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LE BAROMÈTRE ET LA PRÉVISION DU TEMPS

avaient remarqué que le beau temps correspond le plus souvent à un baromètre élevé, que la baisse est d'autant plus grande que le temps est plus mauvais, et que le minimum enfin s'observe pendant le passage des ouragans. Mais, même en supposant l'exactitude de ces notations, il est clair qu'elles devraient être modifiées lorsqu'on passerait d'un lieu où la hauteur barométrique moyenne est 760 millimètres (comme le suppose l'échelle précédente) à un [lieu plus élevé où la pression moyenne diminue avec l'altitude. A Clermont ou à Genève, par exemple, où la pression moyenne est de 728 ou 727 millimètres, c'est à ce chiffre qu'il faudrait inscrire variable, sans quoi le baromètre y serait le plus souvent à grande pluie ou tempête. Si, pour remédier à cet inconvénient, on inscrivait les indications sur une échelle barométrique, préalablement réduite au niveau de la mer pour le lieu de l'observation, on tomberait dans un autre inconvénient qu'exprime fort bien M. Plumandon1, lorsqu'il dit à ce sujet :

« Il suffira de remarquer qu'à Clermont, par exemple, la pression atmosphérique, réduite au niveau de la mer, oscille entre les limites extrêmes 735 et 780 millimètres ; et que, par conséquent, l'aiguille ne pourra jamais y indiquer ni tempête, ni beau fixe, ni très sec, inscrits au delà de ces limites, vers 725, 785 et 795. »

Ainsi, à supposer les pronostics marqués sur l'échelle barométrique vrais pour une localité particulière, ils cessent de l'être, lorsqu'on transporte l'instrument à une altitude plus élevée, quand môme on aurait eu le soin de réduire la graduation au niveau de la mer. Il y a lieu aussi de faire une remarque toute particulière pour les changements de latitude. « Dans les régions tropicales, dit fort bien M. Marié-Davy, l'échelle n'a plus aucune valeur, et des perturbations atmosphériques d'égale énergie dépriment sensiblement moins le baromètre dans le Midi de la France que dans le Nord. »

1. Llans son excellent opuscule : Le baromètre ~ appliqué a la prévision du temps en France, et spécialement dans la France centrale.

Enfin-, il est un fait prouvé par de nombreuses observations, qui démontre que la hauteur absolue du baromètre ne peut servir à la prévision du temps : on voit fréquemment le baromètre marquer une faible pression ou baisser par un temps beau et calme; monter au contraire et rester stationnaire pendant une pluie abondante ou un violent orage.

Il faut, en définitive, sinon n'ajouter aucune confiance, du moins- ne prêter qu'une attention limitée aux indications du temps inscrites sur les cadrans ou les échelles barométriques.

Ce n'est pas la hauteur absolue, ce sont les variations de la pression qu'il importe d'observer avec grand soin, si l'on veut tâcher de tirer des observations barométriques isolées ou locales, quelque indice du temps prochain. Nous allons bientôt voir que ce sont les observations simultanées faites sur toute une région, et l'étude des cartes météorologiques construites d'après ces observations, qui permettent de résoudre le problème du temps probable et prochain. Néanmoins l'étude attentive des mouvements de l'instrument, en y joignant celle de la direction du vent, peut donner d'utiles indications.

A moins de posséder une girouette établie dans de bonnes conditions, il est préférable, pour noter la véritable direction du vent, d'observer les mouvements des nuages. Quant au baromètre, il suffit d'avoir un bon anéroïde, bien réglé, d'en faire la lecture au moins une fois, mais mieux deux ou trois fois par jour ; autant que possible on prendra note des hauteurs observées avec l'indication de l'heure, ou encore on construira la courbe des variations de la pression.

Quand le beau temps existe depuis un certain nombre de jours, et doit persister encore, les mouvements de l'aiguille sont à peu près insensibles. Si alors le baromètre commence à baisser, lentement et régulièrement, un changement de temps est probable. Quand la baisse est lente et modérée (de 2 à 4 millimètres), on peut en conclure qu'une dépression passe au loin (à gauche de la direction du vent, comme nous l'avons vu). Le changement toutefois peut être insensible dans le lieu où l'on

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