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LA CIRCULATION ATMOSPHÉRIQUE

laie de ce mouvement que l'on considère1, soit qu'il s'agisse d'en marquer la direction, soit qu'on veuille en mesurer la vitesse ou l'intensité.

Nous avons vu que l'air n'est en équilibre que si les couches qui le composent se superposent horizontalement dans l'ordre de leurs densités, décroissantes avec l'altitude. Dès que, par une cause quelconque, survient une différence de température entre deux régions contiguës, de nature à renverser l'ordre des densités qui maintient l'équilibre, ce dernier est troublé. La raréfaction qui s'est produite dans la région de l'air échauffée, détermine un afflux de l'air plus froid et plus dense, et le courant qui en résulte se propage de proche en proche avec une vitesse et une force qui dépendent des inégalités de température, de densité, de pression. La raréfaction de l'air peut être due encore à la précipitation de la vapeur d'eau qu'il contenait : c'est ce qui arrive après une pluie abondante, Un orage. L'air des régions voisines se précipite dans le vide relatif ainsi formé, donnant lieu à un vent, comme dans le cas de l'inégalité de température.

Les causes de ces ruptures d'équilibre dans le sein de l'atmosphère sont extrêmement variées : les unes sont accidentelles ou locales, et tiennent aux lieux, à la nature du sol, à son humidité ou à sa sécheresse, à la végétation plus ou moins abondante qui le recouvre, à son altitude, à l'état hygrométrique de l'air, etc. ; les autres sont périodiques, et suivent les jours et les nuits ou les saisons. La répartition géographique des terres et des eaux, des montagnes, des plateaux et des plaines a aussi sur la production et la succession des vents une influence considérable. Ce qui n'est pas douteux, c'est l'importance qu'ont les courants aériens dans l'économie géné-

1. Dans la session d'août 1880 de l'Association française pour l 'avancement des sciences, M. l'abbé Maze a indiqué une méthode propre à déterminer la composante verticale du vent; l'appareil propre à cette mesure serait une roue hélicoïdale abritée dans un petit cylindre, et qui tournerait comme une turbine sous l'action des mouvements verticaux de l'air. MM. Ilennessy et Glaisher, de la Société royale de Londres, ont étudié les mêmes courants en employant une girouette articulée dont les mouvements étaient enregistrés par l'électricité.

raie de la planète ou dans la climatologie. Suivant que les vents dominants d'une contrée sont froids ou chauds, secs ou humides, ils influent d'une façon favorable ou défavorable sur la végétation, sur la santé des hommes ou des animaux. Comme les courants de la mer, ils adoucissent les climats des régions vers lesquelles ils se dirigent, ou les rendent plus rigoureux. Ils purifient ou assainissent l'air des villes qu'ils renouvellent, ils transportent sur les continents où elles se

condensent et tombent en pluies ou en neiges, les immenses quantités de vapeur formées à la surface de la mer par l'évaporation. Enfin, ils transportent au loin les graines légères des plantes et aussi le pollen des fleurs, aidant ainsi à la dissémination et à la reproduction de la vie végétale à la surface de la Terre. La partie de la Météorologie qui étudie les vents, les lois de leur propagation, a encore un côté pratique hautement apprécié par les marins, en permettant d'abréger leur route, bienfait qui résulte aussi de la connaissance de plus en plus parfaite des courants océaniques.

Franklin a mis en évidence, à l'aide d'une expérience fort simple que tout le monde peut répéter, la production du vent, en tant qu'elle résulte de l'inégalité de la température. Si l'on ouvre, en hiver, la porte qui fait communiquer deux chambres, l'une froide, l'autre bien chauffée, il se produit aussitôt un double courant d'air. L'air de la chambre chauffée, plus léger, pénètre en montant dans la chambre froide, tandis que l'air

Fig. 250. — Formation des courants aériens par l'inégalité de température des couches d'air.

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