‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 134 sur 271 · LES GEYSERS OU VOLCANS D'EAU · texte numérisé non relu

LES GEYSERS OU VOLCANS D'EAU

remplissent à nouveau ; mais l'abaissement de la température ramène les conditions antérieures et le geyser rentre peu à peu dans son repos, jusqu'à ce que des détonations nouvelles, provoquées par de nouvelles émissions de vapeur, aient réussi à rendre à l'eau du tube une température assez élevée pour que le phénomène se reproduise. , ) -\ ^

La figure 197 représente l'appareil imaginé par Tyndall pour la vérification expérimentale de la théorie de Bunsen. Un tube en fer galvanisé, d'une longueur de 2 mètres, est fixé par son orifice supérieur au centre d'un bassin qui simule le bassin du geyser.

Il est chauffé, par le fond, à l'aide d'un premier foyer qui représente la chaleur des couches souterraines, des roches volcaniques sous-jacenles. Un second foyer est placé à 60 centimètres du fond.

Remplissant alors le tube avec de l'eau qui

s'échauffait graduellement, régulièrement, le physicien anglais a vu l'eau s'élancer, toutes les cinq minutes, hors du tube dans l'atmosphère.

Quant aux éruptions du Strokur, provoquées, comme on vient de le voir, par l'interposition d'un obstacle, on en rend compte

Fis. 197.

Expérience de Tyndall pour la vérification de la théorie des geysers.

en supposant que le tube de ce geyser, évasé en haut en forme d'entonnoir, se rétrécit assez plus bas pour que les mottes de gazon projetées l'obstruent complètement. La chaleur croissante de l'eau inférieure ne peut se communiquer à la partie supérieure; les bulles de vapeur ne peuvent plus se dégager et la tension, augmentant sans cesse, finit par dépasser la pression des couches superposées. Alors se produit l'éruption, qui débute par l'expulsion des matières formant obstacle.

L'énergie des éruptions geysériennes est en rapport avec l'abondance des eaux, avec leur évaporation à la surface, et subit l'influence des conditions météorologiques. On dit qu'elles sont plus belles après la pluie. Il reste à expliquer la décroissance de celte activité avec le temps. Selon Forbes, c'est l'accroissement de longueur du tube qui en est la cause. « Le continuel dépôt de la silice, dit-il, si minime qu'il soit, doit opérer finalement un changement clans la relation de la colonne d'eau et de la chaleur émise par le sol. Du jour où le tube aura atteint une profondeur telle que la chaleur qui se dégage de la portion inférieure et le refroidissement de la surface se feront équilibre, la température de la masse d'eau ne pourra plus nulle part atteindre le point d'ébullition, et le geyser aura perdu toute énergie éruptive1. »

Si l'Islande est la terre classique des sources thermales volcaniques et des geysers, elle a des rivales, sous ce rapport, dans deux régions bien éloignées d'elle et tout aussi distantes l'une de l'autre. Nous voulons parler de la Nouvelle-Zélande et de la vallée de la Firehole aux Etals-Unis. Entrons dans quelques détails sur chacune de ces contrées.

Les îles de l'archipel néo-zélandais ont une constitution éminemment volcanique. Dans Tavaï-Pounamou, ou île du Sud, l'activité éruptive est complètement éteinte. Il n'en est pas de même de l'île du nord, Ika-Na-Moui, qui renferme plusieurs

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