la plus favorable à la végétation. M. Dehérain cile des faits à l'appui de cette conclusion, et il rappelle ce passage du Cosmos où Humboldt signale l'importance de la lumière pour le développement

de la vie végétale ; « Si là où les myrtes croissent en pleine terre {Salcombe sur les côtes de Devonshire, Cherbourg sur les côtes de Normandie), el oîi le sol ne se couvre jamais en hiver d'une neige persistante, les températures d'été et d'automne suffisent à peine pour porter les pommes à maturité; si la vigne, pour donner un vin potable, fuit les îles et presque toutes les côtes, même les côtes occidentales, ce n'est pas seulement à cause de la température qui règne en été sur le littoral ; la raison de ces phénomènes est ailleurs que dans les indications

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iburnies i>ar nus liierniomètres, lorsqu'ils sont su3|ieiniiis à l'onibre. Il l'aul la chercher dans l'influence de Ih lumière JirerLe, duiil un n'a ftaèri' lenu coiU|ilc jusqu'îri, bien qu'elle se manifeste dans une foule de phénomènes. II existe, à cet égard, une différence ca|iiUle entre la lumière qui a traversé un ciel serein et celle qui a été allaiblie et disjiersée en tout sens par un ciel nébuleux. »

g '2. IRFI.ltbKCt: DE I.K LUMIÈRE »VH LA VIE AMMALh.

L'existence et le développement du règne animal à la surface de la Terre sont subordonnés à l'existence et au développement de la vie végétale. C'est là un fait d'une telle évidence, qu'il est tout à fait inutile d'insister; de sorte qu'indirectement la lumière, sans laquelle aucune plante h chlorophylle ne saurait vivre, se trouve indispensable aussi à la vie animale.

Ouant à l'influence directe de la lumière sur telle ou telle foMcLiim essentielle de l'animal, bien qu'elle n'ait point été étudiée et analysée encore dans son mode spécial d'action, il n'est pas moins certain qu'elle existe : pour se développer et pour vivre, pour jouirde la santé physique dans sa plénitude, l'homme et la plupart des animaux ont un égal besoin de la lumière.

Quelle différence, sous le rapport de la vigueur et de la santé, entre les populations qui vivent en plein air et reçoivent largement les rayons du soleil, et celles qui se pressent dans les rues étroites et obscures des villes! Quel contraste entre la vivacité, la force musculaire des animaux et des hommes habitants des régions tropicales, et la lenteur inerte des Lapons, des Samoyèdes, des ours polaires! « On a des exemples nombreux, dit Dubrunfaut, de maladies, d'infirmités ou d'accidents divers que peut produire la privation de la lumière. Telles sont les maladies qui atteignent les mineurs, les marins de la cale des navires, les ouvriers des manufactures mal éclairées, les habitants des caves, des rez-de-chaussée ou des rues élroites.

On connaît aussi les importantes observations de M. Edwards sur les batraciens et celles de Humboldt snir la vigueur des populations des régions équinoxiales. Ces populations à peau rouge, à formes musculeuses et arrondies, reçoivent directement l'influence bienfaisante de la lumière sur leurs corps entièrement nus. » (Statique de la lumière dnm les phénomènes de la Die.)

Le savant auquel nous empruntons ces lignes soupçonnait que la lumière agissait sur l'organisme animal précisément par les rayons qui sont inefficaces au point de vue des phénomènes de la végétation. « La chlorophylle et les globules sanguins, ajoutait-il, n'offrent-ils pas les deux grands pivots de la vie organique des végétaux et des animaux, et les conditions de leur formation, en apparence similaires, ne sont-elles pas bien distinctes et bien définies par leurs modes d'être si différents visà-vis du stimulus lumineux? 11 est donc parfaitemejit légitime de conclure de tous les faits connus et bien observés que la lumière blanche du Soleil, qui est indispensable à la vie normale des végétaux et des animaux, se partage sous leurs influences propres en deux faisceaux complémentaires, qui sont absorbés pour les besoins des fonctions assimilatrices. »

Les recherches faites depuis sur ce point intéressant ne semblent pas justifier tout à fait les conclusions de M. Dubrunfaut. M. Béclard, puis un Américain, le général Pleasonton, et enfin M. Emile Yung ont reconnu que ce sont les rayons les plus réfrangibles, c'est-à-dire les rayons violets, qui sont le plus favorables à la croissance des animaux. La lumière verte, nuisible à la végétation, le serait également à la vie animale, de sorte que les deux règnes se partageraient les radiations extrêmes. 11 n'y a- rien là que de très naturel, si l'on songe que la plante, pour vivre et croître, décompose l'acide carbonique de l'air, exhale de l'oxygène et fixe du carbone, tandis que l'animal absorbe de l'oxygène et dégage de l'acide carbonique. La différence des fonctions correspond bien à la différence des modes d'action des radiations lumineuses.

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