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COULEUR BLEUE DE L'ATMOSPHÈRE

comme ayant pour cause la présence dans Falmosphère d'une multitude de particules finement divisées qui réfléchissent les rayons bleus et ne transmettent que les rayons rouges. Que sont ces particules? Les sporules qui causent la fermentation et la putréfaction, les molécules minérales, comme le sodium dont Tanalysc spectrale accuse la présence presque constante dans Tair, peut-être aussi la poussière météorique extra-terrestre que certains physiciens prétendent traverser en tout temps notre atmosphère, enfin probablement aussi les fines particules aqueuses dont celte atmosphère est remplie. Roscoë compare l'opalescence de l'atmosphère à celle des liquides qui renferment de la matière très ténue, par exemple de l'eau contenant du soufre finement divisé, ou à celle du verre dans la masse duquel sont disséminées des particules de phosphate de calcium ou de trioxyde d'arsenic. « Si l'on fait passer, dit-il, la lumière blanche d'une lampe électrique à travers un tube de trois pieds de long, fermé à chaque extrémité par des plaques de verre et rempli d'un liquide à peine opalescent, tous les rayons bleus, verts et jaunes sont interceptés, et le rayon sortant est rouge foncé. Nous avons là un coucher de soleil artificieh Le soufre finement divisé réfléchit la lumière bleue et transmet la lumière rouge. Si le soufre opalescent diminue d'un tiers la lumière visible, il intercepte entièrement les rayons chimiques. Le verre opale paraît blanc ou blanc-bleuâtre par la lumière réfléchie et rouge par la lumière transmise.

« Enfin, selon la grosseur des particules réfléchissantes, la teinte peut varier du rouge foncé au jaune et môme au bleu. Ainsi s'expliqueront les nuances si variées des crépuscules et des aurores. »

Un autre physicien anglais, Tyndall, est arrivé à des conclusions à peu près semblables à celles de Roscoe. Mais il a cherché à pénétrer plus profondément dans la nature intime du phénomène; nous ne pouvons ici rapporter toutes ses expériences, mais voici une page du savant physicien où se trouve ingénieusement interprétée la cause de la coloration bleue du ciel :

87f LE MONDE PHT8IQUB.

a En réalilé, l*ageiit, quel qu'il soit, qui nous envoie la lumière du ciel, exerce une action dichroique. La lumière réfléchie est bleue ; la lumière transmise est orangée ou rouge. Il y a donc là une différence marquée entre la substance du ciel et celle d'un nuage ordinaire, lequel n'exerce aucune action dichroïque de ce genre. En combinant les forces de rimagination et de la raison, nous pouvons pénétrer ce mystère aussi.' Le nuage ne tient pas compte de la grandeur des ondulations de réther, mais les réfléchit toutes également ; il ne choisit pas. Or ceci peut provenir de ce que les parcelles du nuage sont si grandes par rapport aux ondes de Téther, qu'elles les réfléchissent toutes indifféremment.... Supposons que les parcelles réfléchissantes, «iu lieu d'être très grandes, soient très petites par rapport aux ondes. Dans ce cas, ce n'est plus l'onde tout entière qui est arrêtée et renvoyée en grande partie, une petite portion seulement est brisée et réfléchie. La grande masse de l'onde passe par-dessus cette petite parcelle sans éprouver de réflexion. Jetons donc par la pensée dans notre atmosphère une poignée de ces petites parcelles étrangères et chargeons notre imagination de suivie leur action sur les ondes solaires. Des ondes de toute grandeur se heurtent contre ces parcelles, et Ton voit à chaque choc une partie de Tonde frappée se détacher par réflexion. » Tyndall compare alors les ondes rouges aux vagues de l'Océan et les ondes bleues aux simples rides de l'eau, et montre que les particules de l'atmosphère doivent réfléchir en plus grande proportion les plus petites ondes, de sorte que le bleu sera la couleur dominante de la lumière refléchie.

« Occupons-nous maintenant, conlinue-l-il , de la lumière qui passe entre les parcelles sans être dispersée. Que devientelle en définitive? Par ses chocs successifs avec les parcelles, la lumière blanche perd de plus en plus la proportion de bleu qu'elle doit contenir. On prévoit facilement ce qui va eft résulter. La lumière transmise à de petites distances doit paraître jaunâtre. Mais à mesure que le soleil descend vers l'horizon,

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