INCANDESCENCE DES GAZ
Une autre expérience de M. Frankland, en contradiction avec la théorie de Davy, est celle-ci : l'arsenic métallique brûle dans Toxygène avec une lumière blanche très intense, dont la température ne dépasse pas 218*. Donc l'irradiation n'est pas due à des particules solides, qui ne deviennent incandcbcentes qu'à 500^ Cependant le spectre de la lumière est continu. Mêmes résultais avec le bisulfure de carbone brûlé dans l'oxygène, avec le bioxyde d'azote brûlé dans la vapeur.de bisulfure de carbone.
L'influence de l'accroissement de pression sur le pouvoir éclairant des gaz est mise en pleine évidence par l'expérience que voici : L'habile chimiste a fait brûler dans l'oxygène des jets d'hydrogène et d'oxyde de carbone, en élevant graduellement la pression jusqu'à 20 atmosphères. « A 2 atmosphères, le pouvoir lumineux, faible d'abord, se trouve sensiblement augmenté ; à 10 atmosphères , la lumière émise par un jet d'environ un pouce de longueur est parfaitement suffisante pour lire un journal à une distance de deux pieds de la flamme, et sans qu'il y ait aucun réflecteur derrière cette flamme. Examiné au spectroscope, le spectre de cette flamme est brillailt et parfaitement continu du rouge jusqu'au violet. »
M. Frankland, tout en reconnaissant que la température influe sur le pouvoir lumineux de la flamme, croit que ce pouvoir résulte surtout delà densité des corps, que l'accroissement de pression rend plus grande. « On peut dire que les degrés relatifs d'éclat lumineux sont presque proportionnels aux densités relatives des différents produits de la combustion. »
M, Henri Sainle-Claire-Deville, tout en partageant dans une certaine mesure les vues du chimiste anglais, dont il regarde les expériences comme douées du plus haut intérêt, les interprète d'une façon différente. A son avis, l'accroissement de pression aurait surtout pour effet d'élever la température de la combustion. Il distingue une flamme binllante d'une flamme éclairante. Une lumière monochromatique peut être brillante; il suffit que les rayons qui en émanent aient une grande intensité. Une flamme est éclairante, quand elle possède le plus gi^and nombre
possible de rayons de diverses réfrangibilités, comme la Imnière du Soleil, et que, comme celle-ci, elle est le plus blanche possible. Or les expériences de MM. Fizeau, Wolf et Diacon prouvent qu'à mesure qu'on élève la température d'une flamme monoclironiatique comme celle du sodium qui est jaune ou celle du lithium qui est rouge, le nombre des raies brillantes de son spectre va en croissant. Ces deux lumières deviennent blanches ; elles finissent par contenir des raies brillantes de toute réfrangibilité. Elles dcvieiment éclairantes, si le métal brûle à une haute température.
En résumé, d'après M. H. Deville, l'éclat d'une flamme dépend à la fois du nombre et de la disposition des raies spécifiques que les substances existant dans cette flamme peuvent donner à l'analyse spectrale, de la température à laquelle ces éléments se trouvent portés, enfin de leur densité.
g 5. LUMIÈRES ARTIFICIELLES D*UNE GRANDE INTENSITÉ. LUMIÈRE DRUBIMOIiD;