‹ Le monde physique (volume 2)Chapitre 94 sur 173 · COULEUR BLEUE DE ^ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

COULEUR BLEUE DE ^ATMOSPHÈRE

l'épaisseur de ralmosi)hère traversée augmente, et avec elle le nombre des parcelles qui dispersent la lumière. Elles lui font perdre successivement le violet, l'indigo, le bleu, et troublent même les proportions du vert. La lumière transmise dans ces circonstances doit passer du jaune à l'orangé, puis au rouge. C'est là exactement ce que nous présente la nature. Ainsi, tandis que la lumière réfléchie nous donne à midi l'azur foncé du ciel des Alpes, la lumière transmise nous donne au soleil couchant le rouge chaud des neiges des Alpes. Assurément, les phénomènes se passent comme si notre atmosphère était un milieu rendu légèrement trouble par des parcelles étrangères d'une extrême ténuité, qui y seraient maintenues mécaniquement en suspension. »

Nous devons mentionner ici les expériences d'un savant français, M. A. Dupasquier, qui, dès 1845, constatait l'influence des particules finement divisées sur la coloration bleue des milieux où ces particules se trouvent en suspension. L'argent, le mercure, le bismuth, l'arsenic, l'antimoine en poudre, divers composés métalliques, en suspension dans un liquide, lui ont tous montré à divers degrés une teinte bleuâtre, et il se demandait si l'on ne pouvait expliquer de la même manière « certaines colorations bleues que présente la nature, celle des glaciers par exemple, qui pourrait être due à leur état de granulation, et celle des lacs, qui pourrait peut-être avoir pour cause des particules hétérogène* très subtiles, tenues en suspension dans une masse d'eau d'une grande épaisseur. » Ces questions ont été étudiées en eflet depuis et résolues, notamment par Tyndall, dans le sens qu'indiquait il y a trente ans notre compatriote..

L'illumination des milieux transparents a été l'objet de nouvelles éludes très intéressantes par M. Lallemand ; mais, outre que ces éludes ne sont pas terminées, leur exposé nous entraînerait à des considérations plus élevées que ne le comporte cette simple description des phénomènes de la lumière et des couleurs.

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. Tout le inonde sait que les couleurs ne sont pas les mêmes à la lumière du jour, et le soir à la lumière des lampes, des ' bougies ou du gaz. Gomme on est convenu d'appeler les premières couleurs naturelles, il en résulte que les lumières autres que la lumière solaire, et notamment les lumières artificielles, altèrent plus ou moins les couleurs. Telle étoffe qui parait bleue le jour semble verte le soir, et, inversement, tel vert paraît bleuâtre. Cet effet a une certaine importance ponr les toilettes des dames, pour les décorations et tentures dans les salons et au théâtre. Ici nous n*avons à en parler qu'au point de vue de la cause de ces. altérations, dont Tanalyse prismatique des flammes suffit à rendre compte. Nous emprunterons quelques détails et faits curieux à un travail effectué sur ce sujet par un chimiste français, H. Nicklès.

Ce savant reconnut que le perchlorure de manganèse combine avec rélhcr forme une substance qui au grand jour est d'un beau vert; à la lumière du gaz elle paraît noire.

Un pigment d'un beau rouge cramoisi, emprunté au troène, colore en bleu certaines dissolutions salines. Telle est du moins la couleur obtenue au jour. Eclairées par le gaz, ces dissolutions bleuies prennent des teintes diverses : rouge, si la dissolution renferme du bicarbonate de chaux ou du chlorure de zinc; verte, si c'est Tazolate de chaux ou le chlorure de calcium ; elle reste bleue, si c'est du bicarbonate de potasse.

Or ces changements de couleur ne se produisent pas si, au lieu d'éclairer au gaz les dissolutions précédentes, on se sert de la lumière au magnésium. 11 en est de même pour la combinaison élhérée du perchlorure de manganèse, laquelle reste verte à la lumière du magnésium comme au jour. Enfin l'éclairage par la lumière électrique laisse aussi sensiblement aux corps les couleurs qu'on leur voit à la lumière du soleil.

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