BOURRASQUES, TEMPÊTES, OURAGANS
lion du télégraphe était dans l'air; mais il fallut un gros événement pour qu'elle devînt une réalité. Cet événement, ce fut l'ouragan qui, le 14 novembre 1854, assaillit les flottes alliées dans la mer Noire et causa la perte du vaisseau le Henri IV. On constata que le même jour, ou à un jour d'invervalle, des coups de vent avaient éclaté dans l'ouest de l'Europe, sur l'Autriche, sur l'Algérie, et il parut évident que la tempête s'était propagée de proche en proche sur une vaste étendue1. » M. Le Verrier s'étant adressé aux météorologistes de tous les pays pour avoir des renseignements sur l'état de l'atmosphère pendant les journées du 12 au 16 novembre, réunit plus de 250 documents qui prouvèrent « que la tempête avait traversé l'Europe du nord-ouest au sud-est, et que, s'il y avait eu un télégraphe entre Vienne et la Crimée, nos flottes auraient pu être averties à temps de l'arrivée de l'ouragan ».
Le mouvement de translation des tempêtes, bien connu des marins qui fréquentaient l'Océan Indien et la mer des Antilles, où elles sont si fréquentes, fut donc étendu à toutes les perturbations d'une moindre violence, qui perdirent ainsi peu à peu^ le caractère local qu'on leur croyait autrefois. On verra tout à l'heure comment on détermine les trajectoires décrites, quelle est leur orientation, leur forme, leur étendue dans les divers bassins océaniques.
Un autre caractère commun aux grandes perturbations atmosphériques, c'est le mouvement de rotation des masses d'air qu'elles transportent. Elles ont en réalité, en tous les points de leur parcours, la forme d'un tourbillon. Tout autour d'une région centrale, où l'air se trouve dans un calme relatif, le vent souffle dans des directions qui font tout le tour du compas, de sorte qu'aux extrémités d'un même diamètre il affecte des directions complètement opposées. Quant à sa violence, elle va en croissant de la circonférence jusqu'aux bords du calme central. Ce mouvement de rotation est circulaire, suivant les