LES TORN ADOS
même des tornades ou tornados, qui, sur une échelle beaucoup moins vaste, il esl vrai, ont a peu près toutes les apparences îles cyclones, et sont principalement caractérisés, ainsi que leur nom le suppose d'ailleurs, par un mouvement giratoire. C'est sur la côte occidentale d'Afrique, au Sénégal, que ces tempêtes sévissent le plus fréquemment; les tornados sont fort nombreux aussi clans le continent de l'Amérique nord1. Des phénomènes plus ou moins analogues à ces tourbillons s'observent encore dans l'Amérique du Sud, où ils sont désignés par le nom de pampères, et dans l'Océan Indien, du golfe du Bengale aux îles de la Sonde, où ils sont connus sous les dénominations de grains arqués et de sumatras.
Les tornados des Etals-Unis ont été étudiés par M. Finley, qui en a fait l'objet d'un rapport au Meteorological Office, sous ce titre : On the character of si,r hundred tornados (sur le caractère de six cents tornados). Yoici, d'après M. Faye qui en a fait l'analyse, un résumé de ce travail, qui nous montrera ce que sont les propriétés physiques et mécaniques de ce genre de tempêtes :
« L'approche d'un tornado est annoncée à 2 ou 5 milles de dislance (3 à 5 kilomètres) par un nuage noir au-dessous duquel descend en forme d'entonnoir un appendice qui atteint la surface du sol. A la base inférieure se trouve la très petite aire où les vents destructeurs sont condensés.
« La giration, à l'intérieur du tornado, est invariablement indiquée comme s'opérantde droite à gauche, en sens inverse des aiguilles d'une montre. La vitesse de giration est très diversement estimée, ce qui tient en partie à la région sur laquelle chaque spectateur a porté son attention. La moyenne est de 0,11 de mille, environ 177 mètres, par seconde. C'est,
1. M. Finley a dressé un catalogue qui comprend 559 tornados observés aux États-Unis, de 1794 à 1881. 408 de ces météores appartiennent aux seules années 1875 à 1881, ce qui donne une moyenne de G7 par année, tandis que les 91. autres tornados sont répartis sur 65 années d'observations. Celte différence ne lient pas évidemment à l'accroissement du nombre des tornados, mais au soin avec lequel s'enregistrent maintenant ces phénomènes et à l'étendue croissante des régions où ils sont observés.
je crois, à peu près la moitié de la vitesse d'une balle de fusil.
« Le diamètre du tornado sur le sol varie de 15 mètres, ce qui répond à une trombe, à 3300 mètres, ce qui se rapproche déjà un peu d'un petit typhon. Le diamètre le plus ordinaire
est d'environ 500 à 400 mètres. Au delà du cercle où le tornado opère, il n'y a pas de vent sensible dCi à ce phénomène.
« Tous ces tornados, grands ou petits, sont animés d'un mouvement rapide de translation, 17 mètres en moyenne à la seconde. Mais, d'un tornado à l'autre, elle est très variable, et va de 5 à 25 mètres ; tantôt elle dépasse de beaucoup la vitesse
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ordinaire d'un cyclone dans la région des Etats-Unis, tantôt elle lui est inférieure. La moyenne, 17 mètres, est celle d'un train de chemin de fer de grande vitesse.
« Ils viennent tous de quelques points de l'horizon ouest et se dirigent vers le point opposé de l'horizon est. La plupart vont du sud-ouest au nord-est. Jamais tornado n'a suivi une marche inverse. Les tornades peuvent marcher en l'air sans toucher le sol. Leurs ravages commencent seulement lorsque, en descendant, ils atteignent le sol. Quelquefois leur extrémité inférieure se relève, puis s'abaisse un peu plus loin. Leur marche est, en général, en ligne droite. Parfois cependant on a noté de légères oscillations, en sorte que la trajectoire, marquée sur le sol par des ravages, présente quelques déviations en zigzag.
« Leur inclinaison sur la verticale est parfois considérable; on en aurait noté une de 70°.
« Les tornados arrivent souvent au sein d'une atmosphère chaude et oppressive. Ils sont suivis d'un abaissement immédiat de température. Lorsqu'ils sont accompagnés d'averses, celles-ci se produisent presque indifféremment avant ou après leur passage. Les nombres sont 101 averses avant, 76 après, 4 pendant.
« Les tornados paraissent généralement dans les temps orageux. Quelquefois (70 cas) ils offrent eux-mêmes des signes d'une électricité propre, formation de boules de feu, sorte d'incandescence à la pointe. D'autres fois (49 cas) ils en sont entièrement privés et ne manifestent aucune trace d'électricité1. »
Non seulement les tornados ont des dimensions bien moins considérables que celles des cyclones, mais l'étendue de leur parcours est aussi fort limitée et leur durée beaucoup moindre. En moyenne ils durent trois quarts d'heure et leur trajet n'atteint qu'une cinquantaine de kilomètres. Cela n'a rien que de très naturel, s'il est vrai que presque toujours ils accompagnent les vrais cyclones, dont ils ne sont que des manifes-
1. Comptes rendus de V Académie des sciences pour 1882,*t. II.
tatiôns accidentelles et partielles. Ces mouvements giratoires secondaires, naissant au sein des grands mouvements tournants qu'engendrent les dépressions barométriques, se succèdent' d'ailleurs sur le parcours du môme cyclone; et voilà pourquoi, dans les statistiques de M. Finley, on les voit groupés au nombre de 6 le 20 mars 1875 dans les deux Carolines, de 13 le 50 mai 1879 dans le Kansas et le Missouri, de 17 enfin dans la même journée du 18 avril 1880. La direction générale de 372 des tornados observés était celle du sud-ouest ou du sud-sud-ouest (326 contre 46 de l'ouest-nord-ouest au nordnord-ouest). La conclusion à tirer de ce fait, c'est que ces météores naissent principalement dans le demi-cercle dangereux du cyclone, un peu à l'avant, puisque, comme nous l'avons vu plus haut, les trajectoires des cyclones qui traversent les Etats-Unis, du Pacifique à l'Atlantique, sont dirigées à l'est, avec une faible inclinaison vers le nord. . Les tornados du Sénégal, d'après la description qu'en a donnée le docteur Bonus, sont des bourrasques qui surviennent le plus souvent après des journées de chaleur accablantes, alors que la brise du sud-ouest qui dominait pendant l'hivernage a fait place à de faibles vents du nord au nord-est. Un nuage noir apparaît à l'horizon du sud, et au bout de trois ou quatre heures, monte et s'agrandit en forme de demi-cercle, qui peu à peu s'approche du zénith et le dépasse. « A un moment qui est ordinairement celui où le bord antérieur de la tornade atteint le zénith, souvent un peu plus tôt, et parfois seulement au moment où les deux tiers du ciel se trouvent couverts, un vent d'une violence extrême se déchaîne à la surface du sol dans la direction du sud-est. La masse météorique, vue en dessous et de près, n'a plus alors de forme définie; la partie du ciel qui était restée découverte est promptement envahie par les nuages qui semblent se mouvoir en désordre. Comme le météore continue sa marche vers le nord, il est facile de constater que la direction du vent n'est due qu'à un mouvement propre du météore sur lui-même, combiné avec son mouvc-