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LA CIRCULATION ATMOSPHÉRIQUE

plus dense de celle-ci s'écoule par en bas pour le remplacer. En plaçant deux bougies allumées à la partie inférieure et à la partie supérieure de la porte, la direction contraire de leurs flammes indique nettement le sens des deux courants opposés. C'est la même raison qui détermine les courants ascendants à l'intérieur des cheminées, sans lesquels le tirage ne serait pas possible, et qui produit les mouvements de l'air à l'intérieur d'un verre de lampe, le long des tuyaux de poêle.

Les vents qui ont pour cause immédiate une raréfaction de l'atmosphère en un de ses points, se nomment vents d'aspiration1, et l'on admet dès lors nécessairement qu'ils se propagent peu à peu dans une direction opposée à celle suivant laquelle ils soufflent, de sorte qu'un vent d'est, par exemple, qui règne sur 1 Europe centrale et qui souffle vers les côtes de l'Atlantique, a commencé par se faire sentir à l'ouest, en France par exemple, puis en Suisse, en Allemagne et finalement en Russie. Cette opinion, qui était déjà celle de Franklin, a été controversée. Kaemtz était plutôt porté à croire que le vent commence dans un point situé au milieu de la région où il règne, pour se diriger, de là, en arrière aussi bien qu'en avant. 11 invoque à l'appui de sa manière de voir les brises de terre et de mer, dont la cause est bien connue et dont nous parlerons plus loin. II cite d'ailleurs des faits contraires à l'opinion de Franklin aussi bien que des faits favorables ; voici un exemple de ces derniers : « Un fort vent de nord-est s'éleva un jour vers 7 heures du soir à Philadelphie, et empêcha d'observer une éclipse de Lune. Ce coup de vent se fit sentir aussi à Boston, qui est située au nord-est de Philadelphie, mais seulement à 11 heures du soir. Un vent violent de sud-ouest,

1. « Le 18 novembre 1822, la corvelle la Coquille fut subitement assaillie d'un pampero, vent fréquent vers l'embouchure du Rio de la Plat», quoiqu'elle fût d'ailleurs à plus de 200 lieues E. N. E. de ce parage. Ce qui porte à regarder ce vent qui venait de terre comme un vent d'aspiration occasionné par une raréfaction de l'atmosphère de la mer, c'est qu'au moment où on le ressentait, il y avait abaissement rapide du baromètre. Une circonstance remarquable, c'est que, malgré sa violence, ce vent parait avoir été en quelque sorte local. » (Note du capitaine Duperrey, Comptes rendus de l'Académie des sciences du G juin 1858.)

qui ravagea les Etats-Unis le 12 juin 1829, souffla d'abord à Albany, puis à New-York, qui est située plus au sud. » Voici maintenant un exemple de propagation directe du vent : « Le terrible ouragan de sud-ouest du 29 novembre 1836 passa sur Londres à 10 heures du matin ; à la Haye à 1 heure; à Amsterdam, à 1 heure et demie; à Emden, à 4 heures; à Hambourg, à 6 heures ; à Lubeck, Bleckede et Salzwedel, à 7 heures; enfin à Stettin, à 9 heures et demie du soir. Il se transportait donc

Fig. 251. — Rose des vents. Les 32 rumbs usités dans la navigation et la météorologie.

dans la même direction que celle dans laquelle il soufflait, et il mit 10 heures à parcourir l'espace qui sépare Londres de Stettin. Sa vitesse était par conséquent de 36 mètres par seconde ou de 129 600 mètres par heure. »

Aujourd'hui ces observations opposées ne sembleraient plus contradictoires. La loi de propagation énoncée par Franklin s'appliquant aux vents naissants, aux courants d'aspiration, est toujours vraie. Mais elle ne l'est plus s'il s'agit des courants d'impulsion, des vents d'insufflation comme on les a nommés par opposition aux vents d'aspiration ; s'il s'agit de la propaga-

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