LE ;FŒHN, LE SIROCCO
modification locale du grand courant de retour, dirigé de l'équateur vers le pôle nord, lors de sa plus grande violence dans les vallées du versant septentrional des Alpes1. » Il ne nous paraît pas du reste qu'il y ait contradiction entre ces opinions sur l'origine du fœhn, qui ne sont différentes qu'en apparence \
Quand le courant aérien se présente sur les flancs du versant méridional des Alpes, il est chaud et humide. Mais, en gravissant l'obstacle qui se présente devant lui, la pression que la masse d'air supporte diminue à mesure qu'elle monte, elle se dilate ; et le travail employé à produire cet accroissement de volume s'effectue en consommant de la chaleur. Pour une ascension moyenne de 3000 à 5500 mètres, la diminution de température varie entre 20° et 50° selon l'état hygrométrique de l'air. Il en résulte une condensation de la vapeur qui se dépose sur les flancs et au sommet de la montagne en pluie et en neige, de sorte qu'arrivé sur le versant septentrional des Alpes, le fœhn est privé de vapeur d'eau. En continuant sa ( route et descendant la pente, la pression augmente, l'air reprend, avec son volume primitif, la chaleur qu'il avait perdue, et lèvent est sec et chaud, ainsi que le prouve l'observation.
Cette explication des phénomènes caractéristiques du fœhn est applicable à tous les vents qui franchissent de hautes montagnes pour descendre dans les plaines du versant opposé. Il en est ainsi du sirocco du versant italien des Alpes, qui a pour origine les bourrasques du nord-est, et se fait sentir comme vent sec et chaud dans les plaines de la Lombardie. En Algérie le même nom désigne les vents du sud issus du désert et qui ont franchi l'Atlas. Des vents ayant des propriétés toutes scm-
1. Origine des vents chauds des Alpes et constitution physique du Sahara, par M. Ch. Grad. (Comptes rendus de V Académie des Sciences pour 1 87-4, t. II, et Bulletin de l'Association scientifique de France, août 1874.)
2. Selon les uns, le Sahara est une ancienne mer desséchée ; le fœhn ne devait pas exister quand l'eau couvrait l'espace qu'il occupe, et c'est ainsi qu'ils expliqueraient l'immense extension des glaciers des Alpes aux dernières époques géologiques. D'après M. Grad, c'est là une hypothèse sans fondement. En tous cas, cette question est étrangère à celle de l'origine du fœhn.
blables se font sentir près du littoral de l'Adriatique à Raguse, sur les flancs de l'Elbourz au sud de la mer Caspienne, sur toute la côte occidentale du Groenland, où les courants de sudest, après avoir franchi des altitudes de 2000 mètres à Tinté-
Fig. 200, - Ouragan de sable,
rieur, arrivent sur les terres basses des côtes ouest et nordouest, en déterminant des élévations de température d'au moins <2501.
Quand les vents traversent de grands espaces arides, des
i. Voir une intéressante notice de M. F. Zurcher, dans la Nature de mai 1878: Le fœhn au Groenland.