‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 122 sur 271 · Les Volcans · texte numérisé non relu

Les Volcans

lés franchit en roulant par-dessus sous la forme dîme cascade de feu. « Le mur ne fut point renversé, dit Scrope en citant ce fait singulier, mais il existe encore, et l'on peut voir une arcade de lave se recourbant par-dessus comme une vague sur

Fig. 184. — Courant de laves, à la base du Monte-Frumento (éruption de l'Etna en 1865), d'après une photographie de M. P. Berthier.

la plage. » Des effets pareils ont été fréquemment observés pendant les éruptions du Vésuve.

Les végétaux, l'herbe plus ou moins sèche, les arbustes, quand un courant de lave les rencontre, sont incendiés en peu d'instants. Pour les arbres plus gros, il arrive fréquemment que leurs parties supérieures seules sont réduites en cendres, et

leurs troncs simplement carbonisés. Il n'est pas rare toutefois que la masse les enveloppe sans les faire périr. M. Fonqué, dans son rapport sur l'éruption de l'Etna de 1865, cite des exemples curieux de ces divers effets. La fissure par où s'est épanchée la coulée de lave, à la base du Monte-Frumento (fi g. 185), était antérieurement couverte d'une haute futaie de pins. Le savant explorateur trouva carbonisés à leur base, sur une hauteur de 2 à 5 mètres, ceux de ces arbres qui étaient situés sur les bords de la fissure, d'où il conclut que la lave en coulant s'était élevée à ce niveau. La forte pente du terrain avait rendu d'abord l'écoulement très rapide. Mais plus bas, la pente diminuant, la lave liquide ralentissant sa marche s'accumula sur une hauteur de 5 à 4 mètres ; aussi les arbres étaient-ils carbonisés jusqu'à cette hauteur. « Cependant, dit M. Fouqué, cette lave, qui les entourait, était assez liquide pour se mouler parfaitement sur leur contour, prendre toutes les empreintes de l'écorce et leur former une espèce d'étui en se refroidissant. Tous les arbres enveloppés ainsi dans la lave ont eu de la sorte un étui protecteur, qui les a garantis du contact immédiat de la lave liquide pendant qu'elle continuait à couler tout autour. Mais, l'étui étant lui-même doué d'une haute température, il est arrivé souvent que l'arbre a continué à brûler, et aujourd'hui l'étui reste seul, ressemblant à ces tuyaux bitumés que l'on emploie à Paris pour la conduite du gaz. Souvent aussi la combustion a été incomplète, il y a eu seulement carbonisation plus ou moins avancée, et nous retrouvons un grand nombre de ces arbres encore debout, quoique charbonnés à la base et revêtus de leur enveloppe protectrice1. » Des tubes semblables à ceux que décrit M. Fouqué se rencontrent fréquemment dans les laves de la Réunion, lorsqu'elles ont exercé leurs ravages sur les forêts de palmiers. D'après Dana, les courants de lave du Kilauea (Havaï) laissent quelquefois aux branches supérieures des arbres des fragments de matière solidifiée, qui

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