‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 123 sur 271 · Rapport sur l'éruption de l'Etna en · texte numérisé non relu

Rapport sur l'éruption de l'Etna en

pendent comme des stalactite? ou des glaçons de verglas ; en se

Fig. 185. Pins de l'Etna envahis par un courant de laves (éruption de 18G5), d'après une photographie de M. P. Berthier.

refroidissant, la surface du courant se déprime, sa hauteur diminue, et la masse fluide laisse ainsi sa trace aux forets

qu'elle a traversées. « Ce qu'il y a de plus curieux, fait observer Scrope en citant ce fait, c'est que les branches auxquelles adhèrent ces stalactites, et qui certainement ont été enveloppées par la matière en fusion, donnent à peine des marques de chaleur, l'écorce même n'étant que très rarement carbonisée. Ce fait pourrait s'expliquer peut-être par l'humidité de leurs surfaces, qui, étant subitement vaporisée, a pu agir comme une espèce de fourreau protecteur pendant le court intervalle entre leur immersion dans la lave et le refroidissement de la première enveloppe1. »

Les effets destructeurs des coulées de lave sont parfois terribles. Les ravages qu'elles causent sont en proportion avec la quantité des matières vomies par l'éruption, par conséquent avec l'étendue des surfaces recouvertes ; ils dépendent aussi de la rapidité de l'écoulement, laquelle dépend elle-même de la pente et de la fluidité de la lave. En 1785, le volcan islandais le Skaptar-Jokull eut une des plus épouvantables éruptions que l'histoire ait enregistrées. Deux torrents de lave s'écoulèrent à des distances de 80 et de 65 kilomètres ; leur largeur ne mesurait pas moins de 24 et de 12 kilomètres, et en plusieurs points leur épaisseur atteignait 150 mètres. On estime que le volume des matières ainsi rejelées égalait le double du volume total de l'Hécla; les calculs de Bischof donnent un volume supérieur à celui du Mont-Blanc. « Tout le pays environnant fut la proie du feu; les anciennes laves furent refondues, et de toutes parts se formèrent des cavernes souterraines. L'effervescence dura plus de huit mois, et la lave mit deux ans à se refroidir. A quarante lieues à la ronde, les pâturages furent détruits par les ponces, les laves et les cendres. L'air était infecté de vapeurs pernicieuses, le ciel obscurci par des nuées de cendres. Suivant les calculs les plus modérés, 14000 créatures humaines, et environ 150000 têtes de bétail, périrent dans cette effroyable catastrophe2. »

\. l'oulett Scrope, les Volcans.

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