LES LAVES : COMPOSITION CHIMIQUE
éruptions volcaniques actuelles avec deux types de roches, qui ne sont autre chose que des produits éruptifs des anciens volcans, les basaltes et les trachytes, on a été conduit à les diviser en deux groupes principaux, selon qu'elles se rapprochent plus ou moins de ces roches, et l'on distingue les laves basaltiques et les laves trac) ïy tiques ; néanmoins on a dû, pour les laves dont les caractères sont moins tranchés, lormer une classe intermédiaire, les laves trachydolérites. Voici, d'après Fuchs,quels sont les caractères distinctifs de ces trois types de laves :
« Les laves basaltiques sont faciles à reconnaître à leur couleur foncée presque noire, et, lorsque la roche est à gros grains, on y peut distinguer facilement le feldspath et l'augilc qui en constituent la partie principale. L'augitc est le minéral que l'on trouve en plus grande abondance dans les basaltes, mais le feldspath y est souvent remplacé, complètement ou en partie, par d'autres minéraux, ce qui donne naissance à diverses variétés de laves basaltiques, dont les plus fréquentes sont le basalte leucitique (Vésuve, collines d'Albano, etc.), le basalte à néphélirte (lave du Capo di Bove, Hcrchenberg dans l'Eifcl, quelques laves du Vésuve), le basalte à anorthite (Islande, Antilles) et le basalte à sodalithe (Vésuve, etc.).
« Les laves trachytiques présentent fréquemment une couleur tout à fait claire, et, le plus souvent du moins, une couleur beaucoup moins foncée que les laves basaltiques. Les laves trachytiques sont habituellement composées, comme le trachyte ordinaire, de deux espèces de basalte : la sanidine et l'oligoclase; la première espèce se trouve fréquemment en grands cristaux enfermés dans la pâte fine de la roche (Ischia). On peut aussi distinguer plusieurs variétés de laves trachytiques par les minéraux qui y sont inclus : trachyte à sanidine, trachyte à oligoclase, jjhonolitlie, trachyte à ha'ùyne, trachyte à sodalithe. » (On vient de voir que ce dernier minéral, qui ne se forme que dans certaines conditions favorables, après l'écoulement de la lave, se trouve aussi dans les laves basaltiques.)
On peut caractériser d'une autre façon les deux espèces de
laves qu'on vient de définir. Les unes, les laves trachy tiques, sont remarquables par leur teneur en silice, qui dépasse en général 66 pour 100; pauvres en chaux, en magnésie, en oxyde de fer, elles sont au contraire riches en soude et en potasse : ce sont les laves acides ou légères, par opposition aux laves lourdes ou basiques, dont la teneur en silice ne dépasse pas 55 pour 100 et qui, riches en chaux, en magnésie et en oxyde de fer, sont pauvres en potasse et en soude : celles-ci sont les laves basaltiques, à teinte noire et à grande densité (2,95 à 5,10).
Fig. 175. — Lave du Kilauea (éruption de 1881). — I. 1, péi idot ; 2, augite ; 3, fer oxydulé; A, labrador. — II. 5, microlithes d'anorthite; 6, microlithes d'augite.
Les recherches toutes récentes des minéralogistes et l'emploi de l'analyse micrographique ont jeté un jour tout nouveau sur les causes de la diversité de composition minéralogique des différentes espèces de laves, en montrant que la présence de telle ou telle espèce de cristaux dans la masse dépendait surtout de la phase à laquelle avait eu lieu le phénomène de la solidification. Pour donner une idée de l'importance des résultats obtenus, nous ne pouvons suivre un guide plus sûr que l'auteur de la remarquable étude sur les volcans que nous avons