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LES TYPHONS DES MERS DE CHINE

partie diminue d'autant plus que la trajectoire s'avance plus loin vers le pôle. C'est là un fait qui a été mis en évidence par un officier de la marine hollandaise, M. Andrau, d'après une étude approfondie des tempêtes de l'Atlantique nord. « D'après ses recherches, entre 25° et 50° de latitude nord, on observe la tempête à toutes les aires du vent; de 30° à 55°, on n'observe plus le vent d'est qui doit souffler h la partie la plus septentrionale du tourbillon ; entre 40° et 45°, on n'observe plus aucun

Fig. 295. — Ouragan du 11 août 1 80(3 à Cherbourg.

vent de la partie de l'est, mais seulement la moitié du tourbillon où le vent souffle depuis le sud jusqu'au nord en passant par l'ouest; entre 50° et 55°, la tempête souffle seulement du sudouest, de l'ouestet du nord-ouest. » Pour expliquer cette anomalie, cette suppression graduelle de toute une moitié du cyclone, M. Andrau a comparé le tourbillon au mouvement d'un disque d'une certaine épaisseur qui, tournant rapidement autour d'un axe d'abord vertical, est entraîné par un mouvement de translation à la surface de la sphère. La direction de l'axe, selon lui, restant invariable dans l'espace, sera toujours parallèle à la

verticale du lieu d'origine. Mais à mesure que, s'éloignant de ce lieu, le tourbillon gagne des latitudes déplus en plus élevées, l'axe paraît s'incliner sur les horizons successifs, et le disque, au lieu de rester tangent à ces horizons, plongera d'un côté pour s'élever de l'autre. Sur le côté septentrional du tourbillon, l'air en mouvement, ne rasant plus la terre, cessera de se faire sentir à la surface. C'est donc seulement en observant les mouvements des nuages élevés qu'on pourra constater la giration cyclonique ; toutefois la baisse du baromètre dans les régions que domine cette moitié boréale du météore, indiquera aussi son passage, malgré l'absence du changement de direction du vent, changement qu'on eût observé si le cyclone avait continué à raser la terre. D'après M. Andrau, les tempêtes des latitudes élevées proviennent de cyclones dont une partie seulement se fait sentir, et il rend compte ainsi de la rareté des coups de'vent d'est dans ces régions, et de la fréquence des bourrasques qui, commençant par le sud-ouest, finissent par le nord-ouest1.

Les cyclones, en passant des régions tropicales aux latitudes élevées, perdent de leur violence à mesure que s'agrandit l'aire de la surface terrestre qu'ils recouvrent. Néanmoins il arrive parfois que l'ouragan a conservé une force dont les effets destructeurs sont encore terribles. Les sinistres causés par les tempêtes du 14 novembre 1854 dans la mer Noire, des 2 et 3 décembre 1863 sur les côtes occidentales de l'Europe, sont des

1. « L'hypothèse et les conclusions qu'en tire M. Andrau, dit M. Roux dans son Guide des ouragans, m'inspire d'autant plus de confiance que, par un effet du hasard, je me suis trouvé à même de constater, de suivre la marche d'un cyclone dans l'air, cinq heures avant qu'il ne se déclarât sur mer. Je veux parler de celui que les flottes alliées essuyèrent pendant la guerre de Crimée, au mouillage de la Katcha. dans la mer Noire, le 14 novembre 1854, et qui occasionna de si grands désastres sur terre et sur mer. »

M. Faye, dans la notice qu'il a publiée sur la loi des tempêtes, n'admet point la possibilité d'une pareille inclinaison de l'axe de giration des cyclones. « La théorie mécanique de ces mouvements, dit-il, n'est pas d'accord avec cette hypothèse. Les courants supérieurs sont comme nos fleuves : ils coulent sur des lits peu inclinés par rapport aux surfaces de niveau ; les tourbillons qui s'y forment et s'y reforment sans cesse, en suivant le fil du courant, auront donc leur axe toujours vertical. D'ailleurs une inclinaison notable de l'axe, si elle était admissible, donnerait a ces girations un caractère tumultueux. »

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