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I . Cosmos, t. I

PHÉNOMÈNES DES TREMBLEMENTS DE TERRE. 6i7

lude, que, d'après les informations prises par Dolomieu, on voyait les arbres s'incliner au point que leur cime arrivait à toucher la terre, puis se redresser après le passage de ronde. Ce dernier phénomène fut pareillement observé lors du ircm-

Fig. 251. — Ruines à Torre del Greco (8 décembre 1861).

blement de terre qui ravagea la vallée du Mississipi en 1811. Nombre d'arbres y périrent, leurs racines ayant été arrachées et brisées par les ondulations qui se succédèrent durant trois mois consécutifs. D'après un récit fait à Lyell par un ingénieur de la Nouvelle-Orléans qui se trouvait à cheval dans les

environs de New-Madrid au moment des plus Tories secousses, « les arbres se courbaient à mesure qu'avançaient les ondulalions; et lorsque, l'instant d'après, ils venaient à reprendre leur position naturelle, ils rencontraient souvent d'autres arbres pareillement inclinés, dont ils accrochaient les branches, et qui, par suite, ne pouvaient plus eux-mêmes se redresser. Le passage du mouvement ondulatoire fut marqué dans les bois par l'effroyable craquement d'un nombre considérable de grosses branches, qui se fit entendre successivement de tous les côtés. En même temps, d'énormes jets d'eau mêlée de sable, de bouc et de fragments de matière charbonneuse, jaillirent du sol et mirent en danger la vie du cheval et de son cavalier1. »

On comprend que des secousses capables de produire de tels effets sur des objets aussi solidement fixés au sol que de grands arbres exercent une action destructive autrement énergique sur tous ceux qui ne se maintiennent en équilibre que dans l'hypothèse d'un repos absolu. S'il fallait décrire ici les innombrables ruines accumulées dans toutes les villes, les villages cl bourgades des régions qui ont subi des tremblements de terre d'une certaine violence, des volumes ne suffiraient pas à une telle énumération. Contentons-nous de rappeler les catastrophes de ce genre les plus fameuses dans l'histoire. Dans l'antiquité, plusieurs villes furent détruites par des tremblements de terre : l'an 371 avant notre ère, ce sont Hélice et Bura, deux cités d'Achaïe; sous Néron, l'an 62 de J.-C, Laodicée et Colosses, dans la vallée du Lycus, ainsi que plusieurs villes d'Achaïe et de Macédoine. Sénèque, en rapportant ces catastrophes, paraît croire que les tremblements de terre qui renversèrent ces villes étaient la conséquence naturelle de l'apparition de deux brillantes comètes aux dates qu'on vient de citer2. C'est aussi par un tremblement de terre qu'Herculanum et Pompéi furent en partie ruinées en l'an 65, seize ans avant d'être ense-

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