LUMIÈRE DIFFUSE
elle est compusée suivent d'autres lois, en se réfléchissant, que la lumière spéculaire. L'irrégularité dont il s'agit provient des aspérités de la surface des corps mats, rugueux, qui l'eçoivent la lumière sous des incidences variées et la renvoient dans
Pig. 68. — Lumière réfléchie tria obliquement.
toutes les directions (fij;. 07). Quand on rogaide 1res obliquement une telle surface, les aspérités se masquent les unes les autres, et les rayons émanant d'éléments pai'allèles à la direction générale de la surface deviennent de plus en plus nombreux : ce qui explique la proportion croissante de la lumière régulièrement réfléchie.
Que la quantité de lumière réfléchie spéculai rement varie avec l'état de la surface des corps, cela n'est pas douteux.
Un morceau de verre poli devient un miroir; dépoli, il ne renvoie presque que de la
lumière diffuse. Le bois, le marbre, la corne, une multitude d'autres substances sont dans le même cas. Mais le pouvoir réflecteur, en donnant ce nom à la propriété de réfléchir spéculairemeut la lumière en plus ou moins gi'aiide proportion, varie, à degré égal de poli, avec la nature des substances
Fig. 67. — Réfleiion ini'gulière Je la luiniËre à la surface d'un corps non poli.
et avec Tangle d'incidence. Sur cent rayons reçus par Teau, le verre à glace, le marbre noir poli, le mercure, le mêlai des miroirs, sous une incidence de 50% Teau en réfléchit 72, le verre 54, le marbre 60 et le mercure et le métal des miroirs 70. Si l'incidence augmente, le nombre des rayons réfléchis diminue pour les trois premiers corps dans une progression rapide, et n'est plus que de 2 ou 3 au plus entre 60* et 90*; tandis que sous cette dernière incidence le mercure réfléchit encore 69 rayons sur 100.
Les corps de couleur sombre ne réfléchissent que peu de lumière. Le noir de fumée ne renvoie pas de lumière difluse et une faible quantité de lumière spéculaire.
Quand la réflexion de la lumière se fait sin* une surface polie, mais transparente, les images se produisent encore, mais elles sont très affaiblies, une grande partie de la lumière incidente traversant la substance. Voilà pourquoi les miroirs et les glaces ordinaires sont clamés sur leur face postérieure, et alors les images très vives qui se font sur la couche métallique opaque d'un grand poli, éteignent par leur éclat les faibles images produites j)ar la réflexion sur la face antérieure du verre.
Mais les glaces sans tain peuvent être employées et donner des images très colorées et très brillantes, quand les objets qu'elles reflètent sont vivement éclairés, et qu'en même temps l'espace qui les entoure, plongé dans une obscurité relative, reçoit peu ou point de lumière diffuse. Tel est le principe des apparitions fîuitasticjues connues au théâtre sous le nom de spectres, et qu'on a, réeemnient encore, utilisées avec succès dans les drames. Xous en dirons deux mots dans les Applwûtioiis (le Voptique.