‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 63 sur 173 · ÉCLAIRAGE AU MAGNÉSIUM. INTENSITÉ LUMINEUSE DE L'ARC VOLTAÎQUE · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE AU MAGNÉSIUM. INTENSITÉ LUMINEUSE DE L'ARC VOLTAÎQUE

Aucune des lumières qu'on peut produire artificiellement ne peut l'ivaliser en inlensilé intrinsèque, — cela va de soi pour rintensité absolue ou totale, — avec la lumière solaire. Néanmoins on obtient, par divers procédés que nous avons indiqués plus haut, des lumières fort vives.

Telle est la lumière Drummond. C'est celle qui résulte de rincandescence d'un fragment de craie ou de chaux dans la llaninic d'un jet de gaz oxyhydrique, c'est-à-dire d'un mélange de gaz oxygène et de gaz hydrogène. On peut, au lieu de chaux, employer un morceau de magnésie. Aussitôt que la flamme du jet gazeux a échauffé une portion suffisante du fragment solide, la lumière devient éblouissante. M. E. Becquerel a évalué la quantité de lumière produite par un appareil qui dépensait o litres 1/2 de gaz par minute ; il l'a trouvée équivalente à 20 becs Carcel, c'est-à-dire à environ iCO ou 180 bougies. Or

LUMIÈRES AUTIFICIELLKS. S4I

une liimicre aussi intense projetée sur te (lis(|ue solaire apparaît comme une tache noire.

La lumière oxyhydriquc est riche en rayons jaunes et rouges ; elle contient les rayons bleus et violets en moindre proportion que les sources dont nous allons parler.

Un ni de magnésium qui brûle dans l'air ou dans l'oxygène donne une hunière d'une grande vivacité et d'une grande blancheur. Klle renferme en abondance les rayons les plus réfrangibles, les plus actifs au point de vue chimique. Aussi a-t-oii imaginé des lampes qui brûlent le magnésium d'une façon continue, le fil étant mû, au fur et à mesure de sa combustion, ])ar un mouvement d'horlogerie. Ou s'en sert pour siqipléer, dans certains cas, à la lumière solaire, notamment jtoiir obtenir des pholugraphies dans les souterrains, dans les cavernes , dans les mines. L'n fil de magnésium de 5 millimètres de diamètre brûlant dans l'air a un pouvoir éclairant de 74 bougies; Bunsen a trouvé qu'un décigrammc de magnésium brûlant dans l'oxygène donne une lumière équivalente à celle de IIU bougies, bien que la surface incandescente du métal fût sept fois moindre que

Fi(;.i:.0. — LiiiiiiiT

la flamme d'une bougie. Ainsi Téclat intrinsèque de la lumière du magnésium est au moins sept eents fois celui d*un6 bougie. Enfin, d'après des expériences dues à M. E. Becquerel, Tare vol laïque produit par une pile à acide azotique de 100 couples donne une lumière dont le pouvoir éclairant équivaut à celui de 1000 bougies. En plaçant une telle source de lumière à 1 mèlre de distance d'un écran , la surface serait éclairée 75 fois moins que par le Soleil au zénith, environ 00 fois moins que par le Soleil à une hauteur de 50 degrés sur rhorizoïi. Mais celle inlensilé lumineuse a été de beaucoup dépassée, el MM. Fizeau el Foucault, comparant l'éclat de l'arc voltaîque h la lumière que doiuiait le Soleil j»ar un ciel jmr du mois d'avril, ont reconnu qu'il était seulemenl deux fois et demie moindre ({ue celui de l'astre radieux. La lumière ainsi j)roduile était celle du charbon positif Iraversé par le courant d'une pile (pu» formaient trois séries de (juaranle-six couples Bunsen.

g 4. lM10SrH0IŒ^=Gt^CE.

L'incandescence, c'esl-à-dire la radiation lumineuse développée par une haute température, acconq)agnoe ou non de combinaisons chinii(pi(*s, n'est pas le seul mo:le de produclion de la lumièr(\ Les corps |)euvenl devenir lumineux el èlre visibles dans l'obscurilé, dans diverses circonslances qne nous allons éludier maintenant.

En 1()77, un alchimiste de Hambourg du nom de Brandi découvrit, par un j)rocé(lé qu'il lint d'abord secret*, un nouveau corps doué, entre autres proj)riétés singulières, de la lacnllc d'émettre, quand il est exposé à l'air, une légère fumée qui se renouvelle conliiuiellement : dans l'obscurité, cette vapeur esl lumineuse. De là h? nom {\c phospliore (de ^û;, lumière, oopo;,

i. Pou (ranriiVs après Hraiidl, Kunckel trouva le uioycQ d'olMciiir le |>Iius])1ioiy. du siècle plus lanl, en !7(iîK Sclicolc rimnira qn*il est contenu en grande almulana' dan> l«"i (>s de rhoiuuie et des animaux.

qui porte) appliqué à cette substance, qui est un des soixantesix corps simples actuellement connus. Si l'on trace, avec un bâton de phosphore, des caractères quelconques sur un mur, ils apparaissent comme des traits lumineux dans l'obscurité, et ne cessent de luire qu'après la disparition complète, par combustion lente ou évaporalion, de la matière phosphorée.

Bien avant la découverte de ce corps, on donnait le nom de phosphores à toutes les substances qui émettent, comme lui, de la lumière, sans accompagnement de chaieui- sensible. Tels sont les bois que l'humidité a fait tomber en décomposition, les poissons de mer morts, mais non encore putréfiés, dont la

Fig. 152. -Lampyre ou ïer

Fifi. 155. — l'ïrophoiv

luisant : 1, itisectr mile-,

nocliluquc.

S, femelle.

lueur se communique à l'eau elte-môme quand on les agite pendant quelque temps, et enfin un grand nombre de substances minérales, quand on les soumet à des chocs ou à des frottements mécaniques, ou qu'elles ont été exposées aux rayons solaires.

C'est à cette émission de lumière, spontanée ou artificielle, que les physiciens donnent le nom de phosphorescence.

La phosphorescence n'est pas particulière aux matières inorganiques ou privées de vie. Quand, par une chaude soirée de juin ou de juillet, nous nous promenons dans la campagne, il n'est pas rare de voir dans l'herbe et sous les buissons une multitude de petites lueurs qui brillent comme autant d'étoiles

su LE MONDE PHYSIQUE.

terreslres : ce sont tes lampyi'es ou vers luisants, genre àe coléoplèiTs dont In larve, comme l'insecte parfait, mais à un moindre degré, jouit de la propriété d'émettre une lumière d'un bleu verdàlre. I^es fulgores portf-lanteme de la Guyane et les cncuj/os du Mexique et du Brésil brillent, pendant la nuil, d'uoe lumière assez vive pour qu'il soit possible de lire avec leur seul secours. Certaines fleurs, comme les fleurs dn souci, de la capucine, (le lu rose d'Inde, ont été considél'écs comme phosphorescentes; mais s'il parnît aujourd'hui prouvé qu'on s'est trompé à leur égard, il reste certain qu'une quinzaine de plantes phanérogames el Iniit on nenl' ciyptogames ont la propriété d'émettre de la luniièi'e ; mais c'est seulement le soir, après une journée où ces végétaux ont pu recevoir la lumière du soleil, de sorte que l'insolation parait être, pour eux, une condition essentielle à leur phosjihorescence.

La phosphorescence de la mer esl produite par des myriades d'animalcules qui, comme les lampyres et les fulgores. émettentune lumim assez vive pour donner aux flots l'ap- V.C sont tantôt des infusoires.

, etc., qui répandent, les unes

parcnce de nai)pes embrasées, tantôt (les méduses, des astéries '

Page 1