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PUISSANCE MÉGANIQUE DES OURAGANS

grammètres, de près de 500 millions de chevaux-vapeur, effectué sans relâche pendant près de trois jours. C'est 15 fois au moins la force que pourraient développer, dans le même espace de temps, toutes les machines de la Terre, moulins à vent, turbines, machines à vapeur, locomotives, tous les hommes et les animaux du monde entier. On peut se faire une idée, par les nombres qu'on vient de citer, de la prodigieuse puissance mécanique que possède un ouragan, et L'on n'est plus étonné des effets destructeurs du météore. Pour accomplir les ruines qu'il sème sur sa route, pour vaincre les résistances qui proviennent des inégalités du sol, pour soulever les flots de l'Océan, il ne dépense qu'une fraction bien minime de cette puissance.

Mais quelle en est la source? Où le cyclone puise-t-il cette force vive prodigieuse, qui doit se renouveler sans cesse sur un trajet de plusieurs milliers de kilomètres? D'après M. Reyc, c'est dans les pluies qui accompagnent et précèdent le cyclone, c'est dans la condensation des vapeurs qui sont aspirées par le centre de l'ouragan et s'élèvent avec la colonne d'air ascendante qu'il faut chercher l'origine de cette force. En se précipitant à l'état liquide, ces vapeurs dégagent une quantité de chaleur qui, sur un espace de 250 kilomètres de rayon, ne peut pas être évaluée à moins de 120 milliards de calories par seconde, équivalant à 080 milliards de chevaux-vapeur. C'est plus de 1500 fois la quantité de travail absorbée par l'aspiration de l'air dans le cyclone. Comment cette immense accumulation de force vive est-elle employée pour déterminer les mouvements de progression et de giration, c'est ce qu'il est difficile de dire. Tout dépend du reste de la théorie qu'on adopte pour l'explication des phénomènes cycloniques. Si l'on part de la théorie proposée par M. Faye, la source de la force vive est celle des courants supérieurs de l'atmosphère, qui ont pour cause première l'excès de la radiation solaire entre les tropiques sur la radiation solaire dans les zones tempérées. L'ascension, qui en résulte, des masses d'air surchauffées au-

dessus de leurs couelies de niveau respectives, peut être comparée à celle d'un poids qu'on élève à une certaine hauteur. L'écoulement des mêmes masses vers les pôles correspond alors à la chute du poids soulevé. La giration n'est qu'un effet mécanique se produisant au sein d'un fluide dont les diverses parties se meuvent avec des vitesses inégales. En un mot, les deux sources premières de la force dont les ouragans sont pourvus sont d'une part la chaleur solaire, de l'autre la gravité.

Nous retrouvons les deux mêmes forces en action dans les cyclones, si l'on admet la théorie de l'aspiration. A l'origine c'est la chaleur solaire qui produit le mouvement ascendant de l'air surchauffé ; l'équilibre rompu se rétablit par l'intervention de la pesanteur qui force toutes les masses aériennes ambiantes à se précipiter pour combler le vide formé au centre du météore. La chaleur emmagasinée par l'eau vaporisée et entraînée dans le mouvement ascendant de l'air est restituée, nous venons de le voir, quand cette vapeur se précipite h l'état de pluie. C'est donc toujours la radiation solaire et la gravité qui sont les deux forces primitives où l'ouragan puise son énergie. D'ailleurs, dans les deux systèmes, nous avons vu que le mouvement de rotation de la Terre joue un rôle ; il explique la déviation des courants et leur giration autour du centre dans la théorie de l'aspiration. Dans celle des tourbillons descendants , elle est nécessaire pour expliquer le mouvement de progression vers l'ouest, puis vers l'est, qui donne aux trajectoires des cyclones leur forme parabolique.

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